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:: Au marché, une affaire de justice. ::

 
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Eclat Divin
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MessagePosté le: Mar 10 Mai - 11:38 (2011)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant

Les journées de marché mettaient la ville en ébullition. Depuis le levé du soleil les étals se rependaient sur les pavés de façon organisée. Presque tous les commerçants avaient l’autorisation de s’installer en échange de quelques pièces de plus à l'impôt. Les autres, tentaient d’interpeller les clients dans la cohue générale pour qu’ils viennent jusque dans leur boutique sous les jurons des concurrents désabusés. Mais telle était la loi du commerce et rares au final, étaient les passants qui suivaient les parias du système. Ainsi, les senteurs se mêlaient aux couleurs et on y trouvait même quelques trésors des plus lointaines contrées. Le marché d’Elis rayonnait dans tout le pays et ce n'était pas un hasard.

Ce matin-ci, le ciel était plutôt clair. Il était encore tôt mais un vagabond attrapa une pomme dans le panier d’une Dame et la glissa dans sa poche. La Dame ne s’en aperçut pas et personne ne la pria de s’arrêter pourtant, un artisan tanneur attrapa le morveux par le poignet et le hissa en ne levant qu’un seul bras.

-Un voleur ! Je l’ai vu !

-Non m’sieur !! Non m’sieur !!

Mais déjà la foule s’écartait pour isoler les deux protagonistes. Personne ne semblait ému par le petit minois crasseux du gamin et ses intonations larmoyantes, à la voix brisée.

-On veut pas de ça nous ! Qu’est-ce que t’as volé d’autres hein ?

L’homme agita les linges du garçon et plusieurs fruits tombèrent au sol ainsi que plusieurs sablés. Les petits hoquets d’indignation pointaient en direction de la vermine qui avait été attrapée et certains suggéraient déjà de lui couper la main. Il n’était pas un temps très agréable pour les chapardeurs mais heureusement pour lui, la loi interdisait aux hommes de se rendre justice seuls et on appela la garde pour qu’elle récupère le vaurien. Le spectacle plaisait toujours et les négociants trouvaient qu'il était important de faire régner l'ordre parmi leurs clients. On ne pouvait pas faire de bonnes affaires si chacun guettait de trop près sa bourse!

Doucement, le rythme du marché reprit. Le voleur avait été conduit au pilori trop grand pour lui le temps qu’on veuille bien le faire libérer. C’était une animation comme une autre et quelques paysans vendaient même des œufs gâtés pour que les gens puissent se distraire. Le tanneur n’étant pas le commerçant volé, il ne ressentit pas le besoin de faire appeler un juge érudit -de toute façon, ils étaient plus fainéants qu'autre chose- et il n'avait pas non plus envie de croiser un noble en mal de reconnaissance, qui aurait l'idée farfelue de prendre la responsabilité du pouilleux pour lui empêcher qu'on l'inquiète. Il retourna alors satisfait à son atelier et à ses affaires. Après tout, cela faisait un mendiant de moins en liberté ! La garde avait reprit son tour, appréciant les derrières des jolies servantes et reconduisaient parfois les errants qui puaient un peu trop.


Edit & précisions : Les nobles sont au dessus des lois mais non juges. Les juges sont des érudits.
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MessagePosté le: Mar 10 Mai - 11:38 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Shiina Sivir
Petite renommée

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MessagePosté le: Mer 11 Mai - 12:19 (2011)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant

Shiina s'affairait à son stand de pâtisseries depuis l'aurore. Les affaires marchaient plutôt bien et de nombreux clients affamés et fatigués par leurs achats s'arrêtaient pour lui acheter des douceurs. Ces délicieux sablés rencontraient comme toujours un vif succès et la jeune femme voyait avec plaisir la caisse se remplir peu à peu. Aidés de quelques apprentis elle haranguait les passants, ciblant les femmes avec des enfants et les hommes à la large panse. Gourmets, gourmands et amateurs de bonne chair faisait son bonheur.

C'est alors que l'artisan tanneur attrapa sans ménagement le jeune et maladroit voleur. Très rapidement, une foule de badauds s'attroupa autour du scandale. Shiina ne voyait pas ce qu'il s'y passait et s'en désintéressait complètement : les affaires avant tout! Au mieux percevait-elle les rumeurs de la foule et quelques bribes de remarques lui parvenait. Inconsciemment elle tendit l'oreille lorsque le tanneur procéda à son inspection de fouille. Des pommes? Une noble volée? Shiina ne put s'empêcher de sourire : la caste des Nobles l'insupportait au plus haut point et chaque mésaventure qui en concernait un de près ou de loin flattait son ego.


-Bah... Une pomme de perdue... Encore un nobliau qui ne va même pas s'apercevoir de sa perte. Et ça lui apprendra à être plus attentive!

Mais une nouvelle rumeur lui parvint alors. Le butin du voleur venait de se répandre sur le sol. Des sablés? Shiina s'arrêta de travailler sous le choc de la nouvelle. La perte de quelques sablés était insignifiante sur le plan strictement comptable et il était possible (bien que très improbable) qu'un autre marchand vende des sablés : elle n'était pas la seule pâtissière d'Elis quand même! Mais le vol sur un étal avait des conséquences désastreuses sur la réputation d'un marchand, celui-ci étant dés lors vu comme incapable de tenir et de surveiller correctement un stand. Qui plus est si le voleur se fait prendre (l'habileté du voleur étant grandement vu à la baisse tout comme la compétence du marchand volé).

Furieuse contre elle même, Shiina se tourna vers ses apprentis.


-Toi! Surveille l'étal j'ai une affaire à régler! Et gare à toi s'il manque la moindre pièce à mon retour! Ou si le rendement a baissé!

En fendant la foule compacte, Shiina ruminait. Le vol était un des crimes les plus vils dans la contrée des Lacs Gelés, les gens avaient si peu que voler revenait presque à les démunir de tout. Les Amlingens étaient pourtant des gens généreux, n'hésitant pas à accueillir un étranger sous leurs toits et à lui offrir de quoi manger. Shiina n'y faisait exception, elle donnait son stock invendable aux mendiants et aux gamins des rues (c'était toujours mieux que de les jeter). Mais être volé la rendait furieuse. Elle imaginait déjà les quolibets machistes et dégradants sur son incapacité à tenir un commerce de manière convenable. Les haussements d'épaule s'accompagneraient de remarques condescendantes et ça elle ne le supportait pas.

Malheureusement pour elle, l'évènement avait attiré beaucoup de monde et la jeune femme arriva sur les lieux alors que la garde avait d'ores et déjà mis au pilori l'infortuné voleur. Shiina inspecta rapidement (sans en donner l'air, afin de ne pas éveiller les soupçons) les sablés écrasés sur le sol. C'était les siens, à n'en point douter. Si elle était arrivé à temps elle aurait pu tenter un magnifique coup de bluff (comme faire croire qu'elle connaissait ce petit vaurien). Mais maintenant il était trop tard. Shiina rechignait a faire subir plus de malheurs à ce voleur en herbe qui ne cherchait qu'à se nourrir, mais devant l'urgence de la situation elle dût se résoudre à agir.

Elle s'approcha du pilori et attendit que les badauds se désintéressent du vaurien. Elle s'approcha du garçon et se mit en face de lui à pratiquement deux mètres.  D'un ton calme et neutre elle s'adressa à lui.


-Tu m'as volé. Quand les gardes reviendront pour te détacher je leur demanderai de t'infliger une punition exemplaire. Une main coupé, les galères, la prison ou l'esclavage : peu m'importe. Entre ma réputation et ta vie... Mon choix est fait.
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"Vous autres les Aolias vous ne vous battez que pour de l'argent! Nous, nous nous battons pour l'honneur."
"On se bat toujours pour obtenir ce que l'on n'a pas, pas vrai?"
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Ráichéal Aingeal
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MessagePosté le: Mar 17 Mai - 01:17 (2011)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant

Le marché battait son plein. Partout des bruits, des couleurs, des rires et des cris. C’était une fête quotidienne, rythmée par ses habitudes et ses habitués. Les mendiants et les voleurs n’en étaient pas exclus. Partout, la richesse attire la misère et inversement. Cela faisait partie du jeu de surveiller bourses et étals quand on faisait partie de la première catégorie, tout comme de les dérober quand on entrait dans la seconde. Jamais la garde n’avait réussi à éliminer totalement ce genre de comportement. Tout au plus arrivait-elle à le maintenir dans les limites du raisonnable.

Ce jour là ne faisait pas exception et de nombreuses scènes d’arrestation ponctuaient l’après-midi de Raichéal. Souvent des enfants, parfois des vieillards, toujours crasseux et minces au point de briser le cœur sensible de la jeune femme. Mais Ristéard l’avait prévenue. Elle ne pouvait pas donner à l’un sans donner à tous, ce ne serait pas drôle. Et ce faisant, elle encouragerait certains d’entre eux dans la voie du vice et de l’insolence ce qui était très mauvais pour les nations. Quelque soit le niveau de vie, il s’en trouvait toujours pour vivre de la culpabilité d’autrui. Tout comme il y avait toujours une classe plus riche et une autre qui l’était moins. C’était injuste mais c’était ainsi. Le mieux qu’elle pouvait faire, c’était de devenir dirigeante et travailler à donner des emplois à tous ceux qui seraient prêt à faire des efforts. Ou, plus ponctuellement, aider un malheureux à prouver son envie de trouver à nouveau sa place dans la société. Mais même cela n’était pas si facile. Ce n’était pas parce que l’on était au dessus des lois qu’on avait le droit de les enfreindre ou que l’on pouvait imposer sa volonté aux autres.

Pourtant, cette arrestation là lui faisait plus de mal que les autres. Peut-être le gamin était-il un poil plus maigre ou le ressentiment des marchands trop forcé, ou le principe même de la dénonciation par un commerçant n’ayant pas été lésé lui faisait froid dans le dos mais elle se sentait prise de sympathie pour le petit tout sale. Probablement un vieil esprit de contradiction ainsi qu’une légère admiration teintée d’amusement devant son aplomb, peut-être était-elle simplement émotive ce-jour-là, elle ne savait pas mais elle se devait de faire quelque chose.

Presque malgré elle, elle avait abandonné la jolie fistule argentée qu’elle lorgnait pour suivre la scène. La chute des sablés et des fruits ébranla un peu la conviction qu’elle s’était formée de l’innocence du petit mais elle continua toutefois à suivre la foule curieuse jusqu’à un pilori vingt fois trop grand pour le gamin.

Sans cruauté excessive, les gardes l’y enfermèrent et tout le monde reparti à ses occupations premières. Personne n’avait pensé à aller chercher un juge ou un érudit. Pourquoi faire, se disaient les plus miséricordieux, il était coupable et risquait de perdre sa main. Il n’y avait aucune raison de rappeler ce détail aux sanguinaires marchands.

Elle en était là de ses réflexions quand une jeune femme se mit à parler toute seule. En y réfléchissant bien, Ráichéal se souvint l'avoir vu tout le long de la procession. Elle avait l'air neutre, froide, méprisante. Un vieux cœur dans la peau d'une jeune fille, voila ce qu'elle était. Le visage de la jeune noble se durcit. Elle ne supportait pas ceux qui attendaient d'être en sécurité pour se moquer de plus faible qu'eux. Elle trouvait ça d'une lâcheté sans nom.

"Ce qui prouve bien le peu de cas que vous faites de votre réputation."

Elle haussa les épaules. La vie de l'enfant ne valait pas grand-chose dans ces conditions. Elle étouffa un soupir, regarda autour d'elle et éleva la voix, se drapant dans sa dignité pour ne pas penser à ce qu'elle allait faire.

"Pourquoi mon serviteur est-il arrêté je vous prie ? J'exige qu'on le relâche immédiatement et que l'on m'explique les raisons de son arrestation."

Il y avait toujours un risque pour que l'autre l'ait remarquée plus tôt et comprenne son manège mais elle se sentait à la hauteur d'un tel affrontement. Une seule chose la gênait dans tout ça. C'était d'avoir à expliquer à Ristéard comment elle s'était retrouvée à devoir engager un mendiant. Lequel elle n'avait pas de quoi payer qui plus était…
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Shiina Sivir
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MessagePosté le: Mar 17 Mai - 13:34 (2011)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant

L'almline avait clairement entendu la réflexion désobligeante. Elle se retourna lentement pour voir qui avait parlé.

Une noble... Jeune de surcroît. Shiina ne put empêcher de se prendre les tempes avec sa main. Plutôt belle, sans trop de fard, la jeune et blonde femme la regardait avec un mépris affiché et ostensible.

Elle murmura :


-Pas si différente des autres...

Ses a priori sur les nobles commençaient à revenir au galop. Shiina avait eu droit à de nombreuses remarques, brimades et autres tracasseries lorsqu'elle s'était installé ici. Et la plupart venait des nobles des Hauts Quartiers qui n'avaient pas appréciés qu'une roturière s'installe près d'eux. L'ostracisme de ces vieux croulants l'avait considérablement touché. Au point d'en devenir insensible?

Elle regarda le voleur. Elle avait fait trop de sacrifices, parcouru trop de lieues pour finalement tout perdre ici.

C'est alors que la jeune noble s'exprima. Son serviteur? Shiina compara rapidement la maîtresse et son prétendu valet. Un gamin aussi miteux son valet? Et bien qu'elle ne soit pas habillée de la plus ostentatoire des toilettes, la jeune noble était malgré tout habillée avec des vêtements de qualité. Et elle traînait du côté d'un étal avec des objets en argent et autres métaux nobles. Shiina comprit alors : emportée par sa bonté l'écervelée tentait un coup de bluff.

Elle réprima un ricanement devant la naïve tentative et commença à réfléchir. Peut être... Peut être que la situation pouvait être retournée à son avantage. Si on arrivait à faire croire que ce fripon était son valet, alors Shiina pourrait faire croire qu'elle lui avait vendu les sablés. Et ainsi sauver la face. Il fallait agir vite! Machinalement elle porta sa main à sa sacoche, en sortit un sablé et le croqua en quelques secondes.



Elle se tourna alors vers la noble en écartant les bras en signe d'amitié, en souriant de toutes ses dents et se rapprochant d'elle. Shiina commença alors à parler, fort et volontairement distinctement.


-Mais c'est vous, chère Dame? Quel plaisir de vous retrouver ici! Vous avez apprécié mes sablés? Apparemment VOTRE serviteur aussi! Et d'ailleurs ça lui a bien ouvert l'appétit à ce petit faquin! Je vous avais dit que vous le gâtiez trop... A chaque fois que vous passez me voir vous lui achetez quelques uns de mes meilleures pâtisseries. Je me préparais justement à le dédouaner de ce malheureux accident...


Elle prit la femme par le coude pour l'amener vers le pilori.


-Quelle regrettable affaire... Nous allons faire en sorte que cela soit réglé dès le retour de la garde. Un valet débrouillard est si dur à trouver de nos jours... Et une dame de votre... hum... qualité, se doit d'avoir toujours son valet à disposition!


Shiina traînait toujours la femme vers le pilori, au point de pouvoir pratiquement toucher le voleur. Toujours en souriant elle tapota la joue de l'enfant comme on corrige gentiment un chiot qui vient de fauter.


-Ton calvaire est bientôt fini mon petit! Ta maîtresse est là et nous allons te sortir de cette méchante situation.


La marchande regarda alors rapidement autour d'elle. Certains passants s'étaient arrêtés pour repartir aussitôt leur curiosité satisfaite. Shiina se sentit alors bien fatiguée de mener ces petits combats et ces petits jeux incessants visant à préserver sa réputation. Le coup de théâtre semblait avoir fonctionné et le fait qu'une noble soit concernée rendait la chose plus crédible. Les gens aimaient à ridiculiser la garde qui bâclait souvent les petites affaires.


Shiina tira alors la jeune femme encore plus vers elle et lui murmura quelques mots.


-Je n'ai aucune idée de votre intérêt pour vous dans cette histoire. Mais si elle peut me permettre de m'en sortir sans dommage... Et si en plus on sauve un jeune miséreux : la journée aura été complète! Je ne sais pas si je dois remercier votre bonté de cœur ou votre manque de cervelle... Mais j'espère que vous avez appris le théâtre dans vos beaux appartements car convaincre ces lourdauds de garde ne sera pas tâche aisée...
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Ráichéal Aingeal
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MessagePosté le: Mar 31 Mai - 23:41 (2011)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant

Ráichéal ne comprenait pas trop ce qui lui prenait. Ou plutôt, elle ne le comprenait que trop bien et tout en étant parfaitement consciente qu'elle outrepassait ses droits (pas les droits légaux mais ceux moraux qu'on lui avait inculqués) elle ne pouvait s'empêcher de vouloir faire taire sa voisine. Trop mielleuse, trop hypocrite, trop changeante. Insupportable d'insolence et surtout de confiance en elle alors que ses manipulations étaient juste pathétique. Pourtant, la jeune noble avait l'habitude du ton compassé de certains commerçants, des compliments outrés de ceux qui voulaient lui soutirer quelque chose et des paroles mielleuses assaisonnées de fiel mais là, c'était juste mal fait. Aucune transition, aucune construction et elle semblait de plus incapable de garder ses pensées pour elle.

Proche comme elle l'était de la roturière, la blonde ne pu qu'entendre la remarque désobligeante de son adversaire. Et bien qu'elle n'en montra rien, la pique l'énerva encore plus. Cette fille, en plus de tout le reste, semblait emprisonnée dans un monde de préjugé. On ne pouvait rien à sa naissance. Certes, il était important de respecter la place de chacun dans la société pour éviter l'anarchie mais cela ne devait jamais remplacer le respect. On avait besoin de tout dans le monde et un pays ne pouvait pas plus exister sans sa base que privé de dirigeant. Les seuls remplaçable, justement, était cette classe moyenne à laquelle elle semblait si fière d'appartenir. Enfin. L'autre voulait prendre l'assistance à partie dans le duel, elle allait s'en mordre les doigts. Si elle n'était pas très sociable, l'aisance, la simplicité et la naïveté de Ráichéal lui donnait souvent la faveur de son audience. Bon, là, elle avait le droit contre elle mais maintenant qu'elle avait commencé, elle ne se sentait pas d'arrêter. Et surtout, elle refusait de perdre.

" Si crier "au voleur" est votre façon de rendre service à vos clients, je plains vos obligés. Mais je vous en prie, ne vous mettez pas en peine. Maintenant que je suis ici, mon serviteur - qui, agissant sur mon ordre ne mérite pas l'épithète de faquin que vous avez laissé échapper entre deux flatteries - sera libéré au plus tôt. Je l'avais envoyé, pensant que mon crédit sur vous était assez bon, je me serais trompée. Voila votre argent, gardez la monnaie et que l'on en parle plus."

Négligemment, elle tendit quelques pièces qui valaient en effet les gâteaux volés et se dégagea de l'étreinte désagréable de la peste.

"Je vous prierais cependant de garder vos distances avec moi comme avec les miens. Je ne me souviens pas vous avoir permis de me toucher. Ne recommencez pas où c'est vous qui vous retrouverez attachée pour agression."

Encore une fois, elle avait parlé calmement, sans chaleur mais sans froideur excessive, laissant ses mots seuls porter le poids de son mépris. Elle ne l'aimait pas. Pas du tout. Tout comme elle ne supportait pas sa condescendance. Surtout quand, faussement fière, elle lui reprit le bras et l'emmena un peu plus loin pour l'insulter, insulter la garde et par là-même le Sieur Oss qui avait été si gentil avec elle. S'en était trop. Elle se redressa, se dégagea à nouveau et prit une profonde inspiration, peu soucieuse d'être entendue.

"Je suis passée sur votre manque de service. Je suis passée sur votre familiarité malséante. Je suis passée sur vos insinuations et vos insultes à mon égard mais je ne vous laisserais pas insulter ainsi la famille royale et ceux qui la protègent. Faites attention, vous venez de perdre bien plus qu'un peu de réputation. GARDES !"

Voyant une nouvelle attraction, un groupe s'était à nouveau formé autour des deux filles. Les avis étaient mitigés évidemment, sur qui de la brune bien connue ou de la calme et frêle blonde allait avoir le dessus mais Ráichéal n'en avait pas fini. Tout allait maintenant dépendre des forces de l'ordre. En espérant qu'ils ne soient pas trop corrompus. Parce qu'elle avait beau être naïve, la jeune noble savait que dans la vie réelle, les choses n'étaient jamais simple.

[HJ : Dit moi si tu préfères que le garde soit PNJisé ou joué. J4espère que ma réponse te vas, Raichéal est très vindicative mais c'est marrant à jouer je trouve - mpise moi si tu as quelque soucis que ce soit]
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Shiina Sivir
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MessagePosté le: Lun 6 Juin - 17:44 (2011)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant

Repoussée par la jeune fille, Shiina remit de l'ordre dans sa toilette et constata (non sans pousser un long soupir fatigué) que leur scène de ménage conjuguée avec les cris de la petite estomaquée avait attiré quelques badauds. Elle se tourna vers la fille blonde et la regarda. D'une voix presque inaudible l'amline lui lança sur un ton désabusée :

Vous venez de condamner ce pauvre hère...

Shiina reprit contenance rapidement. Elle tenait encore dans sa main droite les quelques pièces que la noble lui avait donné en paiement des sablés. Elle les mit toutes dans sa bourse sauf une, qu'elle envoya en l'air avec son pouce. Elle la rattrapa au vol et regarda une nouvelle fois la jeune fille d'un air narquois. Bien décidée à ne pas perdre la face Shiina réfléchit quelques instants à la meilleure stratégie à adopter tout en continuant de jouer avec la pièce d'un air toujours arrogant. Évidemment la stratégie la plus sage dans ce genre de situation était la fuite, s'en aller en faisant le moins de bruit possible et parier sur un désintérêt de la garde sur cette affaire. Oui mais... Shiina n'était pas particulièrement connue pour préférer la fuite, et celle-ci pourrait être mal interprétée (comme de la lâcheté face à l'adversité par exemple).

Ne restait donc qu'une seule solution : passer à l'offensive.

Vous m'avez donné ces pièces avec une telle facilité, ma chère... Et vous savez ce qu'on dit des gens qui se débarrassent de leur argent trop rapidement?

Elle éleva le ton, prenant l'audience à témoin.

On dit que cet argent il ne leur a rien coûté! Pour vous ça n'est peut être qu'un vulgaire morceau de métal qui vous permet d'acheter quelques bibelots... Mais pour nous autres, pauvres roturiers que nous sommes...

Alliant le geste à la parole, Shiina fit une révérence un peu grotesque et manifestement irrévérencieuse (l'exercice étant assez dur à maîtriser j'en conviens).

Pour nous autres cela est une nécessité. Se lever tôt, travailler et manger le fruit de ses efforts : voilà des choses bien inconnues pour vous autres les nobles. Oh je ne prétends être la plus à plaindre! Regardez par exemple le marchand de poissons là bas... Quand moi je me lève aux aurores, lui est déjà prêt à son étal : premier arrivé, dernier parti. Et lui là bas! C'est le maraîcher qui a peut être vendu les pommes que ce vaurien a volé. Il passe sa journée à décharger des caisses et à surveiller sa marchandise. Chaque vol qu'il subit c'est une cuillère de soupe en moins pour sa famille!

Shiina reprit son souffle un instant. La garde n'était plus très loin elle devait agir vite. Toujours de sa dextre elle tint la pièce entre le pouce et l'index en la montrant bien.

 Je n'ai que trop conscience de la vacuité de mon raisonnement pour vous. Je n'ai que trop conscience d'être une harpie qui défend bec et ongle le peu qu'elle possède. Et je n'ai que trop conscience de votre mépris.

Mais sachez une chose : j'ai consenti à bien des efforts et des sacrifices pour en arriver là. L'adversité ne me fait point peur et vous apprendrez bien vite que moi, Shiina Sivir, amline et Dame des Sablés d'Elis, je vais vous faire passer l'envie de vous frotter à nouveau avec les petites gens.

D'un geste théâtral, elle ferma son poing sur la pièce et chercha vite un sablé à engloutir. La symbolique du geste était évidente.
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MessagePosté le: Lun 8 Aoû - 17:02 (2011)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant

Un gamin tira sur la chemise du garde, il l’envoya valdinguer dans une flaque de boue d’un simple revers de claque sans grand effort. Sans regarder le misérable qui se relevait en se frottant le derrière, il fronça les sourcils en direction de l’allée centrale, il y avait de l’agitation, pas besoin qu’on vienne le chercher ! Dénis ajusta l’épée à sa ceinture et entreprit d’y aller avant de se rendre compte qu’il était tout seul. Il grommela quelques injures et envoya le gamin trouver les deux autres qui devaient bientôt avoir fini leur ronde en amont des ruelles. Il souffla, agacé de ces prises de becs entre chiens, au fond… il détestait le conflit, surtout quand il était en plein digestion. Le garde avança d’une cadence plutôt soutenue et lorsqu’il entendit les commentaires de la foule alors qu’il se frayait un chemin, il comprit que c’était pire que tout : deux femmes. Le garde leva les yeux au ciel comme s’il s’attendait à avoir la migraine.

-La Garde c’est moi ici ! C’est quoi tout ça ? Ya pas assez d’un gamin au pilori qu’y en a d’autres qui veulent sa place ?

Il ignorait totalement le voleur déjà condamné.

-Z’etes qui les dames là ? Vous, il désigna Shiina, êtes pas satisfaite qu’il soit arrêté ? Fallait naître souveraine ma p’tite si vous vouliez vous faire justice toute seule.

Il entendit la foule contait le récit et il porta la main à son front jusqu’à en déséquilibrer son casque qu’il replaça rapidement. Il analysa la situation et se gonfla d’un attitude qu’il n’avait pas porté depuis plusieurs jour et fit un semblant de garde à vous à la blonde.

-J’avais pas tout entendu M’dame. Est-ce qu’on doit le faire libérer alors ? C’est les ordres vous savez… On peut pas laisser les voleurs sans rien dire… Le juge a été prévenu..

Quelqu’un le hua mais un simple rictus provocateur s’afficha sur son visage. Qu’ils étaient pathétiques à croire qu’il valait moins qu’eux parce qu’il savait respecter les rangs. Et puis le juge… il devait être dans un bordel. Il se tourna vers le morveux qui ne comprenait rien à la scène et qui dévisageait tantôt l’une tantôt l’autre sans comprendre qui serait sa meilleure alliée. Shiina parlait bien, il était absolument d’accord avec elle mais elle voulait lui couper la main. L’autre, elle voulait le faire libérer mais peut-être qu’elle voudrait le vendre ensuite ? Le gamin avait surtout faim.

-Bon toi, t’es à la Dame ?

Le gamin ne répondit pas. Le garde se tourna vers les femmes.

-Il parle plus. Il doit être demeuré. Vous devriez le vendre à quelqu’un d’autre plutôt que de le laisser vous chercher des noises. Qu’est-ce que je dois faire alors ? Je vous ai pas même demandé votre nom… Je suis Dénis Norand, Deuxième classe de la garnison de notre bon Roi.


HRP: aimez moi encore, Aanté.
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MessagePosté le: Mer 12 Sep - 15:43 (2012)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice. Répondre en citant


Once upon a time - Hypnotises



    Les rumeurs sont tantôt vagues, tantôt plus denses mais on se souvient encore de cette histoire et eux, gardèrent précieusement le souvenir de ce jour de rencontre.




Je me permets de clôturer ce RP. Si vous désirez revenir le jouer, il suffira de vous concerter avec les autres joueurs et/ou d'envoyer une missive à une de nos Divinités
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:29 (2017)    Sujet du message: Au marché, une affaire de justice.

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