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:: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. ::
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Osh le Secret Gardé Index du Forum -> | - Terre - | Continent d'Astès :: Elis, la Capitale -> Bas quartiers
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Vyssi Astadien
Sous l'Oeil des Veilleurs

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MessagePosté le: Ven 28 Jan - 11:02 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Vyssi s'étira dans ses draps de soie. La nuit avait été douce, plongée qu'elle était dans le plus agréable des sommeils. La veille, point de sortie, ce qui l'avait accablée jusqu'à minuit et l'avait obligée à se coucher de bonne heure, comparativement à ses habitudes. Reposée, Vyssi réfléchit au songe porté par les ténèbres.

La ronde d'enfant tournoyait, au son d'un accordéon invisible. La Place du Temple était bondée, baignée de lumière et de douce agitation. Ce moment, cet infime instant d'humanité où Elis tout entière se rassemblait était saisit, capté, par l'instrument étrange, duquel émanait une musique entraînante...

C'est cela. C'est mon rôle dans cette vie.

Vyssi annonçait cette décision d'une voix assurée, quoiqu'encore légèrement empâtée par le sommeil. Elle en avait assez de devoir minauder pour parvenir à obtenir quelques invitations à des soirées huppées où elle cherchait à attirer l'attention de messieurs bien placés pour s'élever vers la cours Royale. En attendant, ses belles années courraient, cherchaient par tous les moyens à la fuir. Vyssi avait vingt-trois ans. Puisque son objectif n'était pas encore atteint, elle allait changer de technique.
Vyssi se leva et poussa du doigt le rideau de sa chambre. Dehors, les belles rues pavées décorées de fleurs attendait qu'elle veuille bien poser ses notes pour les décrire.

Comme tous les projets paraissent si facile au matin. La nuit nous révèlent leur finalité, mais nous cache scrupuleusement toute la difficulté qu'il faudrait surmonter pour y parvenir...


***
 


  Les Hauts-Quartiers n'étaient pas l'endroit le plus aisé pour commencer à décrire Elis en musique. Vyssi était partie, affublée d'une jolie toilette et d'un carnet de partition vierge. Elle s'était assise sur un banc, dans un square, et avait regardé les gens de bonne réputation passer devant elle sans lui jeter un regard, pressés d'arriver à destination, ou soucieux de montrer que rien ne les intéressait en dehors de leur petite personne.
Devant tant de mépris, Vyssi ne pouvait travailler à son aise. Après deux heures de vide complet, la musicienne reprit le chemin de son appartement, une seule page de son carnet noircie... Pas de notes de musique, mais de ratures.

Linlin, je dois me rendre aux Bas-Quartiers, trouve moi une tenue appropriée!
 
Affolée par la seule évocation de ce lieu mal famé, la grosse chaperonne fit aussitôt son apparition, avec son lot de questions et d'arguments dissuasifs. Vyssi mit fin à ses jérémiades et l'apaisa en évoquant son projet de composition.

Ah, mais dans ce cas Maîtresse, je m'en voudrais de vous en empêcher... les mots n'exprimaient pas la même chose que son regard, blasé par cette nouvelle lubie.
Je préfère cela Linlin. Allez, hâte toi, je suis pressée... L'inspiration me vient, je la sens!

Une demi-heure plus tard, Vyssi était de nouveau dehors, vêtue plus sobrement, mais toujours élégante... L'étui de sa flûte traversière sous le bras, elle prit les petites rues pour éviter que ses voisins ne la croisent dans cette tenue. Elle traversa le Temple sans s'attarder. Le plan de son oeuvre commençait à se dessiner dans sa tête, et la partie évoquant le temple serait sans doute la clef de voute de sa symphonie.

Arrivée à la frontière des Bas-Quartiers, Vyssi ne savait guère par où commencer. Elle connaissait bien quelques ruelles, mais le chemin qu'elle empruntait habituellement semblait boueux, et elle ne voulait pas salir ses souliers. Elle choisit donc de monter sur un "trottoir" formé d'une simple planche de bois et commença à errer dans le Quartier, en quête d'un monument, d'un parc, ou bien d'un simple endroit pour s'assoir...




[HRP] Un petit RP de rencontre pour qui veut! Seule demande: que l'on ne soit pas trop nombreux pour pouvoir interargir au mieux les uns avec les autres! 
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MessagePosté le: Ven 28 Jan - 11:02 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Samâra Chantry
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MessagePosté le: Mar 1 Fév - 21:20 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Samâra était au bord de la fenêtre de sa chambre. Le vent encore hivernal lui caressait le visage, soulevant quelques mèches de ses cheveux alors que, penseuse, elle écoutait quelques rires s’élever du salon où hommes et femmes se droguaient avec grande joie. Cependant ce sentiment n’était partagé par la demoiselle. Enroulée en une couverture de laine provenant des campagnes, elle grelotta alors que son corps reprenait raison de ses pensées : son sang circulait à nouveau, lui évoquant comme une multitude d’individus qui frappaient contre sa peau, la titillant jusqu’à ce qu’elle se meut, lui arrachant un hoquet de surprise. Il était différence entre désagrément et douleur ; étirer ses jambes le lui rappela alors.

Elle soupira et se laissa tomber en arrière, s’effondrant directement sur les coussins qui recouvraient le sol de sa chambrée. Le soleil perçait entre quelques rares nuages et la recouvrait alors de ses rayons, le temps que sa peau s’habitue à leur chaleur, pour enfin s’éloigner et la faire frissonner. Samâra changea de position, se retournant entre ses couvertures dans une plainte assez silencieuse pour ne point être entendue des individus du salon ou des rares employées qui auraient pu se trouver dans le couloir à ce moment là. Il lui fallu que cette danse de température se joue encore quelques minutes avant que la jeune femme se motiva enfin à se lever pour se préparer à la journée qui l’attendait et ne l’enchantait guère.

Elle se rapprocha de son armoire où se trouvaient ses nombreuses tenues, souvent faites sur mesure tant ses parents gardaient espoirs que leur demoiselle pourrait se tenir droite et gracieuse. Cet élan lui vola ses dernières volontés et la jeune femme retourna sur son matelas moelleux en grommelant. Elle ne sut combien de temps se passa mais une employée –des deux établissements- entra en sa chambrée en répondant à sa mère qui la questionnait surement d’en bas des escaliers, sa réponse fut donc un hurlement qui résonna aux oreilles de Samâra qui prit son oreiller et le plaça sur sa tête. La femme n’y fit attention : ce n’était point rare que Samâra en ces jours passa son temps à dormir presque toute la journée -aidant tout de même à servir les clients du salon- pour rester assise à la fenêtre toute la nuit. Elle lui sortit une tenue, la déposant sur un coussin du lit et s’approcha de la demoiselle pour la secouer, en chantant une chanson des plus horribles autant de part sa mélodie désagréable que du fait que cette employée avait une voix déplorable.


Quelques heures plus tard, la demoiselle marchait dans les rues en chantonnant, toujours suivie -elle en était sure- par au moins l’un de ses protecteurs. Elle sentait ses pas être lourds, très lourds : elle était épuisée tant ses nuits étaient longues. Elle n’avait été aider cette nuit à aucun des établissements familiaux, cependant en aucune façon elle n’avait dormi : elle était restée là, à juste observer le temps passer et à rêver les yeux ouverts. Cela faisait plusieurs nuits que ce même schémas s’était dessiné et que le sommeil venait enfin la terrasser le matin pour s’éloigner en fin d’après midi. C’était le premier où on l’avait tout de même éveillée, sa mère ayant considéré que ce n’était là un bon rythme de vie. Les rues étaient vivantes bien qu’un peu sales : Samâra se demanda si c’était en raison de l’absence des nettoyeurs en cette nuit ou si c’était là la crasse accumulée dès leur passage –soit à peu près le lever du jour- uniquement.

C’est à cet instant qu’elle aperçut une femme qui lui évoqua une fête. C’était une belle femme, une très belle femme qui marchait dans la rue comme le papillon s’aventure vers la toile de l’araignée qui, en ce cas précis, ce délecterait de lui dérober ses ailes. Samâra n’était quelqu’un de méchant mais si la femme devait croiser le chemin de voleurs, elle ne l’aiderait point : c’était là une des nobles qui avaient voulu faire du mal à la femme de leur quartier. Cependant, ce n’était là une mauvaise demoiselle non plus et elle suivit la belle dame autant par curiosité et amusement, que par sécurité pour celle-ci.
Alors, contre toute attente, la femme évita la ruelle où séjournait une bande de rats qui sans aucun doute se seraient enjoués d’une telle rencontre : jamais aucunement un tel butin n’aurait pu complaire les pauvres personnes, souvent alors affamées. Ils auraient même pu vendre la femme à un être aux lubies macabres pourvu que celui-ci leur donna un bon prix, et Samâra ne doutait point qu’il ne l’aurait fait : la femme, comme dit précédemment, était particulièrement belle.

C’était la là seule impression qui sortait d’elle, malheureusement, à marcher ainsi, on la croyait en transe tant elle ne s’attachait à rien. La jeune femme se demanda si la belle avait une cervelle déjà trop attaquée par une drogue quelconque ou si elle était sotte par nature ? Une riche déchue au rang d’employée lui avait signalé que la bêtise était un art à manier lorsqu’on faisait parti des hauts quartiers, et Samâra se demanda ainsi si c’était là un art naturel pour la demoiselle, ou juste une l’illusion de la mante religieuse qui dévorerait alors quiconque s’approcherait trop d’elle. Mais l’apparence de fragile papillon lui restait collée à l’aura. Samâra ne comprenait pas ce qu’elle faisait là, ne se cachant pas même de la suivre tant bien même celle-ci l’aurait remarqué –ce que Samâra croyait être le cas- chantonnant et galopant lors de sa poursuite. Puis, elle éleva la voix, tant sa fatigue ordonnait à sa curiosité d’être assouvie rapidement :

Savez-vous vraiment ce que vous cherchez ici même ?
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Vyssi Astadien
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MessagePosté le: Ven 4 Fév - 18:02 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Vyssi, au fil de son avancée dans les dédales obscurs des Bas-Quartiers, perdait peu à peu le sens des réalités, de ses réalités...

Comment diable un endroit peut-il être aussi sale? Comment des gens peuvent-ils vivre ici?

Le climat n'était guère propice à la magie des notes, nulle fleur à chanter, nulle beauté à célebrer... Vyssi continuait à s'avancer dans les ruelles, perdue peut-être... Mais peut-on se perdre quand on n'a aucune destination certaine? La demoiselle s'avançait, tous sens en éveil, mais aucune trace de raison ou de logique dans son esprit. Elle tentait par tous les moyens de capter l'âme des Bas-Quartiers, afin d'en tirer une mélodie qui serait belle, mais franche...
Une ébauche lui traversa l'esprit à l'embranchement d'une ruelle. D'un coupe-gorge étroit émanait une odeur d'urine et de peur... Mêlée à ses odeurs, les premières notes, graves et incidieuses de sa mélodie se mirent en place. Vyssi allait s'avancer plus avant, quand un pressentiment raisonnable lui sussura l'impudence et la dangerosité de son geste... Sans plus de réflexion, elle choisi la deuxième possibilité de l'embranchement, tachant de garder en tête les accords de mystère qui diffusaient de la ruelle...

Vyssi hâta sa marche. Elle avait en tête les notes et les rythmes. Elle devait noter au plus vite avant que ses idées ne se dissipent, comme au réveil d'un songe impalpable. Un cor ferait l'affaire sans doute. Puissant cor de chasse pour l'ouverture de sa symphonie. La musicienne n'avait pas conscience d'être suivie. La voix aigue d'une jeune fille la tira de ses rêveries, et pulvérisa dans les airs la mélodie qu'elle venait de fabriquer, note par note...

Les sourcils froncés, Vyssi s'arrêta dans la ruelle...

Mon Dieu, fa, fa, sol mi? Non, c'est horrible!

Elle se rendit compte qu'elle parlait seule, les poings sur les hanches, se grondant elle-même de sa bêtise... Elle aurait du sortir fusain et papier à l'embouchure de cette ruelle! Mais puisque la mélodie s'était envolée, il fallait attendre qu'elle revienne, plus tard, à un moment où elle ne l'attendrait plus. Vyssi se tourna et trouva face à elle une gamine au joli minois encadré par des cheveux bruns. Malgré son très jeune âge, elle avait les yeux légèrement cernés et une peau pâle qui n'était pas le seul fait de sa carnation claire... En regardant ce visage, la question qui venait de lui être posée s'était envolée à son tour, et Vyssi resta quelques secondes à la regadrer fixement. Ces traits lui étaient vaguement familiers, mais là encore, la gamine aurait pu être une figure de ses rêves.

Pardon?

Dans la voix de Vyssi, nulle trace, pour une fois, d'arrogance. Elle est suffisament maline pour savoir qu'elle n'a guère sa place ici, et que cette petite peut la targuer sur son territoire comme la musicienne le ferait réciproquement dans les Hauts-Quartiers. Le visage de la jeune femme est franc et agréable, il ne lui donne pas envie de répondre d'un ton peu amène. Comme l'enfant la regarde un peu bizarrement, sa question revient à l'esprit de Vyssi, après avoir fait une petite balade...

Ce que je fais ici...

Vyssi se remet à marcher, ayant lu dans les yeux de la gamine un éclat de curiosité.

 Si je te dis que je me promène tu ne me croiras pas n'est-ce pas?

Elle tente un sourire à la dérobée. Comme à chaque nouvelle rencontre, elle doit trouver au plus vite à quel charme sera sensible cette petite inconnue. Vyssi se rends compte, tout à coup, qu'elle a besoin d'un guide dans les Bas-Quartiers. Cette interpellation a crevé la bulle dans laquelle elle flottait depuis tout à l'heure. Vyssi se rends compte qu'elle n'est pas seule ici, et que, bien que cette jeune personne n'ait pas l'air aggressive pour deux sous, les visages devinés dans la ruelle de tout à l'heure n'étaient pas aussi beaux à voir...

Comment tu t'appelles?

Elle est jeune, certes, mais elle n'a pas l'air dupe. Aussi, Vyssi juge t-elle bon de répondre à sa question franchement, avant d'en poser davantage...

Je m'appelle Vyssi, je suis musicienne, et je voudrais écrire un air qui décrive les Bas-Quartiers. Une belle musique...

Dans les Bas-Quartiers, Vyssi ne donne jamais son nom de famille. Elle a observé qu'il met souvent un frein lorsqu'elle veut parler avec ses gens. A l'inverse, quand elle se présente à un voisin des Hauts-Quartiers, elle n'emploie jamais son prénom, elle préfère qu'on la nomme Dame Astadien, malgré son jeune âge et son absence d'époux. Là bas, le nom est l'écho d'une future renommée, il ne doit pas s'oublier... Ici... Ici tout semble plus dur dans la vie, mais plus facile dans les relations avec les gens... Enfin, peut-être... 
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Samâra Chantry
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MessagePosté le: Lun 7 Fév - 18:40 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Elle s’était arrêtée sans pour autant lui offrir la joie de savourer ses traits. Samâra ne pouvait s’empêcher de sourire : la femme étrange semblait tout droit être sortie d’une auberge des environs. Surement saoule, elle restait là sans bouger à s’exprimer sur des notes de musiques, à voix haute sans pour autant réellement chanter, poings sur les hanches. La situation était cocasse. Cependant, la dame ne sembla de même avis lorsqu’elle finit par enfin se retourner vers elle. Pardon? Samâra laissa sa tête se balancer –ou fut elle incapable de bien la soutenir tant la fatigue lui faisant tanguer l’esprit et lui dérobait ses idées- alors que la femme la détaillait. Un instant, la demoiselle se demanda si celle-ci l’avait reconnue mais, ne voyant l’agressivité monter en le ton de la femme, Samâra comprit que ce ne devait être le cas. Elle s’était de toute façon rapidement retirée lorsqu’elle avait vu ces deux gens attaquer une personne des bas quartiers pour ne point être trop remarquée personnellement.

*Cette femme ressemble à une poupée* songea Samâra alors qu’elle tentait d’enregistrer en sa mémoire les traits de la dame interloquée. Telle non point les jouets de faïence mais ceux de porcelaines qui restaient, glorieux, au devant des vitrines des plus belles boutiques des Hauts Quartiers. Surement l’avait on dressé à être ainsi : souvent les êtres des hauts quartiers étaient las de leur monde et avaient besoin de respirer en le leur, et cela malgré les odeurs parfois nauséabondes de quelques quartiers. Ce que je fais ici... Samâra sourit alors d’avantage, comme pour lui signaler qu’elle était, elle, dans l’incapacité de répondre au questionnement de la femme qui cherchait encore ses mots. *Sa nuit dut être longue, elle est presque aussi lente à la détente que moi ces temps ci.* pensa alors la demoiselle.

Elle commençait à s’éloigner, suivie par Samâra qui semblait refuser d’abandonner la femme au droit de ne point lui répondre. Pourtant, la marche de la riche n’était point rapide ce qui calma alors ses ardeurs, comprenant que celle-ci ne tentait non pas de lui échapper mais d’avancer en sa compagnie. Si je te dis que je me promène tu ne me croiras pas n'est-ce pas? Samâra répondit par un mouvement de tête négatif, n’ayant retiré le sourire qu’elle avait apposé sur son visage : c’était là presque agressif mais la jeune femme semblait tant se refuser de répondre que cela l’attirait bien d’avantage ! Samâra imaginait déjà sombre dessin de la riche femme sur son pauvre quartier ! Ah, qu’il était dommage, songeait elle, qu’elle eut échappé alors aux Rats. Et, comme si la femme ne comprenait point que c’était en éludant sa question qu’elle s’en débarrasserait le moins, elle continua sur sa lancée : Comment tu t'appelles? C’était désormais un fait : Samâra était persuadée que la femme avait quelque chose à cacher.

Bien que non agressive, la femme sembla alors changer d’attitude envers la demoiselle car contre toute attente, elle lui répondit. Je m'appelle Vyssi, je suis musicienne, et je voudrais écrire un air qui décrive les Bas-Quartiers. Une belle musique... Cependant Samâra croyait toujours en son intuition : la femme avait bien trop réfléchi pour n’avoir qu’à accomplir une mélodie. Les artistes étaient bien souvent des fous, Samâra se souvenait d’un homme qui disait avoir besoin d’une muse à la place d’une catin, déclarant ne point s’approcher d’une humaine mais de son inspiration et n’avoir ainsi besoin d’assouvir pulsions. Pourtant, la femme était bien claire sur l’homme : si son esprit avait besoin de nourriture, c’était elle qui nourrissait son corps.

Je vois… vous êtes donc dame Vyssi…

La jeune demoiselle piétina légèrement, comme représentant le choix qui s’offrait à elle. Si elle croyait Vyssi lorsque celle-ci lui parlait de son métier et de sa recherche, elle croyait également qu’elle avait d’autres actions à réaliser…. Et qu’il serait fort amusant de continuer de la suivre pour découvrir sa volonté. L’intérêt final était certes fort peu intéressant pour ses affaires, mais il aurait égayé sa journée d’une jolie aventure. Cependant, il était fort peu envisageable de pouvoir désormais entamer une filature alors que la femme lui avait offert son entière attention. Un instant, Samâra s’imagina au devant d’une grande salle où une musique se déroulait, et sous les applaudissements et les fleurs jetées qui inonderaient les pieds de la beauté qui venait de terminer son morceau, celle-ci s’écrierait : je dédie cette pièce à Samâra sans qui j’aurai fini tuée au détour d’une ruelle ! Sa mégalomanie enjouée par cette vision, Samâra arrêta d’offrir un air béat à la vision d’une fenêtre et se déconcentra –bien qu’avec difficulté- sur dame Vyssi.

Dame Vyssi, vous pouvez me nommer… Samâra.

Elle s’approcha de la femme, tournoyant légèrement, bien plus enjouée que précédemment : Samâra avait un plan qui lui permettrait d’observer la femme, de découvrir ses intentions et d’être nommée lors du récital en tant que muse. Ce plan était bien simple et demandait la plus grande patience car il n’était point à se douter qu’une dame des Hauts Quartiers comme celle-ci, qui n’hésitait point à violenter les gens en employant des géants, serait difficile à convaincre : mais le jeu en valait la chandelle. De plus, il était en elle une volonté de redorer ce quartier : la mélodie jouée présenterait Elis sous le joug des Bas Quartiers, appelant aux plus riches à baisser les yeux et oublier ainsi leur prétendue supériorité.

J’ai bien peur, dame Vyssi, que vous ne soyez complètement perdue en nos quartiers. Il y a à peine quelques minutes, vous avez failli finir entre les mains d’êtres peu fréquentables.

Elle se releva légèrement, s’exprimant avec légèrement trop d’égo mais non point désobligeante : il pouvait apparaître aux yeux des passants une demoiselle s’entrainant pour une pièce, comme si apprendre l’existence d’art lui donnait envie d’y participer.

Je me propose donc de vous accompagner. Je ne suis certes point la plus forte des demoiselles mais je peux au moins… vous éviter de fourrer votre joli minois là où il ne le faut point.

Si sa position indiquait la force, sous sourire non feint et ses yeux étaient ceux d’un air convoitant un jouet et déclarant : S’il vous plaiiit !!
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Vyssi Astadien
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MessagePosté le: Mar 8 Fév - 21:00 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Dame Vissy... Oh oui... Dame Vyssi, cette petite a l'air futée

Les joues de la musicienne s'empourprèrent. Ce n'était pas tant le terme lui-même, auquel elle s'était finalement habituée, mais la facilité avec laquelle cette gamine des Bas-Quartiers l'avait reconnue. Sous ce nom "Dame Vyssi", cette adolescente en fleur lui offrait une reconnaissance et elle en fut enchantée. Elle haussa les épaules, comme si le mot n'avait pas d'importance, un sourire étirait à peine ses lèvres délicatement ourlées. Le compliment à peine avoué de l'enfant avait propulsé Vyssi sur un nuage, au point qu'elle en avait oublié ses manières et le protocole. Heureusement que la petite avait l'esprit vif, et qu'elle était revenue sans difficulté aux présentations d'usage...

Shamâra? Vyssi avait gardé quelque chose de l'accent chuintant de Khréhâl, et prononçait le nom offert une première fois pour se familiariser avec son élocution. Elle se corrigea d'elle-même et offrit un petit sourire joueur à la jeune fille: Dame Samâra?

Les premières vagues de joie à l'usage de son statut s'étaient calmées, laissant Vyssi face à une enfant qui devait avoir l'âge de son petit frère... Frère qui aurait du - selon Vyssi -, naître fille pour préserver une grande lignée d'Astadien... Mais passons. Cette Samâra ressemblait traits pour traits à la jeune soeur imaginaire de Vyssi, s'en était charmant !
L'enfant prouva néanmoins bien vite qu'elle avait moins besoin d'une grande soeur imaginaire que Vyssi d'un guide. Les lèvres de la musicienne s'arrondirent de surprise, et elle hocha bien vite la tête:

Oh... Oui je... Je suis un peu perdue, c'est vrai.

Dans les yeux de la jeune fille brillait une lumière qui effraya un instant la musicienne, mais elle passa outre cette première impression. Bien vite, les perspectives d'un guide, et garde du corps - eut il des bras si minces - réveilla les échos de la musique qu'elle venait de laisser s'envoler.

Oh! ... Mi, mi, faaa....

Vyssi s'adossa à un mur, sans penser à la boue qui maculerait peut-être son postérieur, et sorti son fusain. Elle gratta sur le dos du carton qui lui servait de pupitre les prémices de la mélodie, frénétiquement. Lorsque toutes ses pensées furent fixées définitivement, ou presque, sur le vélin épais, elle releva la tête sur Samâra. Quelques minutes à peine s'étaient écoulées, mais il lui semblait que la jeune fille la dévisageait d'une drôle de façon...

Pardon... Je... La musique...


Vyssi bafouilla, désolée d'être vue dans un moment d'égarement, mais reprit bien vite contenance. Elle adressa un sourire enthousiaste à sa nouvelle guide et se remit à marcher, allant de l'avant sans savoir où ses pas la menait:

Je voudrais... J'aimerais capter l'âme des Bas-Quartiers, et de ses habitants, pour les transcrire en musique... Quel beau projet, non? Dame Samâra, tu aimes la musique? Vyssi marqua une pause, puis enchaîna avant même que la demoiselle n'ait pu répondre: Où devrais-je aller pour ressentir les vibrations des Bas-Quartiers?

Vyssi se rendit compte qu'elle n'avait pas vraiment répondu clairement à la proposition de Samâra de lui servir de guide.

Et bien, Dame Samâra, si tu l'acceptes, j'aimerais beaucoup que tu me fasses visiter cet endroit que je ne connais pas...


L'idée d'une quelconque rémunération ou bien d'un service en échange de vint même pas à l'esprit de la Khréhâlienne. Après tout, les Bas-Quartiers pouvaient difficilement espérer mieux que de servir les Haut-Quartiers, non? Elle ne laissa pas cette pensée transparaître dans ses yeux et hocha la tête d'un air avenant en attendant la réponse de la gamine.
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Samâra Chantry
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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 14:38 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

" Oh... Oui je... Je suis un peu perdue, c'est vrai.
-Oui… j’avais remarqué. "

C’était une remarque de peste, mais Samâra n’était pas si loin d’en être une par moment et la jeune femme semblait avoir oublié sa présence pour que son esprit s’échappe. Oh! ... Mi, mi, faaa.... Samâra songea que la belle dame lui faisait d’avantage songer aux artistes drogués qu’à ceux des bordels, finalement : ses actions étaient fortes étranges. Elle était en train de se rapprocher de boue, tache forte peu belle et fort évocateur au vu de l’endroit où elle s’était fichée, et crayonnait un parchemin avec émotion. Samâra était si fatiguée que son attention à un moment s’effilocha, mais même avec cela : la femme était toujours dans sa transe. Samâra en fut alors persuadée : ce devait être une vraie artiste, mais quelque peu… folle… ou droguée. Ou les deux.

Puis, elle leva les yeux vers elle, comme si la raison lui était revenue. Ses gestes étaient moins rapides : elle n’écrivait plus. Samâra cherchait en ce visage les origines qui lui avaient fait avoir cet accent étrange, alors qu’elle avait prononcé son prénom. Il lui avait fallu au moins une reprise pour ne plus le modifier mais encore, cependant, restait une petite trace de barbarie. Samâra n’était jamais sortie d’Astès -comme la plupart des habitants- mais un employé provenant de Mîria lui avait expliqué certaines traditions de son pays et Samâra se souvenait qu’il lui avait alors exprimé à quel point les leurs lui étaient étrange. Il existait même des us qui appelaient à employer la boue, comme si celle-ci allait soigner la peau… la femme ne tentant pas de la retirer, elle songea qu’elle devait provenir de ce lieu.

" Pardon... Je... La musique... "

Pendant un instant, Samâra eut envie de rire : elle semblait si gênée qu’elle trouva cela charmant. Mais l’instant fut court : la femme se redressa, retrouvant l’aura de celle qu’elle avait lors de la fête : grande dame pour les rêves, papillon au centre des regards. Savoir ainsi changer de visage, et ainsi porter masque de convenance, rassura Samâra sur ses idées : la femme était bien capable d’avoir un double jeu. Artiste droguée à n’en point douter, peut être même était elle une espionne du pays de la boue ?

Elle recommença à avancer, peut être à la recherche d’une nouvelle crise. Vyssi garda cependant cette fois la tête sur les épaules et Samâra la suivit, alors que l’enjouée commença à parler sur sa recherche de création. La jeune femme se demanda si la dame savait encore où elle se rendait car ses yeux étaient bien plus glissés vers elle que vers la ruelle qu’elle empruntait, et même lorsqu’ils croisaient son regard, elle n’y percevait qu’un peu d’appartenance à ce monde, comme s’ils cherchaient à observer des évènements invisibles.

" Je voudrais... J'aimerais capter l'âme des Bas-Quartiers, et de ses habitants, pour les transcrire en musique... Quel beau projet, non? Dame Samâra, tu aimes la musique?
-Bien sûr que j’aime la musique. Il n’est que fort peu de monde qui ne l’apprécie pas, même au bas de l’échelle.
- Où devrais-je aller pour ressentir les vibrations des Bas-Quartiers? "

Un petit sourire et elle s’arrêta, se demandant si la femme allait le remarquer et ainsi l’écoutait vraiment. Elle avait spécifié volontairement une remarque sur les différences sociales qui existaient entre ceux des hauts quartiers et quelques personnages qu’on trouvait en les bas :

"Capter l’âme de notre quartier vous sera difficile : tout les univers se croisent en notre monde. "

Elle souriait : pour elle, son quartier n’était inférieur à celui qui le surplombait. Ils étaient différents mais le sien avait en plus, à ses yeux, une chose indéniable : la vie. La femme sembla cependant penser son arrêt comme un refus de l’accompagner car elle tenta de la rassurer en lui déclarant :

" Et bien, Dame Samâra, si tu l'acceptes, j'aimerais beaucoup que tu me fasses visiter cet endroit que je ne connais pas...
-Avec grand plaisir, dame Vyssi ! répondit elle en s’inclinant dans une révérence. "

La demoiselle trépigna sur place de joie, se balançant d’un pied à l’autre et offrant une mine réjouie : elle avait réussi ! Elle allait pouvoir suivre la femme sans être démasquée ! Bien sûr, peut être celle-ci se méfierait mais si elle rencontrait une autre personne l’appelant Shamâra, elle saurait enfin que c’était bel et bien une espionne et pourrait raconter cette formidable aventure à l’un de ses amis. Elle gambada –sans faire attention à ce qui pourrait être considéré comme de la légèreté- en avant pour devancer la beauté. Se tournant vers elle, elle avança lentement en arrière : ces rues étaient encore en son domaine, elle pensait donc pouvoir les traverser les yeux fermés.

"Que désireriez-vous raconter ? Nous avons tout ce qu’il faut pour être comptés de la plus belle manière ! Ah… attendez, vous voulez de l’extra ? Je sais exactement ce qu’il vous faut : venez dame Vyssi ! "

Elle n’avait laissé le temps à la dame de répondre, enjouée ! Lui attrapant le poignet, elle se mit à avancer vite en tirant la noble dans les rues sans la moindre hésitation, comme le faisaient les enfants ou personnes d’une même famille entre eux. Elle ne songea point que c’était là un moyen de ne savoir ce que la dame voulait faire : elle savait exactement où les ragots menaient ces temps ci et c’est ainsi qu’elle lâcha la femme et leva les mains pour montrer une ruelle.

"Voici l’endroit parfait pour raconter les bas quartiers ! Le laid et le beau, le pauvre et le riche réunis pour cohabiter et former l’harmonie ! "

Elle désignait là deux rues parallèles : celle la plus à gauche avait ceci prêt d’être bordée par des petites maisonnées travaillées : des petits jardins les entouraient. En ceux-ci, des fleurs s’épanouissaient. Le lierre des terrasses rejoignait celui des maisonnées de rue voisine –la plus à droite- où les demeures n’étaient que moins travaillées et où pauvres et boues semblait vivre. La jeune femme se tourna vers Vyssi, grand sourire aux lèvres pour voir si une crise se déclencherait chez elle. Elle lui désigna la ruelle de droite pour lui signaler qu’elles iraient en cette direction, avant de lui expliquer que les deux rues se fondaient en une un peu plus loin, au devant d’une auberge qui avait du fermer pour une raison qu’elle ne signala point, surement voulant garder un peu de secret. D’une terrasse d’une des maisons riches se trouvait un homme qui les salua, surement sans les connaître mais attiré par Vyssi comme les abeilles par la fleur.
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Vyssi Astadien
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MessagePosté le: Ven 11 Fév - 22:58 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Vyssi reprenait peu à peu contact avec la réalité. Cette enfant la tirait en dehors de sa bulle de création, ce n'était ni un mal, ni un bien, c'était un fait. La musicienne n'était pas spécialement douée pour créer de la musique. Il lui fallait une intense concentration pour parvenir, difficilement, à entendre l'orchestre invisible qui ne jouait pour l'instant que dans sa tête. La re-transcription était un exercice tout aussi compliqué, et avec maintenant une nouvelle compagne de jeu avec qui découvrir les dessous d'un Quartier méconnu il lui fallait bien moins que cela pour perdre le fil de son morceau.
Maintenant qu'elle avait noté le dernier fragment de son air, plus rien ne l'ennuyait. Vyssi estimait avoir bien travaillé, elle méritait à présent un peu de distraction... Et cette Dame Shamâra lui en promettait à foison!

D'ailleurs la gamine l'entraînait à présent, par le poignet, comme sa grande soeur autrefois lorsqu'elle avait fait une découverte extraordinaire, et la musicienne se laissa guider en riant. Ce n'est qu'à la fin de leur course que Vyssi prit le temps d'observer le tableau que lui proposait sa nouvelle soeur imaginaire. La contradiction entre les deux battisses, pourtant reliées par le fil végétal du lierre, était telle qu'un frisson parcouru l'échine de la musicienne. L'une tombait en ruine, quand l'autre pétillait de milles couleurs grâce aux platebandes bien entretenues. La comparaison ne s'arrêtait pas là, et le seul son qui lui vint à l'esprit pour décrire cette opposition était celui, grinçant, presque comique tant il était nasillard, du hautbois. L'endroit permettrait peut-être de trouver de l'inspiration, plus tard! La transition entre Bas et Haut Quartiers, sans doute, naîtrait dans les environs.

Montre moi le bout de la rue!

Avant qu'elles ne repartent d'un même élan, un homme de belle allure, quoiqu'âgé les salua toutes deux. De part ce logement à la frontière de deux mondes, il ne devait pas être extrêmement populaire, mais Vyssi avait ce réflexe de toujours saluer aimablement ses voisins, et elle s'inclina profondément en riant, puis attira Samâra dans la ruelle:

Tu parlais tout à l'heure d'une échelle... Mais laquelle? Connais-tu un musicien qui joue en haut d'un tel perchoir?


Dans sa jeunesse Khrêalienne, il existait un conte qui narrait une telle fantaisie, peut-être la raconterait-elle à Samâra, quand celle-ci lui aurait expliqué les raisons de l'invocation de cette historiette. Les deux jeunes filles marchaient d'un pas désormais plus lent, le long de la ruelle. Vyssi tachait de se souvenir du chemin parcouru afin de pouvoir revenir ici tranquille pour coucher sur le vélin les précieuses notes qui la fuyait à cette heure.
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Samâra Chantry
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MessagePosté le: Mar 15 Fév - 21:06 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Samâra restait bien droite, observant la musicienne. Celle-ci répondait bien à la balade et semblait apprécier le lieu, au point qu’intérieurement la demoiselle riait avec force, fière comme un paon. Le sourire ne quittait ses fines lèvres alors qu’elle notait en son esprit toutes les actions et réactions de sa compagne. Elle la vit parcourir du regard la différence entre les non plus riches et les non plus pauvres des Bas Quartiers, qui malgré leurs différences cohabitaient en un mélange d’acceptation et d’ignorance mutuelle. Elle la laissa faire quelques pas seule, Samâra n’avait besoin de concentrer son attention sur une autre figure que la riche dame tant elle connaissait ces rues dont on avait tant parlé récemment. Puis, dame Vyssi s’exprima et ses mots ravirent d’autant plus la jeune femme.

"Montre moi le bout de la rue!
-Avec grand plaisir. "

Samâra ne s’inclina pas avec Vyssi tandis que celle-ci saluait le riche homme. Elle le fixa juste, tentant de se remémorer ses traits mais elle en fut bien incapable tant celui-ci était loin. La jeune femme décida donc de ne tenter de vérifier si un lien quelconque les liait : si c’était le cas, vu l’endroit où il habitait, ce serait de part une appréciation de celui-ci des établissements familiaux : il aurait donc nié toutes implications en ses souvenirs. Dame Vyssi s’élança en le cheminement qu’elle lui avait désigné et Samâra la suivit, non sans avoir jeté un coup d’œil en arrière et s’être ainsi rassurée d’être toujours suivie par son protecteur. Elle savait que le lieu où elle se rendait devait être souvent visité par les gardes de la cité, mais elle se refusait tout de même de s’y approcher seule… on ne savait jamais ce qui pouvait arriver.

"Tu parlais tout à l'heure d'une échelle... Mais laquelle? Connais-tu un musicien qui joue en haut d'un tel perchoir? "

Ses yeux se retournèrent vers la femme, fortement étonnés. Elle se demanda si la femme tentait de faire une blague mais au vu de son regard, ce n’était le cas. Samâra chercha en sa mémoire fatiguée mais ne se souvenait point avoir parlé d’un musicien qui jouait en haut d’une échelle et elle songea que la droguée devait avoir une nouvelle hallucination. Mais cet air enfantin qui courrait sur son visage, lui offrant une grâce nouvelle qui plaisait bien plus à Samâra que celle d’une simple figure de porcelaine, cet air lui retirait l’envie de lui briser les rêves. Ainsi, bien gênée, la jeune femme répondit :

"Et bien je… je parlais d’une chose que ma mère appelle l’échelle sociale. Elle dit qu’on est tous dedans et… mais… mais je sais qu’il y a des échelles dans le dernier spectacle au Lion d’Or. Alors peut être là bas y a-t-il des… joueurs sur des échelles ? Mais nous y voici : regardez ! "

Elle avait dépêché son pas pour arriver devant l’auberge. Celle-ci était fermée mais même ainsi, on pouvait percevoir qu’elle avait été aussi rustique qu’agréable : tenue par une tenancière aux larges hanches, elle offrait de nombreux plats lourds qui plaisaient aux pauvres n’ayant les moyens de ne faire qu’un seul repas par jour, et aux riches qui les appréciaient autant -l’argent ne signifiait point ne pas aimer les mêmes plats- mais qui se plaisaient de manger en des couverts d’argents non loin de leur demeure. Le lierre semblait presque avoir prit naissance ici même. Les fenêtres avaient été fermées avec des planches en bois. Une pancarte avait été placardée sur la porte signalant que la fermeture était provisoire jusqu’à la fin de l’enquête. Samâra tapota l’épaule de la beauté, alors que celle-ci observait le lieu, et lui désigna le renfoncement qui était exactement en face de l’auberge.

"Ce n’est pas elle dont tout le monde parle… C’est de ça. "

Sur l’un des murs se trouvaient des taches rougeoyantes, la plupart étant cachées par une pancarte accrochée au mur. Sur celle-ci, les lettres semblaient s’être légèrement effacées, l’encre fondant au contact des pluies qui avait parcouru le papier lors des dernières journées et nuitées. Samâra semblait bien fière de faire découvrir ce simple mur : il était rare qu’une personne n’ait point entendu en les bas Quartier parler de cet évènement.

"C’est là qu’est morte une femme il y a quelques semaines… Tout le monde vient visiter ce mur, surtout les gens des Hauts Quartiers en fait : à priori, ils trouvent ça amusant… "

Elle haussa des épaules, signalant là qu’elle ne voyait pas où était l’amusement de l’évènement. Cependant, il lui était clair que pour l’inspiration de la femme, ce lieu chargé de souvenir ferait son apothéose. Elle fixa donc la femme, un sourire calme aux lèvres, cherchant ses réactions : en tant qu’espionne de Khréhâl, elle ne devait point craindre le sang écaillé et sa signification.
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Vyssi Astadien
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MessagePosté le: Ven 18 Fév - 20:42 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Vyssi médita l'étrange réponse que lui avais faite sa nouvelle amie. Une échelle "sociale"? Comme pour s'élever dans la société? La métaphore lui plu. Elle était jolie, mais l'image ne lui semblait pas tout à fait adéquat. En escaladant les barreaux, le grimpeur met de la force dans ses mouvements, il transpire, manifestation corporelle ô combien grossière... Vyssi voulait s'élever, elle aussi, mais pas à la force de ses bras, heureusement! Par la grâce de sa musique et par la beauté de son corps, elle escaladerait l'échelle sans même toucher aux barreaux. Toute absorbée dans sa métaphore, Vyssi rit doucement et seule.
Consciente que Samâra pouvait peut-être la prendre pour une folle, elle dodelina la tête et plusieurs minutes après la remarque de la jeune fille, elle répondit:

Et bien, nous nous rendrons au Lion d'Or pour voir ce spectacle, non?
A part elle, elle ajouta à voix plus basse: Je suis curieuse de voir des musiciens sur des échelles...

Samâra s'arrêta brusquement, et Vyssi faillit la bousculer au milieu de la chaussée. Elle releva les yeux et parcouru la petite place du regard. Sans même fermer les yeux, elle imaginait sans peine des lampions colorés accrochés au lierre et un accordéoniste sous le grand chêne faisant valser les consommateurs de l'auberge sous les vivats de ceux qui levaient leurs verres à la santé de la tenancière. Mais à cette heure, l'ambiance n'était pas à la fête. Les fenêtre de l'établissement étaient barrées de sinistres planches grisâtres et seuls deux badauds se penchaient dans un coin de la place, en face même de l'auberge.

Qu'es-ce que c'est que "ça"? De quoi parlent les gens?

Vyssi n'avait pas entendu parlé d'un quelconque évènement dans les Bas-Quartiers, mais la musicienne se tenait rarement informée des aléas des pauvres, ses propres intérêts convergeaient rarement avec leurs histoires. Vyssi fronça les sourcils pour mieux distinguer le mur que lui désignait son guide. De larges coulures noircissaient les briques... Un frisson  parcouru l'échine de la musicienne... Pour une fois, elle n'avait pas besoin de mimer une émotion, le ton horrifié de sa voix était suffisamment limpide...

Une femme est morte ici? Mon Dieu! Mais pour quelle raison?

Avant même que son guide n'ait répondu, elle tiqua sur un mot précédent:

Comment peux-tu affirmer que les gens des Hauts-Quartiers en rient?! Personne ne peut se réjouir devant la mort!

Mais ça, elle n'en était finalement plus tellement sûre... Elis avait des moeurs bien étranges, comme toutes les capitales. Vyssi cru bon de s'expliquer:

De là d'où je viens, la mort d'un homme ou d'une femme dans la force de l'âge est contre-productive. Personne ne peut s'en satisfaire, seuls les aliénés peuvent y voir un sujet de rire.

Vyssi se tut, elle attendit d'en savoir plus. Peut-être que la femme était une voleuse, ou peut-être qu'elle était vieille, auquel cas sa mort était moins grave, mais certainement pas plus drôle.
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Samâra Chantry
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MessagePosté le: Dim 13 Mar - 19:00 (2011)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses. Répondre en citant

Dame Vyssi sembla ne point apprécier le spectacle de la liaison des deux mondes car elle s’exprima d’une voix d’un ton légèrement au dessus de la normale qu’elle avait jusqu’alors employé :

Une femme est morte ici? Mon Dieu! Mais pour quelle raison? Et sans laisser le temps à Samâra de répondre, elle continua. Comment peux-tu affirmer que les gens des Hauts-Quartiers en rient?! Personne ne peut se réjouir devant la mort!

Samâra observa les traits de l’espionne et déduisit de son examen que celle-ci n’était point une tueuse tant la mort sembla l’horrifier… ou alors fut elle une très bonne actrice tueuse. D’un coté, il était fort probable qu’elle sache jouer la comédie mais il était apparu à Samâra que celle-ci était plus farfelue que bonne actrice : la perfection n’apportait point les sentiments qu’offraient les spectacles des basses rues. Bien sûr, les lieux comme au Lion d’Or –lieu où dame Vyssi voulait se rendre sans même savoir au combien cher étaient leurs tiquets et mauvaises leurs critiques- où les acteurs se laissaient à paraître plus incommodants et hautains les uns que les autres. Ainsi, de cet amalgame de pensées ne venait qu’une résolution : dame Vyssi pour Samâra n’était point tueuse de fort bon jeu mais une espionne fort attristée par la vision qui venait de s’engouffrer sa mémoire.

De là d'où je viens, la mort d'un homme ou d'une femme dans la force de l'âge est contre-productive. Personne ne peut s'en satisfaire, seuls les aliénés peuvent y voir un sujet de rire.

Samâra se décida à répondre à sa nouvelle amie –espionne ou non, elle n’en demeurait que fort agréable jusqu’alors- et pour cela du garder quelques instants un silence, pour mieux méditer les mots qu’elle adopterait : la femme appartenait aux hauts quartiers et insulter ses habitants reviendrait à l’insulter elle-même… et Samâra savait à quel point il pouvait être lassant d’être toujours mis dans une catégorie d’individu à cause de ses origines basses –ou hautes en ce cas.

Ils se réjouissent pourtant… Nombreux sont venus pour observer le mur avant que la pluie vienne à en effacer les traces. Ils se gaussaient ici même et il est dit qu’en de nombreuses fêtes, ils parieraient sur une prochaine victime. Peut être, Dame Vyssi, que vous ne côtoyez ces gens là mais ils viennent du monde d’en haut, soyez en assurée. C’est un de nos clients des hauts quartiers qui nous en a parlé : il a dit que c’était une belle jeune femme et qu’il fallait faire attention à nos employées !

Elle piétinait sur place lorsqu'elle parlait, comme si l'objectivité du sol permettait de lui assurer la solidité de ses propos. Elle haussa les épaules, continuant en ces termes :

Ceux de chez nous n’y font plus vraiment attention, vous savez… On en parle ces temps ci uniquement parce que c’est déjà la troisième femme en moins d’un mois à être morte de cette façon…

Dame Vyssi semblait fort tourmentée, aux yeux de Samâra, alors celle-ci continua sur un ton enjoué :

Ne vous inquiétez pas, vous ne risquez rien ! Ce ne sont jamais des dames des hauts quartiers et… vous n’êtes pas seule : avec moi vous êtes protégée ! *Enfin, avec mon protecteur qui nous surveille…* songea t elle.

Samâra s’approcha, mine souriante et calme.

Vous n’écrivez pas la mélodie de cet endroit ? Il faut que nous y attendions encore un peu pour que vous ne soyez… inspirée ? C’est ça le bon mot non ? Inspirée ?
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:39 (2017)    Sujet du message: [RP] Un Ode à Elis... En commençant par les basses.

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