Osh le Secret Gardé Index du Forum


 
Osh le Secret Gardé Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

:: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris ::
Aller à la page: <  1, 2
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Osh le Secret Gardé Index du Forum -> | - Terre - | Continent d'Astès :: Elis, la Capitale -> Hauts quartiers
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Dim 24 Avr - 23:01 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant


Ernest Decard & Don Violino


La musicienne offrit un spectacle très maitrisé et Don Violino aurait bien prit plaisir à jouir de son talent s’il n’avait pas été si inquiet. Une fois les faveurs du marchand résolument accordées, le Maître d’Art avait pu un peu rêveur se laisser bercer par la virtuose. Il eut du mal à reconnaître que le Mécène ne l’avait pas trompé et que cette jeune inconnue avait l’étoffe nécessaire à son établissement. Pourtant, il lui faudrait encore du temps pour s’assurer que cette étrangère et sa réputaton ne ferait fuir les plus traditionnels partisans du royaume. Ahhh si seulement le Roi pouvait un jour faire le déplacement au cœur de son Lion magnifié ! Les dernières notes filèrent déjà et le directeur retrouva ses esprits pour applaudir. Il se sentit brièvement seul mais ne s’en soucia pas et se leva de sa chaise pour fausser compagnie aux invités et rejoindre le mystère des coulisses.

Là, à la lueur des bougies, il aperçut l’ombre de la jeune femme penchée vers la table. Est-ce qu’elle espérait passer la soirée à se goinfrer ? Ces gens du Kréhâl étaient décidément tous des barbares aux manières vraiment détestables.. Alors vous comprendrez bien son agacement à voir ce petit peuple s’infiltrer dans la plus rayonnante des Capitales… La femme se redressa et Don Violino ne cacha sa bonne humeur comme pour masquer le contre coup du constat de sa petite nature.

-Ah ! Voici l’artiste de la soirée ! Entendant ses propres mots il leva un sourcil avant de reprendre un ton qui lui était plus ordinaire.

-C’était un bon concert, le Seigneur Lazuan tient encore son Collège avec raison, à défaut de patriotisme, glissa-t-il en fin de phrase comme pour lui-même.

-Je suis bien satisfait de toi et il se pourrait que j’envisage de te trouver des occasions de briller. Je ne crois pas que cela ternisse ton enthousiasme non ?

Il attrapa un verre d’un fin Crystal et but d’une traite le pétillant nectar qui y demeurait.

-Cette fête est importante le sais-tu ? Oui bien sûr que tu le sais… Comment pourrais-tu l’ignorer ! Ce n’est pas un public très attentif mais je t’avais prévenu et puis.. L’important n’est pas tellement là. L’important c’est que je puisse compter sur toi comme Lazuan me l’a suggéré pour porter le Lion d’Or sur le devant de la scène.

Il reposa un verre vide avant de se diriger vers la porte. Il regarda la femme avec un certain mépris, déçu qu’elle ne comprenne pas qu’il faille le suivre.

-Tu ne vas pas rester là alors que la fête t’attend ? Je dois te présenter à un grand homme et.. tu ne me décevras pas n’est-ce pas ? Jeremiah serait bien morne d’apprendre que ses élèves faillissent alors que je crois que sa femme a retrouvé une santé un peu fragile…

Il n’attendit pas de réponse et sortit de l’antichambre. Il traversa la grande salle dans une cadence presque satisfait. Il était celui qui allait devenir riche ! Il jeta un bref regard derrière lui avant de s’approcher du marchand qui était en train d’attraper une cerise dans la gorge d’une comtesse mal parfumée. Don Violino se crispa à la vue de ces manières mais ne dit mot, préférant s’éclaircir la voix pour annoncer sa présence. Le négoce se tourna sur le vieux rabat-joie avant de gagner une mine intéressée à la vue de la pianiste. Il retrouva de son maintien et baisa la main de sa compagne de haute lignée pour la prier de les laisser pour leurs affaires en s’amusant d’un "Voyons ma Chère, si je délaissais mes affaires pour vos yeux, je crains qu’ils ne se posent longtemps sur moi ! ".

Lorsqu’elle fut loin, le riche dégarni offrit un sourire courtois à la jolie Dame avant de darder d’une œillade le Maître d’Art de les présenter.

-Sire, je vous présente la jeune Dame Asta.. Astarien dont vous avez pu apprécier la grâce et le talent… Vyssi, voici Monsieur Decard, un homme d’influence dans notre beau royaume…

Le vieux ne manquait pas de se montrer plus sec lorsqu’il évoquait la jeune femme et plus mielleux à l’égard du bon vivant.

-Ainsi, Monsieur Decard envisageait peut-être de te compter dans sa prochaine production vois-tu…

Le marchand fit tinter sa langue avec véhémence pour faire taire le vieux croûton.

-Ne voulez-vous pas nous laisser ? Je pense qu’après une telle représentation la Damoiselle a besoin de se détendre un peu… Voyons ma chère… Allons discutez un peu loin de toute cette agitation voulez-vous ? J’ai vraiment été conquis par vos chefs d’œuvres… En effet.. j’ai , moi-même, quelques projets de créations…

Don Violino serra la mâchoire mais dans un sourire forcé, salua ses deux connaissances pour profiter d’un autre cercle de la soirée.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Dim 24 Avr - 23:01 (2011)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Jeu 28 Avr - 13:11 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant


Valentin Oss


Certes. Trop longtemps en effet. Et bien je dois dire que toi tu as plutôt bien changé, et par pitié arrête de me vouvoyer...Pas en famille quand même.
-Je suis désolé. On nous apprend à nous vouvoyer sans cesse au Collège et souvent me faut-il bien connaître la personne pour… Bref…
-Et bien...Mes mésaventures? Que veux-tu savoir exactement? Je ne sais même pas de quoi tu es au courant...J'ai effectivement brillé assez durant les combats pour me voir attribuer une place de choix dans la Garde. C'est un poste qui me plait beaucoup, même si je n'y fait pas l'unanimité, comme tu dois le savoir. Malgré tout...Ma vie me plait et je suis plutôt heureux. Aiguille-moi sur ce dont tu voudrais avoir des éclaircissements.

Valentin ne sut cacher un sourire gêné alors que ses yeux se glissaient vers la fenêtre la plus proche. Oh oui, il avait tant entendu sur les histoires de son frère qu’il ne savait plus où se trouvait réalité et mensonge. On le traitait de monstre et, aux dernières retrouvailles familiales encore, l’une des têtes de leur famille lui avait signalé -la bouche encore pleine de chair de poulet cuite à la broche- à quel point il était un monstre que cet homme là. Il lui avait déclaré qu’on se demandait si le même sang coulait en leur veine proclamant à quel point Valentin était d’une nature douce et fragile, et celle du géant sanguinaire et imposante. Le jeune homme n’avait alors tenté de protéger Kilstan des propos de l’individu : souvent on l’assommait en le prétendant lâche et, cette fois encore il assumait sa proportion à éviter les conflits. Pourquoi en aurait il provoqué un puisqu’en aucune façon, il n’aurait pu modifier sa façon de voir le géant, lui-même n’étant point sûr du mensonge de ses propres dires à son sujet.

Et bien… j’aurai aimé apprendre un peu de tout. Figure toi qu’il y a peu de temps mon oncle raconta que vous… que tu avais reçu de nombreuses demandes d’épousailles mon frère, mais que tu les refusais toutes. Il est d’ailleurs persuadé que tu es incapable d’aimer une femme tant la guerre a dévoré de ton regard l’amour, à force de guider la main de la haine en faisant procréer la mort. Certains dans les hauts-quartiers prétendent même que tes exploits d’armes sont faux.

Ses joues s’étaient rougies devant de tels propos. Il posa vivement sa main sur l’épaule de son frère, dans un geste encourageant et ses lèvres peignirent un sourire.

Ne t’inquiète pas, je reste persuadé qu’ils mentent ! Petit, tu protégeais déjà le chien des rues des remontrances des mauvais hommes : on ne peut aimer tuer quand déjà jeune, on aime défendre celui qui en a besoin. C’est pour cela que tu es dans la garde n’est ce pas ? D’ailleurs, es t il vrai que tu aurais tué une sorcière qui voulait dévorer les âmes des habitants des bas quartiers ?

Il laissa une courte pause, espérant que le géant comprenait que Valentin croyait son frère bon malgré les médisances.

Et toi alors? Raconte-moi tout! Tu fais de la peinture c'est ça? Exposes-tu quelque part? Et cette jeune femme là-bas, elle est...spéciale ou l'as-tu seulement rencontrée à l'instant? Si je me souviens bien tu as toujours eu bon gout pour les femmes!
-Oh, moi il ne s’est pas bien passé de choses importantes dans ma vie… Pour faire simple, j’ai été envoyé chez un précepteur qui m’a enseigné à noircir les blanches toiles. J’ai ensuite voyagé à la recherche de l’inspiration… Et pas que en les femmes mon frère, je te vois arriver sur ce chemin ! Je suis ensuite venu à Elis avec ma fiancée et alors, t’ai envoyé la missive lors de la fête.

Il rit à moitié, devant le peu d’évènements qui avaient parcouru sa vie. Il était sûr que par rapport à l’existence parcourue d’aventures de son frère, la sienne devait apparaître bien fade. Bien sûr, il se doutait que les histoires entendues n’étaient qu’à moitié réelles et que jamais celui-ci ne s’était retrouvé face aux héros des lignées déchues, devant les faire décevoir le diable à qui ils s’étaient adonnés !

Mes toiles restent pour l’instant au collège et je crains être encore bien loin d’avoir une renommée. J’aurai aimé apprendre à sculpter également, mais je m’adonne uniquement à la peinture, il est vrai. J’essaye…

Tandis qu’il parlait, ses yeux pétillaient : il n’était certes point un artiste au centre des attentions tant ses œuvres auraient été dotées d’une âme, mais il aimait l’art et cela se voyait. Autant qu’un travail, c’était là sa passion. Valentin voyait les motifs qu’ils désiraient apposer sur les toiles blanches. Il faisait de grands mouvements de ses mains, tentant de mimer la scène qu’il tentait de décrire à son cousin.

Bien sûr, je ne suis pas non plus un peintre de génie ! Il m’arrive souvent de désirer produire une œuvre et, alors que je termine d’apposer ma marque sur la toile, je remarque que ce n’est qu’une peinture. J’ai rencontré Hélène grâce à la peinture : elle m’a servi de modèle il y a quelques mois… mais nous ne sommes qu’amis. Rajouta t il avec un clin d’œil.

Pourtant, en un instant, son regard se voila… En même temps que des souvenirs venaient de lui dévorer son sourire, ses mains entrelacées se serrèrent dans un mouvement non volontaire. Il soupira pour s’offrir courage et ces quelques respirations lui permirent de se décontracter. Il n’aurait pas voulu aborder ce sujet mais c’était son frère et son frère était… quelqu’un de sa famille qui ne lui voulait mal.

Je ne souhaite pas avoir de nouveaux amours pour l’instant.
Revenir en haut
Kilstan Oss
Initiés au Secret

Hors ligne

Inscrit le: 18 Jan 2011
Messages: 72
Race: Hërn
Zone: Elis
Âge: 27

MessagePosté le: Lun 9 Mai - 20:50 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant

Kilstan le voyait bien. Cette gêne, les petits sous-entendus...Il savait parfaitement de quoi Valentin voulait parler. Mais, même si la conversation semblait cordiale, c'était peut-être une feinte pour qu'il aborde ce sujet. Toujours le même. Et qui finissait invariablement  par la même dispute stupide et stérile parmi les siens. Si possible il aurait aimé noyer le poisson et l'esquiver, ou au minimum connaitre le sentiment de son frère à propos des rumeurs qui enflaient sur son compte. La manière dont le sujet fut amené était brillante de subtilité. Et apparemment, il lui demandait plus de briser le cou à ces médisances sur son sujet que de chercher à lui reprocher son soi-disant comportement. Remarque ce ne serait pas si étonnant, Valentin n'était pas vraiment connu pour son grand courage lors des disputes de familles, et surement cherchait-il tout simplement à démêler le vrai du faux dans le flot d'horreur qu'il entendait sur son aîné, qu'il disait apprécier sincèrement.

Ton oncle exagère beaucoup. Il y a un certain temps que je ne reçois plus ce genre de demande. Par contre il est vrai que j'ai du annuler mon mariage qui était bien entamé il n'y a pas si longtemps.

Dans un geste réflexe il porta la main vers son rein droit, pour frotter le commencement de cette vilaine cicatrice. Cette blessure savait se rappeler à lui par moment, car elle était autant présente dans sa chaire qu'elle l'était dans son esprit. Il était d'ailleurs étonné que son frère ne soit pas au courant de cette évènement.

Tu te souviens d'elle non? Tu as du la voir un certains nombre de fois quand même...Remarque tu étais encore un peu jeune pour t'occuper de ce genre d'affaires j'imagine...Enfin pour faire cour, je n'ai plus vraiment à m'inquiéter de ce genre de choses. Ce n'est pas, contrairement à ce qu'on t'a surement dit, que je sois un rustre dont le cœur remplit de haine ne peut s'ouvrir à de tels sentiments, c'est juste que je ne suis plus un parti valable depuis..mon...accident.

Il avait hésité sur le dernier mot. Comment qualifier autrement l'incident? Et il avait plonger son regard dans son verre. Pour quelqu'un comme lui, faire aveu d'une telle faiblesse était presque honteux, même si il n'y était pour rien. Malgré tout, c'était un sujet que personne n'osait aborder, et si il existait une personne dans sa vie qu'il espérait capable de comprendre sa souffrance, c'était bien Valentin. Si Kilstan avait été brutal dès la naissance, son artiste de frère aurait pu se résumer à un seul mot : empathie. Malgré tout, gêné par ce genre de discours, il profita de la suite pour effectuer une transition vers d'autres sujets.

Mes faits d'armes, faux? Alors ça! Si jamais tu en entends encore répandre ce genre de rumeurs, dis-leur bien de faire attention aux oreilles à leurs alentours! Qu'ils n'aient pas à me craindre cependant, je trouve que la majorité de ce qui se dit est grandement exagéré! Mais certains de mes hommes n'ont pas cette finesse!
En effet c'est pour cela que j'apprécie autant ma place, je trouve qu'elle me sied bien! Et je suis heureux de voir que tu me porte en si haute estime. Vraiment.


Là encore, il enchaina avant de se trouver trop embarrasser. Kilstan était un homme d'action, et ce genre d'étalage n'était pas son domaine.

Une sorcière? Ha oui je me souviens de ça! Hahahhahahahahahha! Il n'y avait aucune magie là-dessous rassure toi. Il s'agissait juste d'une femme qui avait perdu la raison. Elle avait noyé ses enfants la pauvre...En se rendant compte de son acte elle a préféré mettre fin à ses jours. Tu vois, ce n'est pas si héroïque au final. Mais les rumeurs enflent si vite...

Ce genre de mensonge étaient devenus tellement une seconde nature pour lui qu'il finissait par y croire. Il se souvenait parfaitement de cette femme. Ce n'étaient pas ses vrais enfants, et quand elle avait découvert que son compagnon la trompait malgré qu'elle s'occupait de sa progéniture, elle avait fait retomber sa colère sur eux. Ses suppliques quand il l'avait défenestrée ne l'avait même pas ému. Mais ça, il le garderait toujours pour lui. Trop peu de gens étaient susceptibles de comprendre.

Quand on commença à aborder le périple de Valentin, Kilstan était tout ouïe. Que cela devait être exaltant de parcourir le monde pour n'en capturer que la beauté! Que de merveilles il  avait du voir! En comparaison sa vie de violence et haine, à écumer les Bas-Quartiers pour n'en fréquenter que la lie paraissait bien terne! Ce qui lui faisait encore plus chaud au cœur, c'était l'étincelle qu'il voyait briller dans ses yeux! Il adorait ce qu'il faisait, et ça c'était mieux que tout!

Par contre, quand on en arriva au chapitre des femmes, le garde douta d'avoir mal compris. Une bonne chose quand on était un soldat discipliné comme lui, c'était qu'on hésitait pas à poser des questions lors d'un briefing. Les stratèges préféraient toujours que les détails du plan soient exécutés à la lettre, et l'erreur n'était pas tolérée, aussi il valait mieux s'assurer qu'il n'y avait aucune incompréhension. C'est pour cela qu'il demanda des éclaircissements le plus innocemment du monde, malgré la tristesse visible de Valentin.

Excuse moi je n'ai pas bien compris...Tu dis que cette femme, Hélène c'est ça?, n'est qu'une amie. Je te crois hein là n'est pas la question. Mais il m'a semblé comprendre que tu étais revenu avec une fiancée...En tout cas c'est ce que tu as dis non? Alors que lui est-il arrivé?

Et c'est à ce moment-là qu'il vit l'air blessé de son interlocuteur. Vraiment des fois il se comportait comme l'Ours qui faisait son emblème!

Ho excuse-moi, je ne voulais pas remuer une blessure récente...Je suis trop curieux pardon.

Vite un sujet...

Tu as gouté ce qu'ils servent ici, c'est délicieux...

C'était faible mais il ne pouvait pas trouver mieux pour l'instant!
________________________________________________________________

« Si jamais l’homme qui vous pourchasse est grand et fort, et porte un casque à l’emblème de l’ours grondant, ne vous rendez pas. Car s’il vous attrape, l’Ours d’Elis vous mangera »
Surtout si vous êtes un poney...
Revenir en haut
Vyssi Astadien
Sous l'Oeil des Veilleurs

Hors ligne

Inscrit le: 21 Jan 2011
Messages: 67
Race: Aolia
Zone: Hauts-Quartiers
Âge: 23 ans

MessagePosté le: Jeu 12 Mai - 23:50 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant

Dans l'antichambre tendue de tissu, Vyssi buvait son verre d'eau à petite gorgée en tentant de redescendre sur terre. Comme à chaque représentation, la musique l'avait portée aux nues, grisée bien plus que les applaudissements du public. Don Violino vint la féliciter avec un enthousiasme qui reflétait davantage une certaine autosatisfaction plutôt qu'une réelle appréciation de sa musique. La Kréhâlienne releva dans son discours la petite touche xénophobe mais ne répondit rien. Pour l'heure, le régisseur du Lion d'Or avait encore les pleins pouvoirs. Elle avait marqué un point, gravit un barreau sur la longue échelle de la renommée, mais elle était pleinement consciente qu'un mot de trop signerait sa chute et donc la nécessité de tout recommencer, de zéro, avec des boulets aux chevilles.
En vérité, Don Violino comblait sans difficulté les silences attentifs de Vyssi, à tel point que la musicienne se demanda à plusieurs reprises s'il avait vraiment conscience de se présence, s'il ne se parlait pas à lui-même, avant de s'adresser à elle. Les yeux perdus dans le vague, ou plutôt précisément en train de regarder dans la direction de son futur triomphe, Don Violino mit quelques secondes à se rendre compte de l'absence complète de réaction de Vyssi. Après avoir attendu ces félicitations pendant des mois, elle était incrédule, timide quand on lui tendait la coupe vers laquelle elle louchait depuis si longtemps. Cette réaction sembla agacer Don Violino. Plus que ses encouragements, plus que ses projets, ce fut son froncement de sourcil qui fit se redresser Vyssi. Elle bomba la poitrine, cambra légèrement les reins. Cette simple préparation physique eut pour effet de la replonger dans le rôle qu'elle devait assurer pour la suite de la soirée: celle de l'artiste que l'on a envie de revoir, que ce soit pour un concert ou pour une soirée en tête à tête.


Avant de quitter l'antichambre, Vyssi posa deux doigts sur l'avant-bras de Don Violino, réclamant toute son attention par se contact délicat:


 J'ai été ravie de jouer pour vous, Don Violino, et j'espère avoir la chance de renouveler cette expérience. 


Ses grands yeux, aux pupilles bleues du Nord, délicatement ourlés de cils sombres, exprimaient bien plus qu'un simple remerciement. Enfant déjà, elle rendait son père fou d'amour par ce regard si maîtrisé qu'il paraissait naturel et sincère. Avec une grande satisfaction, elle vit les joues déjà rouges du régisseur du Lion d'Or se teinter d'avantage et le grommellement, assorti d'un haussement d'épaule, furent pour elle le meilleur signe de sa réussite ce soir.


Ils ne s'attardèrent pas plus. Don Violino devait la présenter à "un grand homme" et ces quelques mots avaient le pouvoir d'éveiller en Vyssi un intérêt tout particulier... Etait-ce qu'il méconnaissait son nom, ou bien qu'il fut encore troublé par le regard qu'elle lui avait adressé? Don Violino écorcha consciencieusement son nom. Trop orgueilleuse pour laisser échapper cette faute, mais trop polie pour interrompre son entremetteur au cours de l'une de ses phrases, Vyssi claqua nerveusement sa langue sur son palais. Elle n'apprécia pas non plus qu'il la tutoie en public, se rendait-il compte qu'il discréditait ses artistes devant de potentiels clients ou partenaires? Dans tous les cas, Vyssi ne pouvait se permettre le luxe d'un commentaire. Plus tard, bientôt: quand elle aurait acquis le statut qui lui était dû... 


Avec plaisir, elle entendit Monsieur Decard congédier Don Violino d'un revers de main, ce revers qui montre de quel côté se trouve le véritable pouvoir. Sensible à cet argument de poids Vyssi lui adressa un sourire en coin, en signe de remerciement. Lorsque Don Violino se fut éloigné, papillonnant un peu plus loin autour des autres invités, Vyssi se permit un petit éclat de rire. Elle prit soin de ne pas gommer son accent de Khréhâl et inclina légèrement la tête face au bourgeois:


 Je crains que ce cher Monsieur Don Violino n'ait effroyablement écorché le nom de ma famille.  Elle tendit la main devant Mr Decart, à mi-hauteur, lui offrant ainsi le choix de la serrer ou de la baiser.  Vyssi Astadien, de Hëltöov.


Le ton de sa voix ne laissait guère de doute: elle était certaine que cet homme avait entendu ce nom à un moment où à un autre. Sans appesantir  sur un sujet qu'elle considérait déjà clôt, Vyssi rebondit sur les pistes que lui lançait Monsieur Decart:



 Ainsi, vous êtes vous même un artiste? Est-ce que la musique vous passionne à vos heures perdues, ou bien êtes vous un professionnel de cet art? Vyssi marqua une pause dans sa marche, obligeant l'homme à s'arrêter et à la questionner du regard. Elle détailla son visage intensément et passa son index sur son menton:  Je ne crois pas vous avoir vu au conservatoire, je me rappellerai de votre visage...  Ce compliment lancé, assorti d'un petit sourire faussement timide, elle recommença à marcher, en direction du coin tranquille qu'il avait lui-même désigné de l'index un peu plus tôt. 


De quelle nature sont les projets que vous évoquez?
________________________________________________________________

Revenir en haut
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Jeu 19 Mai - 17:10 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant


Ernest Decard


Don Violino savait que la jeune femme aurait le talent de contracter l’affaire avec le marchand mais il n’ignorait pas qu’elle doute encore de quels moyens user. Son regard de biche était convainquant et cela le toucha même dans sa virilité paternelle. Heureusement qu’il avait le cœur solide et des principes plus qu’ancrés…

Dès que l’ombre du sinistre personnage se fut envolée, l’artiste devint rayonnante et offrit un large sourire à son interlocuteur. Ernest lui rendit rapidement son sourire, voilà qu’une petite étoile ne brillait pour l’heure que pour lui. La femme tendit une main qu’il s’empressa de baiser sans la grâce des vrais nobles et y appuya ses lèvres avant de lever un sourcil intrigué sur le nom de la pucelle.

-Astadien d’Heltöôv… N’est-ce pas le nom de l’épouse du cousin de l’Empereur ? J’y étais encore il y a de ça deux lunes… Il baissa un instant les yeux en fronçant le front, diable que ces affaires-ci étaient compliquées…

Elle sentit probablement le trouble que causa les affaires en Kréhâl, à moins que ce ne soit l’habitude du silence qui entourait son nom, mais la femme connaissait les bonnes manières et savaient qu’on n’ennuyait pas un homme avec des mondanités aussi soucieuses. Elle se montra alors enjouée et fraiche, une vraie petite fleur de printemps… Alors qu’ils marchaient tous deux côte à côte, elle fit une petite pause et il se redressa en réajustant le haut de son vêtement lorsqu’elle émit de ne pas pouvoir oublier son visage. Il lui offrit alors son bras pour poursuivre la balade avant d’ouvrir les fenêtres d’un jardin d’hiver.

-Je n’ai pas le talent qu’une femme délicate peu avoir…

Il invita la femme à s’asseoir sur un petit banc et s’installa à ses côtés. Un serviteur leur apporta un plateau de coupe alcoolisée et le marchand en attrapa deux avant de congédier l’intrus d’un geste de tête. Il offrit le verre à la beauté et reprit son sourire gras le plus charmant.

-Mon talent est celui d’entreprendre vous savez. Je suis un artiste de toute nature, ce n’est donc pas la musique la danse ou la peinture qui peut me suffire…

Il leva son verre pour trinquer avec la jolie Dame.

-Je me ravis de cette rencontre ma Dame. Oublions les derniers sarcasmes de ce vieil enquiquineur et buvons à cette si douce soirée…

Il vida la coupe d’un trait et déposa rapidement la flute à ses pieds avant de porter un bras sur le dossier du banc, sensiblement proche de la femme et effleura sa toilette de ses bouts de doigt agités comme si de rien n’était.

-C’est un beau projet que j’envisage de monter… Vous pensez que le Lion d’Or puisse être à la hauteur de cela ? Est-ce que le paysan fait mieux de planter son blé dans un champ qui a déjà donné depuis plusieurs saisons ou est-ce qu’il doit miser sur celui que la jachère a comblé ? Oui… Donnez moi votre avis vous… C’est fou comme la lumière de la lune rend votre peau ravissante.

Il lui sourit encore un peu plus, mêlant sans gêne l’utile à l’agréable.
Revenir en haut
Vyssi Astadien
Sous l'Oeil des Veilleurs

Hors ligne

Inscrit le: 21 Jan 2011
Messages: 67
Race: Aolia
Zone: Hauts-Quartiers
Âge: 23 ans

MessagePosté le: Jeu 30 Juin - 19:41 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant

D'un sourire, d'un battement de cils, Vyssi reconnu l'exactitude des connaissances généalogiques du marchand. Il ne lui sembla pas utile d'appuyer davantage la haute position de son ainée, tant il lui semblait évident que même ici, dans une ville qui parfois traitait bien mal ses invités de marque, les gens honorables connaissaient les Astadiens et respectaient les pouvoirs des noms. Mais la situation délicate qui se tissait entre les deux provinces en faisait un sujet tout aussi difficile à manier, qui plus est avec un commerçant. Vyssi choisit donc délibérément d'écarter Heltöôv de la conversation.

Se laissant mener avec toute la docilité d'une poupée de chiffon douée de parole, Vyssi accorda avec un petit rire:

Ah, mais les entrepreneurs ne sont-ils pas des artistes à part entière? Faites-leur toucher n'importe quelle matière, ils la transforment en or, c'est une véritable magie!

Son véritable point de vu était légèrement différent... Les Arts véritables étaient bien loin des considérations commerciales que trop de gens leur attachait. Quelle émotion peut naître de quelques tintements d'écus? Ils ne montrent en rien la vraie beauté du monde, tandis que la musique, la peinture... Mais son avis de femme n'intéressait pas Monsieur Decard, au mieux il hausserait les épaules, au pire, vexé de voir ses talents rejetés, il la bouderait.
Pour l'heure ce n'était évidemment pas le cas. Il n'avait visiblement pas conscience que son physique ingrat devait dépareiller à côté de la grande beauté de Vyssi, rendue encore plus diaphane à la lueur laiteuse de la lune. Le seul cadeau de l'astre nocturne à son égard était un vilain reflet sur la peau grasse de son crâne chauve. Mais, heureusement pour elle, Vyssi savait à la perfection masquer son dégoût en toute circonstance. N'avait-elle pas fait bonne mine devant le nain? Elle n'avait même pas plissé le nez, réflexe pourtant prévisible devant un être si laid, qui l'avait menée jusqu'aux cachots, alors ce n'était pas un commerçant prodigue en compliments qui allait l'indisposer!

En trinquant, elle ne quitta pas le regard d'Ernest Decard, les yeux grands ouverts pour mieux lui faire remarquer ses iris d'un bleu océanique. Elle joignit une petite remarque à son toast improvisé en lui lançant un bref clin d'oeil:

Buvons aux artistes Monsieur Decard.

Malgré un sourire aguicheur, elle voulait le rappeler sur le chemin qu'il avait engagé, lorsqu'il avait capté son attention en évoquant un mystérieux projet... Fort heureusement, il saisit l'indice... Elle fit mine de réfléchir un instant:

Une pièce, ou une oeuvre, quelle qu'elle soit, n'est pas un vulgaire végétal Monsieur Decard, c'est une émeraude brute qui ne demande qu'à être taillée par les mains habiles d'un joaillier. Du bout de l'index, elle frôla les doigts un peu boudinés du marchand. Une fois qu'elle brille de mille feux il est vrai cependant que le choix de l'écrin est important... Un chiffon sale ne permettra pas de saisir toutes les subtilités des teintes, mais un velours grenat brodé d'or risque de détourner l'attention de celui qui l'admire... Il faut opter pour un écrin adapté, ni trop pauvre, ni trop voyant...

Malgré son admiration éperdue pour l'ascension sociale, ou peut-être à cause de cela, Vyssi respectait les gens qui l'aidaient. Quant bien même leur tête et leurs manières ne lui revenait pas, elle se devait de faire un geste envers Don Violino.

Le Lion d'Or n'est-il pas l'écrin idéal en ce moment? A mi-chemin entre sa gloire passée et une déchéance dans lequel il n'est pas encore tombé... Vyssi eut une petite moue songeuse, faisant mine de réfléchir, puis hocha la tête.

Voici ma réponse, Monsieur Decard, puisque vous avez eu la bonté de me demander mon avis.

Elle marqua une petite pause, lui offrit un sourire des plus charmant puis pris une inspiration, comme si allait prendre la parole, et se ravisa au dernier moment. Manoeuvre étudiée pour ne pas le laisser clore ainsi la conversation en revenant sur des sujets plus triviaux et pour rester dans le thème qu'il avait lui-même proposé. Manoeuvre qui lui permettait de piquer un peu sa curiosité. Il l'incita de la tête à poursuivre:

Sans vouloir avoir l'air de vous conseiller - un homme tel que vous se passe bien de conseils d'une simple musicienne - je crois que plus que la salle, le choix des artistes est déterminant. Voulez-vous monter une pièce de théâtre? Un opéra?

Par ses questions, elle relançait la discussion sans répondre directement à ses flatteries. Elle espérait seulement ne pas être trop directe...





HRP: J'espère qu'un profond et sincère Mea Culpa suffira à me faire pardonner...
________________________________________________________________

Revenir en haut
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Ven 14 Oct - 11:50 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant


Valentin Oss


Kilstan était d’une grandeur d’âme si noble, il savait ne pas flancher alors que les secrets à demi-énoncés devaient être particulièrement lourds pour lui. Valentin était fiancé enfin l’avait été du moins et il ne doutait pas que de rompre des fiançailles ne puisse être une terrible épreuve pour un cœur amoureux. L’homme assumait sa défaillance, assumait sa faiblesse et cela le rendait tellement plus courageux aux yeux de son frère. Valentin baissa les yeux comme s’il n’avait imaginé que son frère le tienne dans la confidence aussi vite, ainsi, alors que leurs retrouvailles étaient encore soudaines.

-Je comprends mon frère… Je n’étais pas vraiment au fait… J’ignorais si ce que l’on m’avait laissé entendre était vrai…

Il ferma un instant les yeux comme pour lui assurer qu’il sentait tout le poids de la nouvelle, tout le tourment que cela signifierait pour leur lignée car à n’en pas douter, Kilstan serait un grand aux côtés du roi, cela, le jeune artiste n’en avait jamais douté. Il leva même une main fraternelle jusqu’à l’épaule du colosse et lui assura d’un petit sourire bienveillant alors que l’ainé poursuivait sur un ton plus léger. Valentin se gorgea de l’intensité qui vibrait dans le solda et s’en amusa. Il était fier et pouvait l’être, Kilstan ne supportait pas que l’on puisse bafouer son honneur là où lui, armé de pinceau il ne pouvait qu’en être résigné.

Le récit de la sorcière se fit particulièrement captivant. L’aura démoniaque pouvait sans doute marquer la pauvre femme pour qu’elle ose commettre de tels actes ? A moins que ce ne soit une forme de courage ? Le peintre pencha la tête sur le côté, imaginant les détails sordides de l’affaire sans la moindre horreur au contraire il sentait peut-être l’inspiration l’effleurer !

Le grand frère avait su se montrer patient et réceptif au parcours de son cadet, Valentin sentait que le lien entre eux était de nouveau scellé, ils s’étaient enfin retrouvés. Une grande joie l’animait mais l’ombre de la question de Kilstan lui arracha une expression des plus troublées. Il évita son regard d’abord avant de trouver tout son courage. Il ne se souciait pas qu’on l’entende, seulement qu’on puisse enfin lui porter une oreille attentive.

-Elle ne reviendra pas. Sa voix était lisse, presque insensible comme si le constat était absolu et bien intégré. J’ai fauté mon frère… J’ai trahi sa confiance. Elle sortait souvent, j’ai douté… alors je l’ai suivie…

Il releva ses yeux vers ceux qui lui rappelaient leur père, sa mâchoire était nerveusement tendue. Il ne chercha pas à s’assurer que Kilstan en veuille davantage, il était lancé dans son pudique émoi.

-Elle est entrée dans cette auberge, elle a retrouvé quelqu’un.. et elle ne m’est jamais revenue. Je l’ai perdu parce que je n’aurais pas du douter mon frère. Oui je suis sûr que c’est pour cela.

Le jeune homme sentit le trouble le gagner mais il se reprit et miraculeusement, comme si une pensée radieuse l’avait embrassé, il retrouva un peu de fraicheur et d’innocence sur son visage aux traits fins.

-C’est l’ordre des choses diront certains… J’aurais tant voulu l’entendre une dernière fois mais je n’ai pas eu d’explications.

Il fit une petite moue navrée, comme s’il se préparait au pire.

-Te riras-tu de moi ?

*********



Ernest Decard


Elle ne pouvait être que conquise. Ernest ne doutait jamais de son charme. Il y avait des valeurs dans la vie bien au-delà des minois flatteurs et lui, avait tout ce qu’il fallait. Il avait connu les plus belles femmes du pays et n’en avait jamais reconnu aucun bâtard. Cela lui conférait presque une aura saine et bienfaitrice comme s’il ne pouvait souiller les femmes qu’il savait enchanter. Cette petite pucelle Khréhalienne était sans doute au fait de ses talents, elle roucoulait avec délicatesse et elle le charmait avec ses précieux compliments.

Ernest ne lui répondit que d’un sourire, il était magicien oui et lorsque les étoiles paradaient dans les cieux il devenait même un dieu… La jeune femme trinqua pour souder encore un peu plus leur union avec un air des plus coquins qui lui arracha un sourire et un haussement de sourcil, très intéressés.

Vyssi s’exprimait en grande pompe, pas étonnant que Don Violino ait cherché à les présenter. Cependant elle s’y prenait bien, évoquant les mains d’un joaillier, captivant le marchand qui ne désirait qu’aider à tailler la pierre vierge aux si beaux yeux. La femme entendait bien ses avances, répondant avec grâce en l’effleurant à son tour, évoquant comme son or l’intéressait aussi, prétextant qu’elle ne voulait pas qu’on les voit ensemble… Ernest était conquis ! Elle serait sienne en l’échange de quelques bibelots.

Le marchand s’en mordit les lèvres, ses yeux commençaient à descendre sur la gorge de l’enfant son désir palpitait quand il entendit entre les lèvres de son élue la mention du Lion d’Or. Il se redressa alors qu’il n’avait pas même eu conscience de s’être progressivement penchée vers sa merveille et l’écouta. Elle semblait sérieuse, candide et irrésistible. Il se mit alors à rire avec malice, elle avait fini son discours et s’était inquiétée qu’il ne la désire plus. Il la regarda en coin, comme s’il avait un quelconque pouvoir de séduction sur elle et admit enfin de lui faire de nouveau face. Il veillait à ses lèvres charnues qui l’invitaient…

-Un esprit si vif derrière une telle beauté doit être une arme terrible… Les artistes m’inspireront ma pièce… Mon talent d’investir a besoin de muse… Je pense que vous feriez une parfaite… candidate oui… Je m’étonne qu’un tel joyaux se contente d’un vieillard discourtois… Moi je connais la pureté de votre sang quand lui… ne donnera aucun poids à votre parole.

Ernest caressa une mèche de cheveux de la fille, joua sur la peau de son cou, il la voulait oui…

-Est-ce que vous ne devriez pas vous léguer à un meilleur artisan… Je vous rendrai radieuse… Voulez vous un opéra ? Je vois d’ores et déjà la tension du public devant une histoire susurrée… Je ne doute pas de vos talents… Ce vieux fou a trop d’aigreur envers les ennemis du roi pour ne pas avoir été séduit par autre chose… Me feriez-vous goûter à cette fraicheur… ?

Ernest s’approchait dangereusement de sa créature et osa même espérer qu’elle le laisserait l’embrasser.

Revenir en haut
Vyssi Astadien
Sous l'Oeil des Veilleurs

Hors ligne

Inscrit le: 21 Jan 2011
Messages: 67
Race: Aolia
Zone: Hauts-Quartiers
Âge: 23 ans

MessagePosté le: Lun 7 Nov - 13:50 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant

Bien que préparée, entrainée, encouragée sans cesse à attirer les regards masculins, voici qu'elle se trouvait au pied du mur, et voici donc qu'un doute la prenait. Cette façon qu'avait le bourgeois de la dévisager était presque obscène. Monsieur Decard ne faisait pas grand cas de sa virginité intacte, ses yeux chassieux qui courraient sur les pans dénudés de sa peau exprimant un désir charnel et une avidité qui la troublaient.
N'était-elle que la dernière des prostitués pour qu'il la dévore ainsi du regard. Sans le vouloir, Vyssi baissa les yeux, intimidée, et rougit encore d'avantage quand, sans le vouloir, son regard s'arrêta sur la bosse virile qui s'exhibait sous ses chausses. Pour autant préparée qu'elle l'était, elle demeurait troublée et rougit comme une pivoine.
Elle espéra fugitivement que la nuit cache son malaise, et pour tenter de donner raison aux charmants compliments du bourgeois, elle ouvrit la bouche pour essayer de faire preuve d'intelligence.

Monsieur Decard, vos... vos compliments font résonner mon coeur de femme d'une immense gratitude...

Elle était prête. Depuis longtemps, elle était prête, elle le savait. Les mots se glissèrent seuls entre ses lèvres. Les mots qu'elle avait répété des dizaines, des centaines de fois pour trouver le ton juste. Elle leva les yeux à ce moment, timide comme une pucelle mais accrocha son regard à celui du bourgeois. Il était laid, c'était un fait, avec son front dégarni et ses petits yeux avides. Mais l'apparence n'était pas un problème pour Vyssi. A la place d'un homme, elle voyait sa réputation. Elle voyait son château et ses parures. Son futur piano à queue de plusieurs mètres, d'ébène et d'ivoire... Ah oui, s'il fallait passer par là, elle saurait mener la danse.

Bien entendu, ce n'était pas Decard qui l'intéressait. Il était peut-être riche, mais son nom sonnait le labeur et non la gloire de la noblesse. Elle, une Astadien, se contenterait de ce petit parti? Non, il n'était que la première marche à escalader. A escalader sans ce fouler une cheville, car à ce jeu, c'était quitte ou double à chaque tour.
Après lui avoir titillé une mèche d'un geste qui se voulait doux, il attarda ses doigts patauds sur la peau pâle de son cou fin. Le froid, plus que le contact lui même, hérissa de chaire de poule sa poitrine, ce qu'il ne manqua pas de remarquer.

Vyssi aurait aimé poursuivre la conversation sur les artistes qui composeraient l'oeuvre du mécène, mais celui-ci semblait avoir les idées perdues quelque part dans son décolleté et n'avait pas l'air d'avoir la tête au travail. Vyssi fit une petite moue du bout des lèvres pour entrer dans son jeu et lui adressa un regard qui se voulait brillant de franchise et d'admiration:

Monsieur Decard, Don Violino m'a donné la chance de pouvoir monter sur les planches, ce soir, devant vous. Et je suis une femme reconnaissante, c'est peut-être là ma seule véritable qualité. De quel type de reconnaissance, à lui de choisir, et Vyssi avait déjà une petite idée de la chose. Je n'entends guère les choses de la politique Monsieur, mais il est vrai que le dégoût de Don Violino pour mon pays est palpable... Pourtant, sous la froideur de son manteau de neige, les Khréâliens sont un peuple brûlant et passionnés... Que demander de plus à un artiste que l'ardeur et l'audace?

Son regard se fit plus direct, et un sourire étira lentement ses lèvres délicatement ourlées. Comme gênée de son propre aveu, Vyssi baissa les yeux et fit battre ses longs cils sombres. Elle poussa la délicatesse jusqu'à laisser ses joues s'empourprer joliment. Chose extrêmement ardue que seule Diméria, parmi ses soeurs, maitrisait parfaitement et qui s'était révélée une bonne professeur.
Elle s'emporta soudain, comme renversée par la passion qu'elle venait de décrire, et saisit à deux mains les gros doigts que le négociant faisaient glisser de plus en plus près de son corsage...

Oh, Monsieur Decard, j'ai la musique de votre grande oeuvre en tête! Les partitions sont déjà pour la plupart écrites et ne demandent qu'un chef d'orchestre qui puisse mener l'affaire... A la baguette. Je ne m'y connais guère dans l'organisation d'un tel évènement. Je n'entends rien à l'intendance nécessaire à la préparation, aux salles, aux décors, aux costumes... Seul compte l'orchestre, seule compte la musique. Ah, Monsieur Decard, si vous croyez en moi comme vous le dites, faites moi cette faveur de monter l'Ode à Elis que je prépare depuis si longtemps!

Ses doigts emprisonnaient ceux, boudinés, du bourgeois. Collée comme elle l'était à ces chausses, elle pouvait presque sentir contre sa cuisse les palpitations de sa virilité. Comme elle était presque aussi grande que lui, elle s'agenouilla pour lui laisser la satisfaction de la dominer, et leva sur lui un regard suppliant pour ne pas se trouver face à la bosse de ses chausses.

Quel malheur pour les hommes de manifester ainsi leur désir au vu et au su de tous... Ah, je suis bien contente d'être une femme à cet instant, pour pouvoir minauder sans que mon corps ne me trahisse!

Ah, Monsieur Decard, comment puis-je vous prouver que vous n'aurez pas affaire à une ingrate?
________________________________________________________________

Revenir en haut
Kilstan Oss
Initiés au Secret

Hors ligne

Inscrit le: 18 Jan 2011
Messages: 72
Race: Hërn
Zone: Elis
Âge: 27

MessagePosté le: Mar 8 Nov - 11:28 (2011)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant

Kilstan était touché par la considération de son frère. Vraiment. Mais en tant qu'homme bourru pas trop sentimental sur les bords, il ne trouva aucun mot pour exprimer ses remerciements face à sa sollicitude, et encore moins de geste. Il resta là, immobile avec la main de Valentin sur l'épaule, à attendre patiemment que ce moment gênant ne passe pour laisser la place à un autre plus joyeux. Ils étaient dans un fête après tout! Ses histoires semblèrent intéresser son cadet qui se laissa bercer par les faits divers sordides que le garde vivait quotidiennement.

Et juste quand il pensait que l'atmosphère allait se détendre, il gaffa. Ha si il y avait bien une chose pour laquelle il était doué c'était d'aborder le plus innocemment du monde LE sujet que n'importe qui d'autre aurait évité comme la peste parce que le sous-entendu douloureux n'était que trop évident. Mais non. Les connections dans son esprit étaient trop simples, et la subtilité ne faisait pas partie de son vocabulaire. Il vit tout de suite le regard de son interlocuteur se ternir, et il se referma sur lui-même, autant physiquement que psychologiquement. Il serait en interrogatoire, il commencerait à se taper la tête contre le mur parce qu'il savait qu'il venait de toucher un point trop sensible et que l'interrogé ne lâcherait plus rien.

Et pourtant, après une courte seconde d'hésitation, le peintre releva la tête et commença à conter son histoire. Encore une fois, et même s'il ne le montra aucunement, Kilstan fut très touché de cette marque de confiance. A la première phrase, le vieux célibataire imagina tout de suite une histoire de paysanne de passage avec laquelle Valentin aurait passé un peu de bon temps. Beau comme il était, sensible et tout, il ne serait guère étonnant qu'il fasse de tels ravages, et il s'apprêtait déjà à lui dire qu'il n'y avait là rien de grave. Mais la suite ne fut pas ce qu'il avait cru. A la fin du récit, le regard implorant de l'artiste attendait son jugement, certain que le noble garde allait se moquer de son infortune.

Moi rire d'une telle peine de coeur? Allons je ne suis pas si insensible! Je souffre pour toi mon frère, d'avoir perdu l'amour que tu semblais avoir trouvé.

Il prit une gorgée du breuvage qu'il avait en main, juste le temps de bien mettre la suite de ses idées en place et de décidé s'il mettait encore une fois les pieds dans le plat. La réponse fut oui.

Mais avant de trainer à ma suite pour courtiser les damoiselles, puis-je te poser une question pratique et limitée du militaire que je suis. Pourquoi ne pas avoir chercher explication, confrontation? Pour ce que tu en sais, cet homme pourrait tout aussi bien être son cousin, ou son frère, ou un ami de son oncle très malade qui nécessite sa présence...Enfin dans ce que tu m'as dit, je n'ai vu aucune preuve de trahison, de ta part ou de la sienne. Si ça se trouve elle n'ose juste plus venir te voir pour dispute familiale. Ou elle ne le peut plus et ton aide lui serait précieuse. Je ne te dirais pas comment mener ta vie, j'ai déjà bien assez de mal avec la mienne, mais regretter est dommage. Va au devant d'elle, obtient une explication franche qui te fera peut-être souffrir sur le coup, mais ne laissera aucune zone d'ombre et que tu pourras laisser derrière toi par la suite.

Alors qu'il attendait sa réaction en regardant ces yeux bien semblables aux siens, il se souvint de ses propres sentiments, quelques années plus tôt, quand il devait se confronter à une situation difficile. Il proposa donc tout naturellement :

Je t'accompagnerais si tu le souhaite. Non pas pour parler à ta place, tu es bien plus à l'aise avec les mots que moi, mais juste pour te soutenir. On a toujours besoin de soutien pour traverser ce genre d'épreuves.
________________________________________________________________

« Si jamais l’homme qui vous pourchasse est grand et fort, et porte un casque à l’emblème de l’ours grondant, ne vous rendez pas. Car s’il vous attrape, l’Ours d’Elis vous mangera »
Surtout si vous êtes un poney...
Revenir en haut
Eclat Divin
Guides

Hors ligne

Inscrit le: 09 Déc 2010
Messages: 80
Race: Divine
Âge: Sans Âge

MessagePosté le: Mer 12 Sep - 15:44 (2012)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris Répondre en citant


Once upon a time - Hypnotises



    Les rumeurs sont tantôt vagues, tantôt plus denses mais on se souvient encore de cette histoire et eux, gardèrent précieusement le souvenir de ce jour de rencontre.




Je me permets de clôturer ce RP. Si vous désirez revenir le jouer, il suffira de vous concerter avec les autres joueurs et/ou d'envoyer une missive à une de nos Divinités
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:41 (2017)    Sujet du message: [Fête Victoria] Entre belles poires et fruits pourris

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Osh le Secret Gardé Index du Forum -> | - Terre - | Continent d'Astès :: Elis, la Capitale -> Hauts quartiers Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page: <  1, 2
Page 2 sur 2

 
Sauter vers:  

Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Flowers of Evil © theme by larme d'ange 2006
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Se rendre sur le portail TourDeJeuVoir les explications de cet anneau sur le site TourdeJeuVoir la liste des jeux de cet anneauPour avoir un jeu de cet anneau au hasardPour voir le jeu précédent de cet anneauPour voir le jeu suivant de cet anneau