Osh le Secret Gardé Index du Forum


 
Osh le Secret Gardé Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

:: Les pintes vides font les bons amis ::

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Osh le Secret Gardé Index du Forum -> | - Terre - | Continent d'Astès :: Elis, la Capitale -> Bas quartiers
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Jeu 10 Nov - 19:35 (2011)    Sujet du message: Les pintes vides font les bons amis Répondre en citant

Les rues désertées étaient bercée par les bruits des tréfonds de l’abime profond, où séjournaient êtres damnés prêts à éviscérer quiconque s’aventurait en leur bras ouverts. Bien loin des rues où il n’y avait aucune lumière, les rayons de la Diane berçaient quelques pavés où des pas ensanglantés auraient pu glisser. Pourtant au cœur de cette nuit d’été, la chaleur faisait autant d’heureux que de malheureux. A la Délicieuse Chopine, on fêtait la nuit.

Des gardes eux-mêmes avaient décidé de séjourner en la taverne pour s’amuser avec les gens du peuple dont, bien souvent, ils étaient issus. Badauds côtoyaient Rats et tous s’éclaffaient autour d’un barde qui, au centre des attentions, chantait un air vif et joyeux. Les paroles faisaient part d’une enfant abandonnée malgré son lignage qui s’en allait vaillamment chercher chevalier pour lui tenir la main jusqu’à l’autel. Quelques couples l’écoutaient à moitié, heureux d’avoir une musique d’ambiance alors qu’ils venaient de se former, couples d’un soir, ils se seraient perdu de vue le lendemain, enchantés, se souvenant plus des évènements que d’un nom.

La joie de cogner des pintes emplies les unes contre les autres se mêlait à celle du renouveau du temps chaud. Certes, le soleil gênait aux simples larcins, mais la chaleur faisait de la nuit la meilleure des alliées : les riches sortaient à nouveaux, forges montrées et arborant richesse pour se pavaner ! Rien n’était plus simple que d’arrêter les amoureux ou les ivrognes pour voler les trésors. La sècheresse elle-même fuyait leur terre cette année et personne n’essaierait à la réclamer. Le tavernier se frottait les mains, la recette serait bonne : outre la nourriture réclamée et la boisson qui coulait à flot, les chambres également se faisaient réserver.

Le barde s’arrêta et descendit de la table où il s’était hissé, scène improvisée de son spectacle. Il s’en alla parler avec une femme qui, de par son allure, faisait présumer qu’elle était certes servante, mais dans une grande maisonnée. Elle sembla bien rapidement le renvoyer et il s’en alla quémander aux gardes ivres qui, assis à une autre table, riaient de façon simple et forte. Bonne fut son idée car bon fut son gain : après qu’il eut réussi de façon bien aisée à les faire rire au son de quelques notes, ils applaudirent et lui jetèrent des pièces. Le barde s’empressa d’aller les ramasser toutes et continua de s’amuser dans l’assemblée.

Les pièces avaient été remarquées directement par un autre groupe, légèrement plus loin et bien moins bruyant. Le regard mauvais, les mains sales, ils étaient sans aucun doute des Rats qui avaient réussi à obtenir un nom. Leur ramage sans doute moins bon ne leur enleva la sagesse d’éviter de faire preuve d’un sot courage : ils n’allèrent point se jeter sur le barde pour lui dérober son butin. Peut être attendraient ils encore un peu, qu’il se soit éloigné de ceux qui portaient encore une épée à la hanche : en ce soir, personne ne s’y intéresserait et jamais le musicien aurait attenté à combattre. Une bonne soirée où le sang n’aurait coulé.

Dans cette ambiance joyeuse, un couple bouscula un jeune homme seul bien mal vêtu. Après avoir émis une vague excuse couverte par son rire de cochon, la femme suivit l’homme dont elle tenait la main en gloussant. Ils avaient oublié cette rencontre quelques minutes après, alors que leur attention se tournait vers d’autres individus de la taverne. Elle était au cœur d’une foule qui surveillait parfois les alentours, cherchant proie d’amour ou proie d’argent, amis pour la vie ou chanson d’aventure pourtant personne… vraiment personne ne faisait encore jusque là attention à Symbelmynë dont l’ombre trônait en leur cœur.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 10 Nov - 19:35 (2011)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Symbelmynë
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 27 Nov - 20:01 (2011)    Sujet du message: Les pintes vides font les bons amis Répondre en citant

La Délicieuse Chopine était pleine à craquer en ce beau soir estival. Et elle continuait à se remplir inlassablement, harponnant tous les badauds passant dans la rue de ses rires enjoués et ses chansons paillardes reprises par une dizaine de ténors. Il était vrai que les gardes de la ville se distrayaient bien en cette belle nuit  : Quand un d'entre eux se mettait à chanter, tous reprenaient avec force et entrain avant l'explosion de rires et d'applaudissements finale. Ainsi, leur joyeuse équipe transformait la médiocre taverne en un véritable rendez-vous aux oisifs, aux bavards et aux curieux.
L'intérieur, plus éclairé par le flamboyant feu de bois que par les trois lanternes qui pendaient au plafond, ternes et à demi voilées par la fumée et la crasse, accueillait tous ces assoiffés buvant à grandes lampées, se salissant la barbe, bavardant sans cesse, fumant ou chiquant et riant de leurs rires gras... Nombreux s'étaient laissés envoûter par cette ambiance enivrante et s'ajoutaient à cette assemblée mêlée et variée.

Grâce à l'alcool immonde mais forts de la Délicieuse Chopine, tous se grisaient et adoptaient des attitudes, pour certains, pitoyables. C'est à cause de cela qu'on avait très vite évacué le vieux Creux-de-Crique, comme on l’appelait ici : Un ancien assez disgracié, à la peau tannée par de lointains voyages en mer, qui tenait si mal l'alcool qu'il s'était mis à brusquement vociférer une quantité incroyable de sottises. C'était Fréa, le fils du patron, qui avait dû expulser le pauvre idiot de sa voix niaise. « Dommage. » avait pensé une âme perfide qui s'était beaucoup amusée des fausses vérités lancées par le pauvre biturin.

Assise à une table légèrement à l'écart, dans l'ombre d'un coin de taverne, celle dont on ne connaît le visage ne savait plus trop où donner de la tête : Sa soirée s'annonçait particulièrement juteuse. Entre le groupe de soudards qui trinquait à tout va, les jeunes gens qui jasaient sans cesses, les filles de joie trop maquillées qui roucoulaient comme des colombes tachées et ce barde qui déversait son torrent de rimailles, elle serait servie.
Sirotant un breuvage convenable sans être bon, la jeune fille de l'ombre, laissait son ouïe fine vagabonder d'une conversation à l'autre, le regard perdu dans les flammes... Rien de vraiment sensationnel, pour l'instant : Seulement des ivrognes qui se disputaient pour un verre de plus, des servantes qui se disaient pas à leur place, des amis qui racontaient une ou deux vieilles anecdotes ou se posaient quelques drôles d'énigmes, sans compter les couples d'un soir qui souriaient et gloussaient abusivement. Quelques uns parlaient de politique, d'autres commentaient l'ouverture d'une bijouterie dans les Haut Quartiers, d'autres encore épiloguaient sur les meurtres qui agitaient Elis depuis un certain temps. Symbelmynë s'en délectait, cueillant avec un sourire sournois ce qui valait la peine d'être connu sur chacun.
Même pas un seul ne l'avait remarquée. Personne. D'habitude, il y en avait toujours un pour demander qui était l'étrange type vêtu de noir qui les épiaient. On lui disait alors qu'ici on le nommait « La Mystérieuse ». C'est donc une femme ? questionnait donc le curieux. Ce que démentait Symbel' en buvant goulûment, à la vue de tous, plus qu'une gentille fille ne devrait ou ne pourrait. Mais ce soir, rien. Il faut dire : Nous n'étions pas chez son ami Seregon, où sa réputation était connue de tous.

Elle échappa à une petite voix intérieure qui lui demandait de vite quitter cette taverne de freluquets pour décamper chez le Sieur Besace. Ce qu'elle refusait de faire depuis quelque temps : La dernière fois, quelques meubles avait été cassés par sa faute et elle ne voulait pas causer plus de dommage au brave gérant de la Belette Enjouée. Et puis elle devait changer de temps en temps de quartier général, non ? Elle reporta alors son attention sur le jeune aède qui captivait massivement l'assistance. Elle écouta ses chansons et elle eu une pensée pour Lui. Il aurait sûrement aimé être là ... Non en fait, c'était plutôt elle qui le réclamait... Elle fuit encore une fois ses pensées, préférant fredonner doucement le joyeux refrain du troubadour, et marquer négligemment le tempo de ses ongles abîmés sur la ferraille de la chope, la tête ailleurs.
Après avoir salué deux épigrammes très spirituelles, l'amuseur public descendit de la table qui lui servait de piédestal pour glisser quelque mot à l'oreille d'une jeune fille, près du comptoir. Probablement une servante de grande maisonnée. Il fut vite chassé et préféra faire la manche auprès des miliciens bien ''mûrs'', disons-le. Les pièces volèrent. Et c'est alors qu'elle les vit... Les Rats.
Face à elle, les partisans du vice avaient sûrement aperçus l'or, eux aussi. Rien de très réjouissant en perspective pour le pauvre guignol. Symbel' s'attendait déjà à les voir lui sauter dessus pour lui extirper son gain. Ils n'en firent rien, cependant. Certes, ça empestait trop le garde ici. Ils attendraient sûrement que le pauvre homme sorte pour le coincer dans une sombre ruelle. Moins courageux, mais plus discret.
Elle songea qu'elle ne s'était jusque là point frottée aux membres basanés de cette secte sans foi ni loi... « Mais ça ne saurait tarder. » pensa-t-elle secrètement, attendant passivement la suite des événements.


Dernière édition par Symbelmynë le Mer 7 Mar - 17:35 (2012); édité 1 fois
Revenir en haut
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Dim 15 Jan - 12:57 (2012)    Sujet du message: Les pintes vides font les bons amis Répondre en citant

Le barde fut le seul à remarquer Symbelmynë. Il ne la vit elle, mais il le perçut lui ! Automatiquement, il suivit du regard l’ombre et lui créa une histoire. Cet homme semblait d’allure encore jeune et il avait été seigneur. Le jeu… ou non : l’appât du gain l’avait rendu fou au point qu’il finisse seul et haï par tout le monde. Réduit à mendier et à cacher son honteux faciès, cet homme avait choisi de se transformer en une ombre, symbole de ce qu’il était désormais devenu. Cela plut sans doute au barde car il ponta sur une table et promit un air nouveau. Tous l’accueillirent les bras ouverts et, racontant détails des mésaventures et trahisons exécutées –ou subies- son chevalier noir grandit en le cœur de tous. Il dansait sur toutes les tables et, peu à peu, l’homme finit par se rapprocher de Symbelmynë. Descendant de sa scène, le ménestrel la désigna à l’assembler, l’offrant désormais à la vue de tous qui crurent alors la connaître.

"[…]Sa politique était tyrannique ! Pas de cadeau, cet homme est cruel ! Tuant tous, truand de son fiel ! Cet homme est bandit, maudit, banni, proscrit ; pourri, moisi, et on en oublie ! Tragique est la destinée de sa perfide matrice ! Car ne vous méprenez point : voleur, menteur, imposteur, trompeur : cet homme est le roi des tueurs ! […]"

Eut il finit sa chanson en ayant posé une main sur l’épaule de Symbelminë, il s’élança sur une tablée pour faire une révérence. C’est à cet instant que tout s’accéléra subitement sans que l’histoire puisse à jamais être racontée par le barde tant les protagonistes étaient animés par la même passion mais furent-ils tous différents.

La première concernait une femme dans un coin de la salle. Habillée en servante de nobles, elle avait rejeté le barde qui était venu lui chanter sérénade et qui surement, autant ensuite tenté d’abuser de sa bonne humeur pour lui soutirer piécettes. Elle était présente avec un esprit de vengeance car son histoire était celle d’un cœur brisé : le sien. Il ne fallait point haïr sa décision, pauvre femme, son cœur avait été jusque là l’unique de ses appartenances qu’elle avait su proteger des riches. Or, son maitre le lui avait sournoisement volé avant de le lui briser sans ménagement. Elle désirait donc le faire tuer. Elle savait que, de toute façon, il allait lui-même attenter à sa propre vie car, même s’il avait pu l’aimer –et elle le croyait- elle avait fouillé dans ses affaires pour s’assurer de la nature de leur liaison et avait découvert qu’il échangeait avec une autre personne… Elle n’avait lu les lettres mais les avait emporté pour ce faire : leur nombre indiquait bien la passion qu’il avait pour cette autre personne…. Elle se noyait dans la boisson et cherchait à calmer son ennui qui lui provoquait tant de pleurs. Elle fut enchantée par l’histoire du barde.

A l’étage se trouvait un homme. Il était particulièrement fin et émacié quand l’âge se faisait encore sentir. Il voyait son corps défaillir lentement et le temps qui lui avait été accordé par le Très Saint diminuer. Maitre aux nombreux serviteurs, c’était en incognito qu’il s’était rendu en cette taverne. Son haut grande dans la magistrature était inconnu en ces lieux et cela l’arrangeait car l’affaire qui l’avait mené jusque là ne devait s’ébruiter. Il était à la recherche d’un homme de main, quelqu’un des bas quartiers… Il avait trouvé un assassin qui se prétendait être la main du Très Saint et cet homme semblait fort charmant. Mais il lui avait échappé : une catin de profession –ou de désirs, c’était là la même chose pour le vieil homme- s’était éprise pour lui pour cette soirée et ils étaient partis, saouls, en cette chambre dont émanait les bruits d’amours. Le vieil homme regrettait de devoir attendre devant la porte presque autant que le fait même que la passion qui avait animé l’homme. Voila qu’il devait attendre, lui qui n’avait que si peu de temps, la fin des jeux de son futur homme de main… Il était pourtant parfait : il haïssait le même homme que lui. Il entendit lui aussi l’histoire du barde qui l’intéressa tout particulièrement.

Un Hern, à n’en point douter, était parmi les gardes. Ils étaient venus ripailler pour fêter le départ de l’un d’eux : en effet, celui-ci venait d’obtenir une promotion. Au fond de lui, le garde se savait faussement heureux : il la désirait lui, cette promotion ! Il jalousait son ancien partenaire et grondait en silence contre leurs supérieurs et le choix qui les avait bordés à ne pas le choisir lui. Le barde lui égayait particulièrement sa soirée alors il lui offrait des pièces à chaque fois, entre deux boissons. Alors qu’il rêvait d’accomplir un fait d’arme pour briller à son tour, l’histoire de ce criminel conté par ce cher ménestrel captiva son attention.

Lorsque la tavernière approcha de la fenêtre, il lui sembla voir une buée particulièrement présente sur celle-ci. L’extérieur semblait, étrangement moins embrumé que l’intérieur et elle décida d’ouvrir la fenêtre pour comprendre ce phénomène. Grand bien lui en fut car grâce à cela, une explosion naquit au cœur de ses paumes. Le feu brulait les lieux et un homme s’en inquiéta. Il faisait parti d’une guilde et son humeur faisait parfois decrescendo depuis avait perdu son compagnon favori nommé Baril. Il avait lorgné l’or du barde depuis le début et voila que la panique naissait et qu’il n’arrivait plus à bien le voir en toute cette foule… il lui fallait se presser.

L’ombre de Symbelminë s’en sortit tout de même par la fuite. La jeune fille se retourna alors à un moment et remarqua sans aucun doute qu’elle n’était pas la seule à avoir fui jusqu’à cette rue, jusqu’alors vide, le feu qui s’était propagé.
Revenir en haut
Symbelmynë
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 14 Fév - 22:28 (2012)    Sujet du message: Les pintes vides font les bons amis Répondre en citant

La Délicieuse Chopine s'emplissait encore et toujours, telle une ogresse affamée de toutes ces pauvres âmes mortellement imprudentes.
Presque étouffée par la chaleur sous sa cape, Symbelmynë se sentait perdue, écrasée sous l'oppression du lieu. Il y avait trop de monde. Beaucoup trop de monde. Et elle avait l'impression d'être un radeau en vogue sur cette Mer de bouches grimaçantes, de regards éperdument hilares, de mains baladeuses et d'odeurs de plus en plus écœurantes. Son attention continuait de naviguer de conversations en conversions mais sans jamais pouvoir s'y attarder, happée par chaque cyclone de clameurs, embrumée par ce flot continu de visages rougeauds. Observant rageusement que la soirée prenait une tournure défavorable à son sombre commerce, l'errante avait grimacé sous son masque, et s'était résignée à regarder s'enivrer, jusqu'au petit matin, toutes ces personnes que l'endroit rendaient hideuses.

C'est alors qu'elle le perçut : Ce fourmillement désagréable dans le creux de sa nuque... Cette caresse étrange que provoque la sensation d'être épié. Instinctivement, la délatrice dénicha le regard malicieux qui tentait furtivement de la transpercer... Mais qu'avait donc ce trouvère à la guetter ainsi ? Elle n'aurait su le dire. Cependant, derrière ses yeux, portail de l'âme, elle avait semblé discerner quelques rouages cérébraux s'enchevêtrer... L'esprit malin de l'amuseur public était en pleine action et l'expérience de la jeune fille aurait parié que ce n'était pas de la manière la plus intelligente qu'il soit.
Soudain, il avait sauté sur une table comme un joli cabri, déclenchant une vague de surprise au sein de la foule hébétée. Amusée, l'informatrice s'était pendue, comme la plupart de l'assistance, aux lèvres du barde. Celui-ci qui n'avait tardé à se lancer dans un spectacle pour le moins provocant : En contant l'histoire illusoire d'un jeune seigneur au cœur sombre, que l’ego et l'appât du gain avait mené à la déchéance la plus absolue, et en faisant preuve d'une certaine folie en ne la lâchant de ses yeux fourbes, l'imbécile conteur venait de la révéler aux regards voraces de ces maint idiots bêtement divertis. S'il y avait une chose désagréable à laquelle elle ne s’attendait vraisemblablement pas, c'était bien ça. Il est ainsi bien moindre de décrire l'exaspération de la jeune femme à l'égard de ce minable bouffon...
Continuant le jeu qu'il croyait malin, le jeune homme était descendu de sa scène improvisée, la dévoilant aux quelques crétins qui n'avaient pas encore fait le rapprochement, et conclut son fabliau en empoignant une épaule de la jeune informatrice. Mais, avant qu'il ne s'échappe réclamer d'autres applaudissements ailleurs, Symbelmynë avait levé son verre et souri faussement, maugréant vulgairement :
- Fauché Bâtard.


Aussitôt, tout s'accéléra, comme si son injure avait été un affreux sortilège. Un craquement déchira la joyeuse musique pour la remplacer par un silence de mort. Le feu se déclara enfin  : Une immense flamme rougeoyante mit un terme aux interrogations de tout le monde. La Panique. Une panique monstrueuse piqua le cœur de tous, les saisissant aux tripes en rappelant leur peu d'instinct sauvage. La peur. Oh ! Oui ! La peur qui se propage dans ce troupeau de bêtes égocentriques. Un cri retentit au milieu de la foule. Le mot maître venait d'être silencieusement donné : Chacun pour soi !
Tous se jetèrent sur les portes, les fenêtres, ou toutes les ouvertures probables. Les Rats en premiers, à ce qu'en vue la Mystérieuse. Eux qui n'hésitaient pas à balancer des femmes et des jeunes gens à terre pour les piétiner ensuite. C'était un chaos totale, une énorme cohue qui se changeait en bousculade meurtrière. La mer se changeait en typhon aux innombrables vagues ébranlant de long en large le rez-de-chaussée de la taverne. Cette catastrophe alimentée aussi par des putains et leurs clients dénudés qui désertaient l'étage et tentaient, eux aussi, de s'évader. Le manque de place. Les corps tremblants qui tentent de fuir, et puis ceux, au sol, piétiné. La chaleur suffocante. Bref, l'Enfer.

Disparue au milieu de ce désastre en devenir, Symbelmynë tentait aussi de se faire une place mais, elle, était décidée à ne pas céder à la terreur. Comme tous elle n'avait qu'une idée en tête : Décamper. Cependant, son petit gabarit, pas très avantageux dans ce genre de situation, la défavorisa grandement si bien qu'elle ne tarda pas à ce retrouver violemment plaquée contre un mur, ses coutelas s’enfonçant dans sa maigre chair et lui extirpèrent un gémissement auquel personne ne fit attention. A ce jeu de brute, elle n'avait aucunes chances. Il fallait ruser, être plus malin. Malgré la douleur qui la tenaillait, elle observa la scène. Les flammes dévoraient l'étage -« Inutile d'y songer ... » se réprimanda-t-elle quand l'idée de sauter d'en haut la berça- et grignotait déjà les murs de chaux près du bar... Ils avaient peu de temps. Si l'incendie arrivait jusqu'aux bouteilles d'alcool, elle ne donnait pas chère de leurs vies à tous. En fermant les yeux, la jeune fille imagina l'explosion sanglante : la pluie de verre brisés qui s’abattrait sur eux, suivie d'un gigantesque éclat flamboyant qui les brûleraient vifs. Par le Très-Saint ! Il fallait à tout prix éviter cela !
Faisant appel à toutes sa force de volonté, Symbel' réussit à se détacher de la paroi et libéra ainsi son dos de l'emprise des lames. D'ailleurs, elle en dégaina une et se fendit difficilement un chemin au cœur de la foule. Elle gagna le comptoir et grimpa dessus. Ici au moins, personne ne la jetterait au sol et elle ne finirait pas comme cette jeune femme piétinée ... Attendez ! C'était elle ! Cette servante, là ! Celle que le barde avait tenté d'accoster en début de soirée ! Vision d'horreur. Épouvantable.
Le feu rongeait toujours le bâtiment. La fumée piquait les yeux de Symbel' qui avait l’impression d'avoir les poumons déjà plein de cendre. La sueur ruisselait sur tout son corps collant les vêtements à sa peau. Elle était là pour l'arrêter mais maintenant qu'elle était sur le lieu du futur drame elle ne savait que faire. Sottement elle brandit une bouteille et la jeta dans le feu, ce qui n'eut pour effet que de raviver la flamme, évidemment. Comment sortir de là ? Cherchant fiévreusement une solution elle leva les yeux au ciel... Ce qui lui apporta une autre information inquiétante : Le plancher de l'étage supérieur était sur le point de craquer. Trop tard. Elle n'avait plus que quelques secondes. Comme un animal affolé elle se mit à taper sur les cloisons, partout sur les parois de ce four. Lequel du plafond ou de l'explosion la tuerai ? Si seulement elle pouvait savoir d'où viendrait sa fin !...
Le temps se ralentit, soudain. Quelles sont longues les minutes avant la mort... Longues et douces... Fébriles... Le martèlement de la garde de ses armes se transformait en échos lointain. La douleur de ses muscles qui se refusaient de se contracter. Son cris qui se perdit dans le bourdonnement du brasier. Son cœur emballé résonnant dans tout son corps et qui ne savait pas compté les secondes. Avec l’énergie de la dernière chance elle lança hargneusement un pieds contre l'obstacle fragilisé. Un lambeau de chaux tomba presque au ralentit devant ces yeux avides de survivre. L’espoir l'envahit et sans attendre elle s’engouffra dans la brèche tout juste formée ... Une main agrippée à son maigre poignée...
Dehors, le temps repris ses droits. Ils n'eurent pas une seconde pour apprécier l'air frais de l'impasse qu'ils venaient de rejoindre : L’expulsion les souffla à quelques mètres de là.

Symbelmynë s'étonna d’atterrir sur un sol étrangement mou. En fait, ce n'était pas le sol. Son cerveau sonné le remarqua grâce à ce souffle chaud et humide qui venait lui frôler la joue et l'oreille. Il y avait aussi ce cœur qu'elle sentait essoufflé sous elle. Péniblement la vagabonde se releva vacillante et le vit dans un piteux état. Le rescapé gémit. Malgré son poids poids plume, elle devait lui avoir cassé quelques côtes. Il ouvrit grand des yeux hagards et balbutia entre deux quintes de toux :
- Vous ?!... Vous... Vous...
- Moi.
Voilà tout ce que trouva Symbel' à répondre quand elle saisit la main tremblante du jeune homme. Elle le mit presque énergiquement sur ses jambes avant de ramasser une bouteille de rhum, tout comme eux miraculée, tirer quatre ou cinq gorgée du liquide ambré en rajustant sa cape, puis elle la lança brutalement contre une poutre qui avait probablement manqué de les empaler. Le verre vola en morceaux exactement comme l'auberge quelques minutes plus tôt.
Elle passa le bras du jeune barde autour de ses épaules et ils clopinèrent vers la troupe des survivants et de badauds qui s’amassaient devant ce qu'il restait du brasier, plus choqués par ce qu'ils venaient de subir que réellement blessés. Eux, les quasi-ennemis d'il y a quelques minutes, ensemble miraculeusement sauvés.
Revenir en haut
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Mer 12 Sep - 15:51 (2012)    Sujet du message: Les pintes vides font les bons amis Répondre en citant


Once upon a time - Hypnotises



    Les rumeurs sont tantôt vagues, tantôt plus denses mais on se souvient encore de cette histoire et eux, gardèrent précieusement le souvenir de ce jour de rencontre.




Je me permets de clôturer ce RP. Si vous désirez revenir le jouer, il suffira de vous concerter avec les autres joueurs et/ou d'envoyer une missive à une de nos Divinités
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:27 (2017)    Sujet du message: Les pintes vides font les bons amis

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Osh le Secret Gardé Index du Forum -> | - Terre - | Continent d'Astès :: Elis, la Capitale -> Bas quartiers Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Flowers of Evil © theme by larme d'ange 2006
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Se rendre sur le portail TourDeJeuVoir les explications de cet anneau sur le site TourdeJeuVoir la liste des jeux de cet anneauPour avoir un jeu de cet anneau au hasardPour voir le jeu précédent de cet anneauPour voir le jeu suivant de cet anneau