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:: Heureux celui qui a fait un beau voyage... ::

 
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Yashna Amiltha
Passant

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Inscrit le: 28 Sep 2011
Messages: 5
Race: Hërn
Âge: 19

MessagePosté le: Dim 9 Oct - 19:12 (2011)    Sujet du message: Heureux celui qui a fait un beau voyage... Répondre en citant

C’était un jour d’été à la chaleur accablante pour tous. Bien que les hommes préférassent de loin suer au grand soleil que grelotter sous une pluie glaciale, ils étaient las de l’atmosphère lourde et pleine d’odeurs incommodantes. Des semaines en mer à se côtoyer les uns les autres tant et si bien que personne ne pouvait plus se sentir. La peau tannée de certains était devenue écarlate et douloureuse chez d’autres qui gémissaient au moindre contact. La nuit, tout était mis en œuvre pour faire taire les malheureux. Toutefois, il y avait de quoi être satisfait de son sort. Au moins, ils avaient quitté Mîria. L’hiver en ce continent était ce que les Astésiens appelaient innocemment « été », et l’équipage se faisait plus à l’idée d’une véritable saison estivale qu’à celle d’un hiver infernal, aussi ses membres revenaient-ils vers leur terre le cœur léger. La promesse de l’argent à venir grâce aux marchandises troquées était alléchante et les maintenait encore à leur place. Dans l’air irrespirable planait des rêves de pintes, de femmes et d’autres, plus fous sans doute, d’économie. Une seule personne regrettait amèrement le désert aride et ses beautés exotiques.

Yashna Amiltha avait vu passer son anniversaire aussi rapidement que les vagues sur lesquelles le navire avait glissé, au cœur l’unique consolation de le fêter près de ces eaux profondes et solennelles. L’érudit qui voyageait avec elle avait tenté d’avoir quelques mots réconfortants durant les premiers jours de leur embarquée, il s’était vu immédiatement rembarré par un regard des plus sombres. La jeune femme ne cherchait pas une épaule sur laquelle pleurer. En six mois de traversée, le ciel le fit suffisamment pour elle, et si la déchirure en sa poitrine se faisait parfois trop nette pour ne pas la croire vraie, elle serrait les dents, consciente d’un sort que ses seules mains avaient tissé. De plus, le temps allant, son amour pour la mer se faisait plus grand et plus immense. Bien sûr, il advint que la terreur s’emparât d’elle lors de tempêtes à la violence formidable, mais le hurlement du vent et la pluie battante résonnaient en elle comme les propres coups qu’elle donnait sur la prison qu’elle s’était construite, ses propres cris cadenassés au fond de sa gorge. Yashna avait peur. Son statut ne lui permettait pas de l’exprimer convenablement ou en tout cas, pas tout en respectant sa fierté personnelle. Alors, quand le monde hurlait, elle hurlait avec lui, buvait de ses yeux sa rage, et ce jusqu’à ce que les marins la chassent du pont. A présent, elle observait la côte de ce nouveau pays, partagée entre la frayeur qu’elle en concevait, et sa fascination pour lui. Ne s’était-elle pas jetée dans la gueule du loup à cause de son attrait ?

Quand le bateau accosta, la princesse en conçut du regret, ayant caressé l’espoir vain que le voyage ne finirait jamais. Puis, elle dut suivre l’érudit et traverser la passerelle qui la mena à la terre ferme. Glenn avait été très clair avec elle sur ce point : ne pas respecter ses instructions, c’était se condamner à des ennuis certains. Son rang n’était plus royal en ces lieux, et sa parole valait moins que celle de n’importe qui d’autre, qu’il fut enfant ou mendiant. Orgueilleuse, mais pas sotte, Yashna avait bien été obligée d’accepter l’évidence. Son peuple aurait pu traiter Glenn de la pire des manières lors de son arrivée, il aurait été dans son bon droit. Les rôles étaient inversés, à son amer déplaisir. Elle accompagna donc ses pas sur les quais, sentant déjà l’attention de quelques curieux l’effleurer. Ce n’était pas une surprise, elle avait été prévenue également à ce sujet par l’érudit. Cela ne rendait toutefois pas la sensation plaisante. Ses iris se plantèrent dans un ou deux regards, avant de se forcer à s’intéresser aux alentours. Il n’aurait pas été convenable de créer une altercation dès le départ. Elle savait pertinemment qu’elle ne passerait pas inaperçue au sein de cette contrée, aussi n’avait-elle pas cherché à se dissimuler, malgré la cape que son professeur avait voulu qu’elle porte. Sous le tissu, ses bras étaient nus, enserrés tous deux par un bracelet aux formes complexes. Les vêtements qu’elle portait venaient de son pays, sinon d’où ? En peaux de bêtes, ils épousaient ses formes afin de faciliter ses mouvements. Glenn avait tenu à ce qu’elle soit décente, mais la chaleur était telle qu’il s’était montré assez laxatif au final. Néanmoins, l’été à Astés n’avait rien de commun avec la température régnant dans son désert, aussi Yashna s’était couverte plus qu’à l’accoutumée. Le fait qu’elle ait glissé des armes sur elle y était aussi pour quelque chose. A ses lobes pendaient deux anneaux et des pierres rougeoyantes. Sa tresse serpentait dans son dos. En rien elle n’avait caché ses origines ni sa différence.

Quitter le rythme balancier de l’embarcation lui procura une sensation étrange, à elle habituée aux collines et creux des vagues de sable. Sa main tâtonna jusqu’au bras du trentenaire et s’y agrippa confusément tandis qu’elle faisait face à ce monde inexploré. Les habitations étaient incroyablement longues et larges, de pierre et de bois… Plusieurs fois dans sa jeunesse, elle avait voulu les imaginer. Elle s’apercevait aujourd’hui que la réalité parvenait encore à l’impressionner, malgré ses rêves les plus exagérés. C’était également la première fois qu’elle voyait autant de gens avec le même teint que Glenn, et plus clair parfois. Des yeux pouvaient-ils contenir de l’eau en si grande quantité ? Des cheveux de si nombreux rayons de soleil ? La bouche entrouverte, elle ne savait pas par où commencer pour donner ses impressions à Glenn. Il lui semblait qu’elle devait dire quelque chose sur tout. Elle aperçut des étalages où étaient répartis divers poissons et de multiples fruits de pêche, à côté il y avait d’autres vendeurs qui exhibaient leurs marchandises. Des objets venus d’ailleurs. Des fleurs aux senteurs tropicales. Une vieille femme vendait des tissus colorés. Autour de ce point de concentration circulaient le peuple d’Astés. Yashna n’était pas inconnue aux marchés, au contraire, sa famille y participait activement. Des affaires se concluaient dans un coin, des négociations se tramaient dans un autre. Elle repéra un endroit à l’écart où des hommes menaient des combats et se souvint brusquement qu’à une époque elle était parmi la foule, encourageant les gens à miser sur un des siens. Les marins mettraient longtemps avant de tout décharger, et Glenn tenait à surveiller les opérations. Sans plus de réflexion, Yashna le lâcha, déjà à un pas de lui.

Je reviens. Ne vous inquiétez pas.

La jeune princesse se mit à marcher en direction du regroupement d’hommes. Au fur et à mesure qu’elle s’en approchait, elle notait que les femmes s’en tenaient soigneusement écartées, mais elle notait l’aura de bestialité qui s’en dégageait. Ses oreilles percevaient les cris de douleur et de joie. Un appel familier parmi cette foule ô combien éloignée d’elle et de ce qu’elle était. Le soleil tapait haut dans un ciel sans nuage, brûlure vieille et amicale sur son visage. Elle l’accueillait à bras ouverts. La rudesse des hommes. Leurs besoins primaires. C’était un fait que l’on retrouvait toujours par-delà les mers.
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MessagePosté le: Dim 9 Oct - 19:12 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Quetzal'ome Teotl
Sous l'Oeil des Veilleurs

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Inscrit le: 21 Jan 2011
Messages: 54
Race: Tolbaz
Zone: Elis
Âge: 27 ans

MessagePosté le: Mar 1 Nov - 21:39 (2011)    Sujet du message: Heureux celui qui a fait un beau voyage... Répondre en citant

Ils étaient partis tôt ce matin-ci, la route pour Menrà était longue et Teotl en avait marre de faire les cents pas dans la propriété. Hector était un froussard qui n’aimait ni s’éloigner de la demeure du Maître ni quitter son épouse. Pourtant, celle-ci avait besoin qu’il aille lui chercher le tissu que Vinberg lui avait envoyé de voyage. Naturellement, Quetzal’ome s’était proposé pour y aller seul, mais Annie, voulait que son homme se montre digne et l’accompagne. Cela faisait à présent plus d’une semaine qu’il voyageait tous deux, la voiture était bien plus confortable que les geôles qui l’avaient conduit à l’aller et pour la première fois, il put apprécier le paysage.
Les horizons de forêts étaient profonds et tellement différents de sa jungle. Il avait repensé à son enfance parmi les arbres et si Hector l’avait trouvé songeur, il n’avait rien réussi à lui faire dire au sujet de ce qui le travaillait. La matinée était bien avancée et enfin, la grande ville se déclinait. Hector contait à son accompagnateur qu’il y était déjà allé quelques fois mais que cela ne signifiait en rien qu’il connaissait bien la ville… Peut-être se justifiait-il de ne savoir ou donner de la tête ?

Le marché principal était enfin devant eux. Ils posèrent la voiture dans un coin, payèrent un gamin pour la veiller et partirent à la découverte des étals. Hector qui n’avait pourtant rien à se reprocher avançait prudemment, intimidé par la foule et les fragrances des autres continents. Teotl lui marchait tête haute, peu enclin à remarquer les étrangers puisque tous, de tout temps, l’étaient pour lui. Il veillait en coin à ce qu’on ne les ennuie pas, il évitait certains regards et en défia d’autres. Il cherchait des visages connus et pourtant n’en espérait aucun. Est-ce que s’il trouvait des traces de l’équipage il repartirait en mer ?
Hector avait un attitude plutôt touchante dans son hésitation à prendre les devants, à s’adresser aux gens et lorsqu’enfin ils trouvèrent le marchand en lien avec le noble, Teotl le laissa vaquer aux consignes de sa femme pour s’éloigner flâner à son tour. Il y avait du bruit à l’écart des premiers passants, une ronde, des combats. Par divertissement Teotl s’approcha et se fraya rapidement un chemin vers les premiers du cercle. Il y avait deux combattants dont un… qu’il connaissait bien.

Sa peau était noire comme l’ébène. Elle luisait pourtant au soleil comme si les rayons ne pouvaient que le sublimer, une sculpture impressionnante où chaque muscle était creusé par l’effort. Les hurlements s’intensifièrent en une nouvelle droite bien placée, le fanfaron aux cheveux cuivrés se fit allonger par l’indomptable guerrier. L’homme cracha sur celui qui était à bout de souffle et releva la tête vers la foule pour se faire tant encourager qu’injurier. Teotl sourit, reconnaissant l’insolence du pirate avec qui il avait traversé tant d’années. L’homme au centre de la petite arène improvisée croisa enfin son regard et se figea comme s’il avait vu un démon.

-C’est toi que je veux.

Quetzal’ome lui offrit un grand sourire.

-Non.. Je fais plus ça.

Osba s’approcha de lui, menaçant, mais s’arrêta à bonne distance.

-Entre sauvages.. faut bien leur donner du spectacle non ? Sauf si tu es définitivement coupé…

Les rires des hommes retentirent et Teotl remua la tête, comme s’il accusait la joute verbale. Ils s’étaient rencontrés ainsi, cet homme avait pris une femme qu’il n’aurait pas du et Teotl lui avait collé une bonne droite et voici qu’il lui relançait cette vieille histoire… Ce n’était pas par honneur mais par camaraderie et par joie de le retrouver, les passants ne pouvaient imaginer ce qui les liait. Teotl ôta la chemise qu’Annie lui avait conçue et dévoila son torse tatoué et tout aussi impressionnant que celui de l’homme d’ébène.
Osba fit alors signe au public de faire monter les enchères car le nouveau champion semblait bien plus coriace que ceux qu’il avait déjà renvoyés dans la poussière. Le pirate tatoué s’approcha, sans cacher qu’il boitait, Osba n’aurait de toute façon pas oublié, il préférait que les spectateurs puissent juger des qualités des combattants et si le noir s’acharnait sur cette faiblesse, il n’en sortirait pas forcement plus victorieux.

Les deux hommes se regardèrent longtemps sans bouger, sourire aux lèvres, plus heureux de se voir que presser de se rétamer. Les sifflements percèrent et ils se souvinrent de ce qu'il y avait à faire, ils s’élancèrent sans attendre. Osba sonna rapidement l’homme de Telkankin qui chuta mais Teotl réussit à lui mettre un impitoyable coup de coude dans l’entrejambe avant de lancer que maintenant s’il supposait encore qu’il n’avait rien, il serait désormais deux. Les échanges fusèrent, violents et sans concession mais sans tricherie. Les blancs hurlaient à leur butin tandis que les deux tentaient de converser dans une langue de Mîria.
Alors qu’ils suaient tous deux, Osba lui demanda comment il s’était sauvé et Teotl su lui répondre dans son dialecte que ce n’était pas tout à fait l’instant. L’imposant noir continua à lui demander s’il en avait vu d’autres et où il vivait. Teotl lui répondit que deux avaient été pendus et qu’il était à Elis. La curiosité du noir permit à Quetzal’ome de lui assener un puissant coup dans l’abdomen. Osba tomba à quatre pattes à terre et cracha un peu du sang que sa lèvre fendue lui imposait avant de dévoiler un poignard de sa botte et fendre l’air en direction de son compagnon.

La foule poussa un cri d’effroi et Teotl accusa une vilaine coupure sur le bras avant de mettre l’homme de bronze à terre et inconscient d’un revers en pleine mâchoire. Le combat était terminé. Les gens plaisantèrent encore un peu mais très vite, ils se dissipèrent, contrariés que le nouveau champion n’appelle pas à d’autres échanges musclés. Quetzal’ome se pencha sur Osba et lui claqua les joues pour qu’il retrouve conscience. Il retrouva la langue en vigueur en ces terres.

-Toujours aussi prévisible..

Le noir se mit à rire grassement alors qu’il s’asseyait enfin sur son derrière et tapota l’arrière de la tête de son ami en jurant comme un bon pirate qu’il était. Teotl se sentait d’humeur légère et il releva les yeux, soudain conscient d’une silhouette qui n’avait pas bougée. Une jeune femme au teint sombre et doux, une expression inquiète mais guère apeurée. La scène avait pourtant du être violente pourquoi était-elle là ? Teotl se leva pour lui faire face, il restait plus grand qu’elle bien qu’il ne soit pas très haut.

-Qu’est-ce que tu veux ? Traîne pas ici, ton maître va te chercher des problèmes.

Sa main coulait de son sang noir, épais et chaud.
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Eclat Divin
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Messages: 80
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Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Mer 12 Sep - 15:00 (2012)    Sujet du message: Heureux celui qui a fait un beau voyage... Répondre en citant


Once upon a time - Hypnotises



    Les rumeurs sont tantôt vagues, tantôt plus denses mais on se souvient encore de cette histoire et eux, gardèrent précieusement le souvenir de ce jour de rencontre.




Je me permets de clôturer ce RP. Si vous désirez revenir le jouer, il suffira de vous concerter avec les autres joueurs et d'envoyer une missive à une de nos Divinités
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:55 (2017)    Sujet du message: Heureux celui qui a fait un beau voyage...

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