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:: Yashna Amiltha ::

 
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Yashna Amiltha
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Âge: 19

MessagePosté le: Ven 30 Sep - 00:31 (2011)    Sujet du message: Yashna Amiltha Répondre en citant

.:: L’identité ::.



Nom : Amiltha

Prénom : Yashna

Surnom : Elle fut surnommée « la Lionne » par sa tribu dès lors qu’elle développa des aptitudes certaines à la chasse et au combat, et ce également par la ténacité dont elle faisait preuve pour s’accrocher à ce à quoi elle tenait véritablement.

Âge : 19 ans. Née le 3 mai 492 d’après le calendrier d’Astès.

Race : Hërn. Son sang est bleu clair, le même bleu qu’un lac en plein été sous un ciel sans nuage.

Code couleur: #ff9900

Secteur d’Activité : Errante, Yashna venant tout juste d'arriver à Astès.

Lieu de résidence : Comme dit ci-dessus, Yashna vient juste d’arriver à Astès, donc j’imagine qu’elle va d’abord résider dans une auberge située dans les hauts quartiers (car elle ne vient pas pauvre) si cela est possible.

Description Physique :

Difficile de ne pas repérer cette étrangère parmi la foule des Astèsiens. Sa peau matte, entretenue par le soleil brûlant de Mîria, ressort incontestablement au milieu de ces gens au teint trop pâle. C’est avec appréhension et intérêt qu’elle darde ses iris sombres sur eux, consciente du spectacle qu’elle peut offrir et, de ce fait, pleine de dignité, provocante s’il le faut. Se fondre dans la masse n’est pas dans ses habitudes, et après tout à quoi bon ? Elle se sait repérable rien qu’à son épiderme. Pourtant ses cheveux n’ont rien d’extraordinaire, si ce n’est la manière dont elle les coiffe et les parures dont elle les orne quelquefois qui diffèrent de celles dont usent les femmes de cette contrée. D’un brun chaud, ils descendent jusqu’à ses hanches, longueur similaire chez nombre de jeunes filles de son âge. D’une taille moyenne, Yashna possède un corps tout en longueur aux proportions bien établies et harmonieuses dues à un exercice physique quotidien. Aussi souple qu’une liane, on aurait toutefois tort d’affirmer que sa beauté ne connait pas d’égale et fait chavirer le cœur de tous ceux qu’elle croise. Sans doute est-elle jolie, son charme réside cependant dans son attitude et son maintien. Au milieu des siens, elle ne se fait remarquer qu’à cause de son statut et de sa réputation, non pas par son aspect physique.

De même que la façon dont elle se vêt habituellement attirera l’œil ici, cela ne sera que monnaie courante en son pays. Appartenant à un peuple nomade qui a privilégié le pratique avant l’esthétique, ses vêtements ont été faits pour faciliter ses mouvements et seraient probablement qualifiés d’indécents par la gent féminine. Les pagnes et autres habits découvrant un peu trop son corps font partie de la garde-robe de la jeune princesse fraîchement arrivée de Mîria, que ce soit ceux dont elle usait au quotidien ou ceux pour les cérémonies importantes, mais à eux s’ajoutent d’autres vêtements plus appropriés en ces lieux. Car l’ambitieuse n’est pas venue seule en ces lieux, et l’érudit qui l’accompagne l’a informée des soucis qu’elle pourrait s’attirer quant à sa tenue. Ainsi, a-t-on confectionné de quoi l’habiller de manière plus appropriée selon les règles de ce continent inexploré par les siens jusqu’alors. Yashna n’ignore pas les enjeux de sa venue et sait à quel point entretenir son image est chose cruciale dans un endroit où il n’y a personne pouvant affirmer la connaître depuis sa naissance. Elle sait qu’il lui faudra briller pour se faire remarquer, par conséquent ses bagages contiennent de quoi agrémenter son physique, comme des colliers, des diadèmes ou assez de boucles d’oreille pour les trois trous qu’elle porte à chaque lobe. Néanmoins elle a très peu d’attaches matérielles, considérant les bijoux comme un moyen de s’embellir, certes, mais rien de plus. Le seul ornement dont elle est réellement fière est la marque de sa famille qu’elle porte au bas du dos et qui a été réalisée par scarification.


Description Morale :

Bercée dans la culture de son peuple, Yashna vit en respectant les principes de ses croyances. Elle voit chaque être vivant comme un pair, un élément faisant partie du cycle. C’est pourquoi ses premiers mots envers un inconnu seront toujours polis, et cela même s’il a pu provoquer quelque irritation chez elle. Froide, elle gardera toujours un langage irréprochable, et ce jusqu’à ce qu’elle soit poussée dans ses retranchements. Une atteinte directe à ce qu’elle est et à sa foi réussira sans doute à réveiller sa colère. Issue d’une famille royale, selon ses contrées, Yashna sait que l’image qu’elle renvoie d’elle-même est cruciale dans le jugement d’autrui, et qu’il convient d’avoir un certain maintien et une bonne manière de se conduire. Son courroux ne sera donc déversé que pour une cause qu’elle estimera digne d’importance. Néanmoins, ayant été mise sur un piédestal depuis qu’elle est née, son orgueil l’est tout autant, et peut facilement être touché. C’est son plus grand défaut, sa propre image, celle de son peuple et celle de ce en quoi elle croit ne formant qu’un tout dans son esprit. Des propos insignifiants peuvent vite être perçus en insulte par l’étrangère. Son seul atout est l’enseignement que lui a dispensé l’érudit venu d’Astès. Grâce à lui, Yashna sait ce qu’il en est de la manière de penser des habitants de ce pays, et est suffisamment apte à les comprendre. De plus, elle n’oublie pas pourquoi elle est venue ici. Il s’agit d’établir la meilleure relation possible entre son peuple et celui des Astèsiens. Chasseresse, la patience de l’Amiltha sera grande pour obtenir ce qu’elle souhaite, mais ce serait mentir que d’affirmer qu’elle restera de marbre face à ce qu’elle considérera comme outrageant.

Cette notion est très variable selon les individus. Yashna méprise les personnes qui ne sont capables de rien, causant leur propre perte. L’existence est un parcours semé d’embûches qu’il faut surmonter, c’est pourquoi il n’appartient qu’à nous d’escalader les obstacles que le destin met sur notre chemin. Chacun a sa place dans l’existence et a comme devoir de la trouver, celui qui n’est pas capable de cela ne fait pas partie du cycle. Les faibles ne doivent leur condition qu’à leur manque d’initiative pour se sortir de là. La religion de Yashna fait qu’elle respecte toute forme de vie, mais également la mort qui n’est après tout qu’une étape du cercle. Ainsi, si un faible meurt, il aura accompli ce pourquoi il était. Sa place était donc médiocre, mais si elle l’a été jusqu’au bout, c’est qu’elle devait être définie comme cela dans le cercle. Et s’il ne faisait pas partie du cercle à cause de son inutilité, il a pu le rejoindre en mourant, ce qui est incontestablement mieux. Les enfants sont un cas à part, car obtenir sa place est une question de temps. Témoin d’un acte malveillant commis sur un enfant, Yashna ira le protéger, cela ne sera pas le cas si la victime est adulte et responsable d’elle-même, car chaque adulte doit savoir maintenir l’équilibre de son propre cycle. Le cycle de Yashna est définit par son peuple, sa famille, son sang, son rang… Elle considérera toute entreprise contre cela comme outrageante, ainsi que ce qui perturberait sa définition du cercle en général. Ce cercle-là s’élargit aux lois de la nature. Il s’agit du respect dû aux autres formes de vie et aux éléments, en particulier l’élément aquatique.

Dans la croyance du peuple de Yashna, l’être humain ayant une place privilégiée parmi les animaux, il se doit de faire attention à eux et à les traiter avec parcimonie. L’opinion de la jeune princesse là-dessus a dû être revisitée cependant depuis sa rencontre avec Glenn Philleigh, l’érudit recueilli par sa tribu. Cet être humain n’était absolument pas au-dessus des animaux tel que l’entendaient les Amiltha. Toutefois, compte tenu du potentiel de l’humain, Yashna a donc décidé qu’il ne tenait qu’à lui de s’élever ou non, ce qui explique son jugement sur la faiblesse et la force vis-à-vis de ces bipèdes. De plus, les longues heures en compagnie de Glenn lui ont fait prendre conscience de la valeur de ce dernier. Glenn est faible selon Yashna, mais il est intéressant grâce à son savoir. Neuf ans à le côtoyer ont développé chez la jeune fille une curiosité sans borne pour lui et les habitants d’Astès. A vrai dire, tout ce qui sort de ce qu’elle a connu dans sa tribu l’attire. Elle reste également assez naïve en matière de connaissances, malgré l’enseignement de Glenn. N’ayant pas vécu en terre Astèsienne, il y a beaucoup de choses qui demeurent hors de sa portée pour le moment, intellectuellement parlant. Elle sait lire, écrire et parler la langue de ce pays, possède un savoir global dans quelques domaines, mais ce savoir reste une carte parsemée de trous. Il est facile à autrui de lui faire croire n’importe quoi s’il s’y prend bien. Yashna ira parler aux gens qui lui sembleront les plus intéressants, ou qui l’intrigueront pour une raison ou pour une autre. La banalité n’a que peu de valeur à ses yeux.


Pnjisation : Je n’accepte d’être Pnjisée qu’à la condition que le joueur qui souhaite me Pnjiser m’ait envoyée un MP avant, afin de déterminer avec lui de l’action de mon personnage et de ses paroles. En ce qui concerne ces dernières, les seules paroles que mon personnage dira en Rp seront celles que j’aurais écrites. Je n’accepte pas qu’un joueur fasse parler mon personnage à ma place. Si mon personnage doit donc être Pnjisé dans un Rp pour une raison ou pour une autre et qu’il doit parler, j’aurais donc envoyé ses paroles par MP et il suffira simplement de faire copier/coller. S’il s’avère que mon personnage doit être Pnjisé car mon absence se fait trop longue, j’accepte qu’on le fasse agir dans le strict minimum, ce qui limite le risque que ses actions soient inappropriées par rapport à son caractère.

Fréquence de jeu : Une fois par semaine minimum.


.:: L’histoire ::.


Le passé de votre personnage (BG):

« L’écriture est chose précieuse parmi ces gens, et son usage un rituel à part entière. Je ne dois le privilège de disposer du parchemin comme je le souhaite que parce que j’en suis l’instigateur ici. Et encore, si ce n’était que ça, je n’y toucherais même pas. On peut les appeler barbares, l’étincelle qui brille dans leurs yeux est tout autre, et les signes qu’ils tracent porteurs d’autant de mystères. Ecrire, c’est détenir un pouvoir, et ils le savent. La maigre confiance qu’ils m’accordent aujourd’hui est le prix d’un temps infini passé à leurs côtés, constamment épié. La place que j’ai acquise en ce lieu, je ne la dois qu’à mon savoir et mon ingénuité qui m’ont poussé à chercher à les comprendre, même si la réciproque n’était pas toujours présente. Il y a d’ailleurs encore quelques réticences. J’ai plus besoin d’eux qu’ils n’ont besoin de moi, un atout dans leur manche quand ils sont toute ma main. Par chance, ce chef est beau joueur et aime cette partie d’échanges entre nous, car il connait son pouvoir sur moi. Ce que je gagne, je l’obtiens en éveillant son intérêt, mais mes sacrifices seront toujours plus grands que ce que je donnerai. Il le sait. Je le lis dans son sourire. Je le lis dans les regards de l’enfant qui me méprise. »

Certains parlent d’une autre époque avant celle-ci, avant l’Errance et tout ce qui en découle. Un temps où, sous leurs pieds, ce n’était pas l’océan de sable à l’infini. Un temps où le nom d’Amiltha glissait sur la langue comme une promesse de plaisir à venir. On aurait sacrifié sa plus belle bête pour une seule nuit dans leur demeure aux cent richesses. Pour goûter leurs vins et leurs gâteaux au miel. Leurs possessions fermentaient la rumeur, cependant ce n’était pas que cela qui conféraient aux Amiltha une telle prestance. En effet, ils se plaisent toujours à dire que, même à la rue, l’un des leurs est roi au centre des va nus pieds. Ceux qui ont vécu quelques jours en leur présence peuvent l’expliquer, ou tout du moins s’ils ont assisté aux évènements privilégiés de leur quotidien. Ces instants, alors que le soleil n’est qu’un murmure, où chacun se glisse dans les eaux dormantes et s’y laisse couler, semble-t-il pour jamais. Là où les enfants rient aux éclats et se chamaillent à qui mieux mieux, leur rejeton restera figé de peur de troubler l’onde. Celui qui assure qu’un Amiltha se fait force de ne jamais pleurer aura raison. Leurs larmes sont déversées à travers chaque pluie tombante et s’écoulent jusqu’aux racines du monde, si le soleil avide ne vient pas les reprendre. Dans l’eau, ils sont droits et solennels, fiers. Vrais. Au contact du liquide, le masque glisse. On pourrait les qualifier de beaux, et qui ne nierait pas leur paix apparente et leur joie, mais c’est la souffrance salvatrice sur leurs traits. La miséricorde empreinte dans la douleur. Les seuls moments où on retrouve chez eux une émotion semblable est lorsqu’ils chassent. Les Amiltha n’ont jamais mangé ce qui n’était pas mort de leur propre main, ou de celle de leurs parents. Ainsi vivaient-ils à Eraby, et ce depuis des générations, respectés, peut-être admirés… Et qui aurait pu aimer ces gens que l’on ne voyait que trop rarement et que l’on ne connaissait qu’à cause des racontars ? Il était de notoriété publique que les personnes les fréquentant étaient triées sur le volet, bien qu’ils ne puissent se dérober à l’obligation de rendre des comptes aux plus puissants qu’eux. Les Amiltha étaient un mythe fondé plus sur la légende que sur le pouvoir. Ils avaient beau être un joyau sur la couronne de la cité, ses rênes ne leur appartenaient pas.

Et l’Histoire s’en mêla, car les grands tombent toujours un jour ou l’autre. A cause des complots, des trahisons et diverses autres corruptions. La cité était trop belle et s’étendait trop, rubis éclatant, pour une caste tellement renfermée sur elle-même. Eraby ouvrit ses bras serties aux cupides et aux envieux qui s’y jetèrent comme un seul homme. Ils grattèrent jusqu’à la moindre pièce et saisirent toutes les occasions de s’enrichir. Ce n’était que le début d’un nouveau cycle. Des alliances se créèrent et la cité livra ses secrets les plus obscures aux plus offrants. La rumeur sous jacente d’êtres se dérobant à l’avancée du monde. Qui peut traiter de stupide l’homme qui craint ce qu’il ne connait pas ? Il y eut des querelles qui suivirent les premières provocations. Les armes furent tirées et le sang coula quelques fois. Bien fou est celui qui provoque un Amiltha en duel car ce dernier s’accomplit dans la mort qu’il apporte, et le chagrin n’est sa compagne qu’à de rares occasions suite à cela. Toutefois, l’affront ne fut pas oublié pour autant. C’est avec méfiance qu’ils mirent à arpenter les rues, sentant dans l’air le parfum d’un vent changeant. Leurs adversaires léchèrent leurs blessures et revinrent en nombre supérieur, les hautes instances à leur côté. A force de discours et de banquets, c’était sans mal qu’ils s’étaient attirés les faveurs de bien nombre de seigneurs et leur avaient fait entendre raison. Ceux qui se cloîtrent sont ceux qui se refusent à la communauté, malgré tous les loyaux services qu’ils aient pu rendre. Ce mode de vie n’est pas sain, ni favorable à la cité et à sa population, de surcroit quand ces gens tuent sans l’ombre d’une hésitation. Il y avait du vrai dans ces paroles. Trop fiers pour reconnaître leurs torts, les Amiltha refusèrent de négocier, et aucun d’entre eux ne s’en repentit. Par une nuit sans lune, leur résidence fut prise d’assaut et incendiée. Les membres de la famille qui ne périrent pas sous les flammes furent réunis face au choix : la mort ou l’exil. Avant que le soleil ne soit levé, ils foulaient le sable du désert, leurs maigres possessions entre les bras, quel que soit leur âge ou leur sexe. Les survivants commencèrent l’Errance avec le goût amer de l’injustice dans la bouche, la lance dans une main et tenant leur descendance dans l’autre. De longues années durant ils se frayèrent un chemin à travers les tempêtes du désert, les yeux brûlants. Les oasis et les cours d’eau qu’ils croisaient réussissaient à apaiser leur cœur, mais n’effaçaient pas le souvenir de leur esprit. La vengeance les fit s’accrocher férocement à la vie, et c’est grâce à elle que, de temps à autre, ils tendirent la main aux rejetés rejoignant leur cause. L’intimité qu’ils avaient instaurée entre eux était trop ancienne pour y laisser entrer des étrangers, cependant ils permirent à des errants d’agrandir leurs rangs, sans se mêler néanmoins véritablement à eux. Peu à peu, une tribu se forma. Le nom d’Amiltha fut chuchoté par-delà les dunes. Un peuple nomade aux pratiques étranges et aux rituels coutumiers, qui mangeait les cœurs de ses proies et faisait corps avec l’eau. Beaucoup perdirent le récit de leurs origines. Il n’y avait qu’au coin du feu, d’un seul feu, que la légende restait et que tous écoutaient, la blessure de la trahison ancrée dans l’âme sans l’avoir vécue.

« Leur lien avec la nature est profond et déroutant. Chez nous, on admire un nuage pour la brièveté de sa forme, tout comme la course d’un cheval ou le vol d’un oiseau. Une beauté inaccessible. Les peintres tentent d’en saisir toute la richesse d’un seul trait, sans réussite. Dans la tribu des Amiltha, ces bêtes immenses, tellement plus puissantes que les nôtres, sont leurs frères. Ils peuvent en soigner une un jour et en abattre une autre le lendemain. Le cœur du cadavre est réservé à celui qui l’a achevé, et tout le reste de la dépouille est utilisé d’une manière ou d’une autre. Assister à une de leurs chasses équivaut à assister à un de leurs rituels. D’eux émanent la soif du sang, le besoin primaire de puissance que l’on retrouve chez nous, pourtant, quand l’animal meurt, leurs yeux brillent étrangement et pas un cri de victoire ne s’élève. J’ai vu un homme pleurer sur le corps inerte d’un de ces félins doré aux crocs acérés. Il y a une gravité similaire en eux lorsqu’ils se baignent. Bien qu’ils n’aient pas l’air de souffrir véritablement, leurs visages prennent une expression indéchiffrable, comme si l’eau tout autour leur rappelait le souvenir douloureux d’un deuil récent. La sensation de perte est omniprésente dans leur culture et dans leurs rites. Toutefois, la raison m’en échappe, alors que j’ai l’impression de les comprendre un peu plus chaque jour. Lors d’une de mes leçons avec l’enfant, je lui ai demandé pourquoi leur croyance avait autant de souffrance en elle. Pour toute réponse, elle a saisi le couteau que nous utilisions auparavant et s’est entaillée la paume, me montrant ensuite les gouttes bleuâtres tombant de la coupure, comme si cela relevait de l’évidence même. »

Toute vie établie au creux du désert n’est jamais calme. Il y eut des affrontements dus autant à une menace intérieure qu’extérieure, et le sang des Amiltha souilla plus d’une fois les grains de sable, même si leurs adversaires furent deux fois plus massacrés. Ainsi, leur réputation se forgea d’abord grâce à leur violence, et ensuite grâce à leurs principes particuliers. Toutefois, les membres de cette famille ne suivirent pas tous le même chemin. Génération après génération, un nouveau chef était établi parmi eux, et cela pouvait créer des mécontentements se concluant sur un combat, la fuite ou l’exil. Si il advenait que les deux derniers cas surviennent, malheur à ceux qui avaient été reniés s’ils recroisaient la route de leurs pairs. Ils étaient alors vidés de leur sang purement et simplement. Une loi stipulait cependant que leurs enfants, qui avaient été élevés dans l’ignorance de leurs racines profondes, et qui n’avaient pas à subir les conséquences de la négligence de leurs géniteurs, devaient revenir parmi les leurs. Il leur appartiendrait plus tard de les quitter, même si cela signifiait se condamner à une mort certaine. Il y eut bien sûr également quelques révoltes de la part de ceux ayant rejoint la tribu, ou de leurs descendants, mais le sort qui leur fut réservé ne fut pas différent. Les guerriers Amiltha primaient sur tous les autres de par leur force et leur brutalité, s’attirant le respect de chacun, toute rébellion par les armes était donc rendue impossible. La corruption l’était encore plus, les premiers Amiltha chassés d’Eraby ayant mis un point d’honneur à reconquérir leur fortune via l’élevage, les jeux et la création d’objets en tous genres. Rassembler des gens venant des quatre coins du désert leur permit d’agrandir leur main d’œuvre et leurs marchandises. Dans les combats à mises à prix se trouvaient toujours au moins deux Amiltha, un pour terrasser ses adversaires et un autre pour faire augmenter les prix parmi la foule. C’est de cette manière qu’ils se firent une place dans le commerce et devinrent une tribu, certes de nomades, mais voyageant avec des possessions de qualité, jamais dans le besoin. Et tout ceci était dû au noyau central, aux premiers fondateurs, aussi était-il rare que l’on puisse soulever un réel groupe contre eux parmi les leurs. La stabilité de ce noyau perdura longtemps, peut-être trop, même si elle vacilla quelques fois, cela n’était que pour pencher de l’autre côté de la balance, et ceci sans cesse dans un rythme lent et régulier. Un seul élément aurait pu perturber le cycle, et comme tout chose finit par advenir dans ce monde, vint un jour où ce corps étranger pénétra la sphère protectrice que les Amiltha avait créée. Ce fut le jour où ils trouvèrent un homme perdu au sein du désert, affamé et assoiffé. Le cas en lui-même n’avait rien d’inhabituel, aussi le prirent-ils sous leur aile. Cet homme s’appelait Glenn Philleigh, et il venait d’Astès. Jeune érudit, son étude portait principalement sur la variance des cultures à travers le monde, les coutumes et les langages autres que ceux de son continent. Sa terre natale finit par lui paraître sans goût et sans saveur, aussi monta-t-il à bord d’un bateau en partance pour de lointaines contrées. C’était en 501 selon le calendrier d’Astès. Un an plus tard, après une courte escale au volcan de Pîa et une longue dérive ponctuée par plusieurs tempêtes, son navire échoua sur les côtes de Mîria. S’ensuivit une douloureuse errance dans le désert sans croiser âme qui vive. Sa rencontre avec les Amiltha fut une véritable chance, et ce serait mentir que de dire qu’il ne fut pas d’abord émerveillé par ce qu’ils étaient.

Les nomades, quant à eux, le prirent pour un simple exclu égaré et affamé, une poussière dans l’immensité de ceux qu’ils croisaient chaque jour. Glenn, plus mort que vif, fut confié à la famille des Karishma, aux membres assez nombreux pour veiller sur lui à tour de rôle. Sa léthargie dura trois jours. Puis il finit par ouvrir les yeux et demanda où il se trouvait. La tribu comprit alors. Un étranger au dialecte différent du leur venait d’échouer parmi eux. Désorientés, n’étaient-ils pas ces gens réputés pour vivre dans leur bulle, la crainte les fit s’écarter de lui, bien que l’on décidât de veiller sur l’homme jusqu’à son rétablissement. Sa présence devint toutefois bientôt sujet à controverse et engendra moult conflits que le chef des Amiltha dut résoudre. Par chance, le roi de l’époque savait imposer son autorité et user de sa force sans ménagement. Curieux du nouvel arrivant il fit le choix de le garder, et ce à moins que le concerné ne décide de repartir de lui-même. On observa donc l’animal avec un mélange de fascination et d’effroi, ainsi que beaucoup de mépris, il faut l’avouer. Cet homme avait une indifférence totale pour l’eau, ne savait rien faire de ses dix doigts et trouvait dégoûtant que l’on puisse absorber la vie de son ennemi en mangeant son cœur. Souvent, il s’asseyait et les contemplait tous, une expression indéchiffrable ancrée sur ses traits. Quelques uns finirent par aller le voir, poussés par la curiosité et aussi par la nécessité quand on manquait de bras pour telle ou telle tâche. Le dialogue avec lui était tout sauf chose aisée et, pendant longtemps, les deux parties communiquèrent grossièrement grâce à un langage des signes improvisé. Pourtant, on s’aperçut peu à peu qu’il se mettait à répéter chaque mot qu’il entendait et tentait de saisir sa signification. De même qu’il développa un grand intérêt pour les coutumes établies au sein de la petite communauté. A vrai dire, plus il maîtrisait la langue, plus il s’informait sur les rites. Toutefois une pudeur étrange s’emparait des membres de la tribu, car ils ne savaient pas s’il était bon d’entretenir un homme provenant d’un tout autre continent de leurs pratiques. Qui plus est, le roi, apprenant tout cela, fit venir Glenn jusqu’à lui et lui fit comprendre que leurs croyances, avant d’être comprises, devaient d’abord être exécutées. L’ancien érudit expliqua alors au souverain combien lui et les siens étaient intrigants à ses yeux, et lui proposa de partager sa propre culture avec lui. S’ensuivirent de longs entretiens qui se conclurent par un lien certain entre Glenn Philleigh et la famille des Amiltha. Iravan Amiltha, impressionné par le savoir émanant de cet homme venu d’autres contrées, finit par lui demander de prodiguer son savoir à la première de ses filles, seule de ses enfants en bonne santé. Yashna. La Lionne. Il aurait été rude de refuser, aussi Glenn se fit-il un devoir de passer une grande partie de ses journées avec la fillette à tenter de lui inculquer des notions que tout enfant de noble se devait de recevoir chez lui. Et puis, n’étant bon ni à la chasse ni à l’artisanat, à quoi d’autre aurait-il pu servir ?

« Suis-je juste inconscient ou au contraire plus raisonné que jamais ? Moi qui me suis rapproché d’eux pas à pas, usant de la délicatesse que l’on a envers un animal sauvage, afin d’être accepté. Simplement toléré. Je dois être le seul des miens à pouvoir se vanter d’avoir vécu leur quotidien, à avoir pu partager le tabamel de leur narguilé, à avoir pratiqué leurs cérémonies… Et quoi ? Je balaierais tout ça en un instant ? Ma logique me prouve à quel point ce serait insensé… Mon sens du devoir me rappelle mes responsabilités… Et il y a ces yeux, sombres comme la nuit, qui hantent mon cœur. Le parfum de la femme qui me suit. Dois-je abandonner la petite fille ? Laisser derrière moi des années d’attache, car je suis bien attaché à eux maintenant, et retourner dans ma patrie ? Je ne suis pas encore assez sot pour ignorer que rester ici serait un suicide pur et simple. Sauf si je suis les indications de l’autre et m’en remets à son ambition sans borne. La prudence devrait être la première de mes alliés, et voilà que je couche tout ceci sur le papier… Néanmoins une seule personne pourrait me lire et je sais avoir son entière confiance... Ah, pauvre folle. Pauvre petite qui pourrait me tuer d’un geste ou d’une parole. Moi qui viens d’un pays où les femmes sont insignifiantes, me voilà déchiré entre trois d’entre elles. Pauvre de moi. Pauvre de nous. »

Yashna Amiltha avait dix ans lorsque les pas de sa tribu rencontrèrent ceux de l’érudit Philleigh. Son attitude ne différa pas de celle de ses pairs, voire effleura le comportement extrême de certains, et elle le considéra tel un ver de terre. Fascinant par le nombre de différences entre eux deux, angoissant pour cette même raison mais, quoi qu’il en soit, insignifiant. Fait pour être écrasé par les siens. Son opinion ne changea d’abord que parce qu’elle fut confirmée par l’inutilité apparente de l’étranger. Ses mains tremblantes savaient à peine manier un arc et il était épuisé en une seule après-midi de marche à travers l’étendue désertique. Enfant protégée et adulée parmi les siens, elle se mit à le mépriser, elle qui savait faire tellement plus de choses que lui. Sa mère lui avait appris à respecter toute forme de vie, un des enseignements qui tissait les racines mêmes de leur culture, et Yashna trouvait son reflet dans chaque créature qu’elle croisait. Cependant, l’autre homme là, c’était autre chose. Dans l’esprit de la fillette, l’être humain était associé à la puissance, la grâce du port de l’arme, l’énergie du combat, la fusion avec l’eau. Cet homme n’avait rien de tout cela, et de ce fait ne répondait pas à sa définition du genre humain. Il n’était rien. Le père de Yashna lui avait insufflée la fierté, certes d’être une Amiltha, un membre de la tribu, mais aussi la simple fierté d’être. La fierté puisait sa source dans les efforts que l’on faisait pour s’accomplir, et à dix ans Yashna s’accomplissait déjà, lui semblait-il, beaucoup plus que Glenn. En effet, ses habilités au combat et à la chasse étaient telles qu’on l’appelait affectueusement « la Lionne », malgré son âge. Elle était, semblait-il, la seule des enfants Amiltha à s’accrocher férocement au sein de l’existence. Iravan tenait à ce que sa fille assiste à tout, apprenne tout, qu’elle soit en symbiose totale avec les siens. Une reine qui savait où elle allait et ce qu’elle avait à faire. Qui savait qui elle était. Voir quelqu’un qui n’avait pas cet orgueil là, que l’on observait pourtant même chez les animaux, c’était… Ne rien contempler. Yashna se détourna de Glenn et son intérêt pour lui ne fut rehausser que quelques mois plus tard. Elle avait entendu parler de tout ce qu’il avait fait pour être plus proches d’eux, comment il avait assimilé les bases de leur langue et arrivait à présent à converser assez aisément avec tout le monde. Prise comme elle était dans sa routine avec les siens, avec toujours quelque chose à faire, cela lui parut un détail sans importance. Au mieux se dit-elle qu’il avait finalement un bas instinct de survie. Puis elle le vit entrer de plus en plus au sein du cercle des intimes de son père, et finalement ce dernier ordonna à ce qu’elle passât un temps incroyablement long de ses journées avec lui. Quelle perte ! Les dents serrées, la princesse s’inclina devant l’autorité tout autant royale que paternelle. Plus tard, elle devait regretter ses pensées durant cette seconde d’humiliation, et reconnaître combien elle avait eu tort. Glenn Philleigh n’avait peut-être rien de commun avec elle, il possédait toutefois des connaissances sur un nombre impressionnant de sujets, auxquels elle n’accordait pas grande importance dans bien des cas, mais qui se révélaient instructifs. Yashna comprit très vite qu’il était inutile de débattre avec l’érudit de la futilité de certaines leçons, de un, parce qu’il avait réponse à tout, de deux, parce qu’il avait souvent raison. De plus, sans l’admettre, elle se mit à prendre plaisir à ces heures passées avec lui, et ce malgré les ricanements autour d’elle. Sa meilleure amie, en particulier, aimait à se moquer d’elle. Sadgati Karishma, dont la famille avait accueilli le voyageur lors de son arrivée, prétendait en savoir plus que n’importe qui sur lui et affirmait que ses intentions envers l’héritière des Amiltha étaient tout sauf pures. Yashna avait beau lui répliquer vertement que Glenn ne s’intéressait qu’au savoir, l’éclat dans les yeux de chat n’en brillait que plus.

Ce n’était qu’une ignorante, finit-elle par conclure, et ce bien qu’elle estimât la jeune fille. Après maintenant quelques années à recevoir son instruction, elle voyait l’expression de Glenn quand ils discutaient ensemble de leurs racines et de leurs cultures, une expression qu’elle n’avait jamais vue ailleurs que durant ces instants-là. Elle avait fini par comprendre à quel point elle et ses frères représentaient un mystère tout entier pour lui, et comment aurait-il pu en être autrement quand il en était de même en ce qui la concernait ? Ce qu’elle avait d’abord appris par obligation, elle l’écoutait maintenant avec intérêt, posant des questions, cherchant à découvrir cette terre que son pied n’avait jamais foulé. Elle devinait également pourquoi son géniteur avait choisi cet enseignant pour elle. D’abord, pour toutes les leçons pratiques qu’avait Glenn à lui promulguer, comme le calcul, plus élaboré que celui de son peuple, les plantes, qu’il savait mieux manipuler qu’eux, la stratégie, sous une autre forme que celle enseignée par son père, et les horizons par-delà Mîria. C’est ce qui venait ensuite, et ce qui se mit à primer alors qu’elle gagnait en années. En observant l’histoire du pays de l’étranger, elle tirait ses propres conclusions, découvrait que le pouvoir n’était pas chose acquise et pouvait s’obtenir par la ruse et par la force. Les anciens puissants d’Astès lui firent découvrir la manipulation à travers leurs actes et leur passé. Le jeu des apparences. Partagée entre orgueil et sagesse, admettre qu’elle prenait goût à ces joutes colorées lui fut difficile. Glenn ne faisait rien contre ce penchant. Quand ils affrontaient leur point de vue sur un aspect de l’existence, alternant leurs deux dialectes, elle devait se forcer à penser comme lui afin de mieux le comprendre et donc de mieux le réfuter. Réfléchir comme l’un des siens. Ainsi, même s’ils n’approuvaient pas l’opinion de l’autre, ils finissaient toujours au moins par en saisir les fondements. Cela dura longtemps. Neuf longues années. Neuf années durant lesquelles la première fille d’Iravan et Namita Amiltha vit mourir ses frères et sœurs à la naissance, ou bien trop peu vivre à son goût. On commençait à murmurer sur ses pas que sa famille si particulière déclinait peu à peu. Ce fut Sadgati qui formula à voix haute ce qui n’était encore qu’une rumeur :

Ta lignée s’éteindra avec toi.

Cette parole fataliste jeta l’héritière dans la plus grande des fureurs et, en un plongeon, elle fut sur la jeune fille, écrasant ses côtes, l’étau de ses doigts contre sa trachée, la forçant à lui demander pardon. Elle réalisa la violence de son geste seulement après et partit chercher refuge vers l’unique personne dont elle ne craignait pas le jugement. Malheureusement, Glenn ne fut d’aucun secours et la considéra avec ce même air qu’il affichait lorsqu’elle lui parlait d’une de leurs traditions qu’il trouvait hideuse et inimaginable, comme manger le cœur de son adversaire, par exemple. Elle se prit à s’énerver sur lui comme sur Sadgati, et sûrement pire. Des insultes fusèrent, qui trouvèrent réponses, ces réponses si intelligemment formulées qui venaient de lui et qu’elle détestait tant. Ce brillant esprit, tant imbus de lui-même, sûr de tout connaître, mais au fond, qu’était-il ? Il prétendait savoir, ce n’était que grâce à elle, et savoir ne signifiait pas vivre. Il avait voulu faire partie de sa meute, mais ce n’était que pour dérober leurs connaissances, les analyser comme ses précieux calculs. Il voulait comprendre leur vision du monde sans jamais oser s’y laisser glisser. Lâche. Sa foi était ancrée en elle jusque dans ses os, et rien n’aurait su lui retirer, pas même les bons préceptes plein de bon sens de cet homme. Il ne faisait que fixer, inerte dans l’univers. Il n’était rien. Il était hors du cycle. Hors de tout. Abjecte créature. C’est pleine d’amertume que Yashna laissa la nuit jeter son manteau sur elle ce soir-là. Les semaines qui suivirent, elle ne supporta pas de se retrouver en présence de Glenn ou de Sadgati, bien que celle-ci lui ait dit en souriant qu’elle lui avait pardonné. L’atmosphère qui englobait les Amitltha était lourde et les regards plein de sous-entendus, aussi Yashna préféra-t-elle s’écarter de tout ce qui pouvait parler avec des mots. Bien mal lui en prit. Son père exigea sa présence lors d’un rassemblement familial où fut enfin abordé le problème inavoué depuis déjà trop longtemps. Les Amiltha restèrent regroupés à l’intérieur de la tente royale pendant des heures. Après quoi, la princesse fut la première à en sortir. Son regard croisa celui, impatient, de Glenn qui se tenait non loin de là. Il ne l’appela qu’une fois. Elle ne se retourna pas et marcha, pleine de dignité, vers Sadgati qui lui faisait de grands signes. Au fur et à mesure que Yashna lui rapporta les propos qui s’étaient tenus durant l’assemblée, son amie lui parut de plus en plus confuse et incertaine. Celle-ci la considéra longuement, et celle dont le nom signifiait « prière » sut qu’elle attendait qu’elle ajoute quelque chose. Elle lâcha donc d’une voix douce :

Je suis fière que l’on m’unisse avec l’homme que je respecte le plus au monde.

Il lui sembla ensuite que Sadgati fixait un point lointain, droit devant elle. Mais finalement celle-ci acquiesça, reporta son attention sur elle et lui sourit. Quelques minutes pus tard, elle se leva, lui souhaita la bonne nuit et partit en direction de sa tente. Yashna se mit alors à contempler la voûte étoilée, une sensation étrange au creux de la gorge, avec la désagréable impression d’être minuscule et impuissante. Elle resta là, sur le sable, insensible au froid. Les morts ne sentent pas le froid, n’est-ce pas ? Les morts faisaient partie du cycle, tout comme elle. Oui, elle faisait partie du cercle. Alors, tout était parfait.

De son côté, Sadgati Karishma s’était glissée derrière la tente où dormaient les siens et s’en écartait à présent, marchant vers le nord. A une cinquantaine de pas de l’établissement de son peuple, éclairés par la seule lumière de la lune, se tenaient l’étranger survenu depuis maintenant neuf ans parmi eux et, près de lui, la mère de celle dont elle avait été la meilleure amie. Namita Amiltha. Bientôt ancienne reine de la tribu si l’on en croyait la décision de son actuel dirigeant. La jeune fille offrit un large sourire aux deux personnes qu’elle tenait au creux de sa main depuis quelques années déjà. Depuis que son regard avait entraperçu leurs deux silhouettes enlacées dans une ombre qu’ils avaient crues sûre et sans danger. Le triomphe du moment revenant, elle ne put s’empêcher de cracher à la femme en face d’elle :

Votre famille est d’une répugnance à nulle autre pareille. Je croyais votre amour pour elle grand et vous la laisser s’unir à son propre père !

Si c’était le cas, serais-je là ?

Non. Non, bien sûr… Et vous non plus, n’est-ce pas ?

Comme si cela résultait d’un choix…

Bien sûr que oui. Je ne fais qu’exprimer votre souhait le plus profond. Le souhait d’une femme qui n’a jamais supporté qu’on la ramène dans la famille qu’elle et son frère avaient fuie… J'ai entendu les rumeurs. C’est pour ça qu’elle vous l’avez gardée, hein ? Vous croyez qu’elle est de lui ? Vous dites l’aimer, pourtant quelle mère tue ses propres enfants ?

Cesse ! De quel droit l’insultes-tu ? Elle ne t’a rien fait !

N’agissez pas comme si vous étiez mieux que moi. Si vous êtes là ce soir c’est plus parce que cette union vous répugne que par amour pour elle.

Silence, langue de vipère. Finissons-en.

Oui. Vous l’avez ?

La main de l’érudit alla fouiller dans sa poche pour en extraire un flacon au liquide ambré qu’il tendit à son amante. Namita le prit, non sans qu’un frisson vienne lui parcourir l’échine. Tous trois savaient cette solution préférable à un bain de sang au cœur de la famille royale. Cela épargnerait des vies. Les leurs surtout. Cela épargnerait les tendres illusions de Yashna. Aucun d’eux ne pouvait se permettre un meurtre dans les cris et les larmes de toute façon. C’est pourquoi Glenn et Sadgati regardèrent Namita repartir vers le campement et attendirent avant d’y retourner à leur tour, l’un après l’autre. Aux premières lueurs de l’aube, Yashna ouvrit les yeux peu après le cri d’horreur que poussa sa mère. Les larmes qu’elle versa sur la dépouille de son père étaient sincères et le vide dans sa poitrine bien réel. Ce n’est qu’ensuite qu’elle se demanda si son chagrin aurait été le même s’il l’avait possédée, mais en cet instant elle n’était qu’une petite fille souffrant de la mort de celui qui l’avait élevée depuis sa naissance. En se redressant, son regard se porta sur toutes les personnes assemblées autour du défunt roi et elle constata combien ils étaient peu à porter la marque des Amiltha. Une dizaine tout au plus. Ses yeux rencontrèrent ceux de sa meilleure amie et quelque chose se déchira en elle. Les mots qu’elle prononça ce jour-là, il n’y a qu’au silence qu’elle daignât les adresser. Le corps d’Iravan Amiltha fut béni avec l’eau de l’oasis la plus proche où elle et les siens s’étaient baignés auparavant. Elle fut la dernière à en sortir. Pourtant elle ne s’en sentait pas plus propre, ni plus unie au reste du monde. Ils brûlèrent ensuite la dépouille et recueillirent jusqu’à la moindre de ses cendres à l’intérieur d’un canthare. Chacun y mit les doigts et, les ressortant, les laissa courir sur sa peau à divers endroits, en arabesques et autres courbes. C’est le deuil ainsi inscrit sur leur visage et leurs membres qu’ils parcoururent le désert et y répandirent les cendres de leur ancien roi. La fin du cycle. Le début d’un nouveau. Pendant des jours, Yashna se laissa porter par sa monture de point en point. Glenn vint lui parler. Ses mots glissèrent sur elle comme sur la mer. Entièrement tournée vers ses pensées incessantes, elle se répétait les mots de Sadgati comme une litanie. Sa lignée vivait ses derniers souffles de vie. La flamme vive avant les ténèbres. Son sang allait disparaître pour toujours et elle, dernière entre tous, n’aurait rien fait contre cela. Une semaine après la mort du roi, elle alla trouver Glenn et prit place auprès de lui.

Parlez-moi du plus grand de tous les hommes en votre peuple. Racontez-moi.

Ainsi, Glenn lui conta une nouvelle fois l’histoire de Lirk Oss. Cependant, la princesse le contempla comme si elle l’entendait pour la première fois. Consciente qu’il lui parlait non pas là d’un mythe, mais d’un homme fait de chair et de sang. Sa décision ne fut pas longue à prendre, et si quelques uns la désapprouvèrent, quelle autorité avaient-ils sur elle face à celle qu’avait été son père ? Les arguments de Glenn en main, elle fit tomber toutes leurs contestations les unes après les autres.

Menez-moi sur votre territoire. Je veux le voir.

Ils s’inclinèrent. La promesse fut faite qu’elle reviendrait avec l’alliance de Lirk Oss et sa descendance. Les rênes du pouvoir furent remises entre les mains de Namita Amiltha et les adieux faits en grandes pompes. La joyeuse Sadgati fit honneur à son amie en n’exhibant aucune peine et en la supportant pleinement dans sa décision. C’est avec affection qu’elle prit ses mains dans les siennes et lui assura de veiller au bien-être de Namita. Le lendemain, Glenn et Yashna partirent pour la capitale où ils embarquèrent à bord d’un bateau en route pour le continent d’Astès. Six mois plus tard, ils en voyaient la côte.

Divers :

Tout lien est possible et négociable avec mon personnage. Le background de la tribu d’où Yashna provient l’est tout autant et a même été créé dans ce dessein. Il suffit juste de me contacter par MP pour établir un lien ou si un point reste incertain quant à l’histoire de la tribu.

En ce qui concerne l’histoire de mon personnage, ou plus particulièrement celle des proches autour d’elle :

Iravan et Namita Amiltha
Par rapport à la parenté, Iravan est l’oncle de Namita. Les parents de celle-ci (également liés par le sang) sont partis de la tribu alors qu’elle-même et son frère étaient encore très jeunes. Plus tard, la meute a de nouveau croisé leur chemin et les parents de Namita ont été exécutés, ainsi que son frère qui a voulu combattre Iravan, en vain. Namita a été mariée à son oncle, sans lui dire qu’elle avait déjà couché avec son frère. La paternité de Yashna reste donc incertaine, celle-ci étant né peu de temps après le mariage. Il est néanmoins possible qu’elle soit le fruit de l’union de Namita et de son frère. C’est pourquoi Namita la chérit véritablement et a fait en sorte que tous ses autres enfants, eux nés de son union avec Iravan, ne voient pas le jour ou décèdent d’une manière ou d’une autre.


Sadgati Karishma
Sadgati est d’abord ambitieuse et veut d’abord le pouvoir pour elle-même. Meilleure amie de Yashna quand elles étaient petites, elle a cultivé une grande jalouse envers elle à cause de ses privilèges. Les privilèges de Yashna n’étant dus qu’à sa famille, Sadgati a très vite compris que le seul moyen de devenir quelqu’un d’important dans sa tribu était de rompre la chaîne de cette monarchie. Elle aurait pu rester amie avec Yashna et bénéficier de ses faveurs, après tout dans l’esprit de Yashna elles sont toujours liées tendrement, mais, plus son arrogance, c’est la soumission humiliante de tous ceux qui ne sont pas Amiltha au sein de la tribu qui la révulse. Ce qui n’était qu’un rêve fantasque s’est vu devenir réalité quand elle a découvert la relation de Namita et de Glenn. Ses projets marchent de concert avec la première. Sadgati s’est en effet rendue compte que le nombre des Amiltha allait en s’amenuisant au fil des générations, de même que le nombre des leurs aptes à régner, les autres étant atteints d’étranges maladies. Son unique projet a été d’empêcher Yashna de se reproduire avec l’un des siens. Le départ de la princesse est tout à son avantage.

En ce qui concerne les croyances des Amiltha, leur relation avec l’eau
J’ai choisi de développer ce point qui reste assez obscur tout au long de la fiche. Si vous ne l’avez pas compris : les Amiltha, le « noyau » de la tribu, se reproduisent entre eux (c’est pourquoi Namita ne tenait absolument pas à ce que Sadgati révèle sa relation avec Glenn et a préféré empoisonner Iravan, ce qui ne lui a pas déplut de toute façon). Ils estiment que leur sang est le plus pur et donne les meilleurs guerriers. Ils pensent être plus proches de la nature que n’importe qui, car la couleur de leur sang est la même que celle de l’eau, ce qui explique le lien privilégié qu’ils entretiennent avec elle. Toutefois, dans les fondements de cette croyance se cache une grande honte. Peut-être les ancêtres des Amiltha avaient-ils conscience de commettre un péché en ayant des rapports les uns avec les autres, car entrer dans l’eau, en plus de s’unir à elle, faire corps avec la nature à travers elle, c’est surtout se purifier. Enlever ce péché en eux. Le culte des Amiltha nourrit ce besoin d’enlever la souillure, d’être pur et fier. Droits. L’eau fait partie intégrante de ce qu’ils appellent « le cycle » ou « le cercle », car tous les êtres vivants ont besoin d’eau pour survivre. Ils bénissent leurs morts avec de l’eau dans laquelle ils se sont baignés, faisant ainsi en sorte que les défunts restent dans le cycle. Puis ils les brûlent et utilisent leurs cendres pour tracer des symboles sur leur corps avant de les disperser dans l’étendue désertique. Ils s’imprègnent comme cela de l’essence de ceux qui ont disparu, mais l’eau sert de lien dans ce rituel. Les parents de Namita ont d’ailleurs quitté la tribu à cause de la notion de souillure reliée à l’élément aquatique. L’amour entre eux était véritable, et ils estimaient ne pas avoir à s’en laver.



Crédits:

Avatar : Indian Dancer by Ongaro


Dernière édition par Yashna Amiltha le Ven 7 Oct - 12:52 (2011); édité 4 fois
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MessagePosté le: Ven 30 Sep - 00:31 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Yashna Amiltha
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MessagePosté le: Ven 30 Sep - 00:32 (2011)    Sujet du message: Yashna Amiltha Répondre en citant

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Aanté
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MessagePosté le: Dim 2 Oct - 18:56 (2011)    Sujet du message: Yashna Amiltha Répondre en citant

Bonjour et bienvenue sur Osh!

J'ai enfin pu découvrir votre personnage et j'en suis enchantée. L'histoire autour de votre femme est fascinante et la culture de ce peuple tout autant. Je n'ai rien à redire dans la construction de fiche, le personnage me semble parfaitement assimilé et je me réjouis qu'une autre ravissante plume se joigne à nous!

J'aurais néanmoins un petit point à relever: Dans le culte de l'eau, pour les funérailles, vous dites que les corps sont immergés, coulés? Car si j'entends les sonorités proche d'un peuple d'Inde, je dois signifier qu'un corps peut être béni par de l'eau (comme le Gange), porté mais il est "forcément" brûlé par simple question d'hygiène (je ne rentre pas dans la symbolique religieuse où vous pourriez faire tout ce que vous voulez ) Je m'explique: dans le désert, l'eau est extrêmement précieuse, une oasis est donc un puits de vie et un corps qui se décompose dans l'eau "pollue" par ses bactéries... Alors un corps par-ci par-là ce ne doit pas être nocif (je ne suis pas biologiste) mais même si on le lie à une pierre (pour pas qu'il remonte et que l'étendu d'eau reste esthétique) le corps risque de contaminer la source... Je vous conseille donc de faire comme tant de peuples du monde: brûlez-les d'abord avant de laisser les cendres se disperser (oui j'ai un sens pratique particulier).

Pour votre caste, les aptitudes variées de votre personnage ne définissent effectivement pas un secteur d'activité. Pour moi, pour l'heure, elle est en voyage, c'est une étrangère en transit (même si de haute lignée). La noblesse des autres terres n'est absolument pas reconnue sur Astès, de leur point de vue, vous êtes une étrangère, une errante. Surtout que vous n'avez pas de missions en tant qu'exploratrice auprès du Collège, ni de mission de diplomatie - militaire -, ni d'intention commerciales - négoce. Je pencherai donc pour la caste des errants mais nous allons nous consulter avec ma consoeur sur ce point.
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Yashna Amiltha
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MessagePosté le: Mar 4 Oct - 22:33 (2011)    Sujet du message: Yashna Amiltha Répondre en citant

Je vous remercie de votre accueil et de vos commentaires qui m'ont donné des informations très intéressantes. Je n'avais en effet pas pris en compte la rareté de l'eau et le fait qu'elle puisse être polluée par cette pratique. J'ai donc légèrement modifié cette dernière dans l'histoire et la catégorie "divers" :

Citation:
. Le corps d’Iravan Amiltha fut béni avec l’eau de l’oasis la plus proche où elle et les siens s’étaient baignés auparavant. Elle fut la dernière à en sortir. Pourtant elle ne s’en sentait pas plus propre, ni plus unie au reste du monde. Ils brûlèrent ensuite la dépouille et recueillirent jusqu’à la moindre de ses cendres à l’intérieur d’un canthare. Chacun y mit les doigts et, les ressortant, les laissa courir sur sa peau à divers endroits, en arabesques et autres courbes. C’est le deuil ainsi inscrit sur leur visage et leurs membres qu’ils parcoururent le désert et y répandirent les cendres de leur ancien roi. La fin du cycle. Le début d’un nouveau.


Citation:
Ils bénissent leurs morts avec de l’eau dans laquelle ils se sont baignés, faisant ainsi en sorte que les défunts restent dans le cycle. Puis ils les brûlent et utilisent leurs cendres pour tracer des symboles sur leur corps avant de les disperser dans l’étendue désertique. Ils s’imprègnent comme cela de l’essence de ceux qui ont disparu, mais l’eau sert de lien dans ce rituel.


En ce qui concerne son secteur d'activité cela ne pose aucun soucis qu'elle soit errante, je me plierai à la décision que vous aurez prise votre consoeur et vous.
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Dafodile
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MessagePosté le: Jeu 6 Oct - 21:52 (2011)    Sujet du message: Yashna Amiltha Répondre en citant

Bonjour Yashna ! Soyez la bienvenue sur Osh !

Une fiche un peu longuette pour certains, mais pas pour moi : si la fin est plus active, il est vrai, le début en forme toute la base.
Et justement, j'ai beaucoup apprécié la culture de votre peuple -et nous allons pouvoir ajouter les connaissances de Glenn sur celui ci à la bibliothèque et à Mîria par ailleurs- et son histoire ! Les débuts de Yashna sur les terres d’Astès vont surement être fort intéressants.

Comme ma consœur, je songe que vous devriez être errante pour l'instant. Peut être que, si Glenn arrive à contacter son mécène au collège, pourriez vous obtenir un autre statut : tout peut évoluer après tout.

Je valide pour ma part votre fiche : les deux modifications que vous avez effectuées suite à la demande de Aanté me conviennent.
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Aanté
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MessagePosté le: Ven 7 Oct - 10:46 (2011)    Sujet du message: Yashna Amiltha Répondre en citant

Bienvenue parmi nous et bon jeu!
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Yashna Amiltha
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MessagePosté le: Ven 7 Oct - 12:53 (2011)    Sujet du message: Yashna Amiltha Répondre en citant

Merci beaucoup !

J'ai modifié le secteur d'activité pour y indiquer que Yashna est donc errante.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:55 (2017)    Sujet du message: Yashna Amiltha

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